Pourquoi des centaines de ballons de football finissent-ils à la décharge du Néguev ?

Pendant que des millions de supporters de football à travers le monde restent scotchés à leurs écrans pour acclamer les grandes stars du ballon rond, le parc de recyclage et d’éducation environnementale « Dudaïm », situé dans le Néguev, doit composer avec l’envers beaucoup moins reluisant de la fête. Des chiffres surprenants, révélés récemment, montrent que des centaines de ballons de football et d’équipements sportifs défectueux arrivent chaque année sur ce site, jetés à la poubelle avant d’être acheminés directement vers les installations de traitement du parc.

Le phénomène s’intensifie particulièrement pendant le mois du Mondial, période où les ventes d’équipement atteignent leur pic. La cause principale de cette accumulation tient à la culture de la « consommation rapide » : le marché est inondé de ballons bon marché, fabriqués à partir de matériaux synthétiques de qualité médiocre. Ces ballons ne résistent pas à la charge du jeu et se déchirent ou se crèvent rapidement. Le résultat est une accumulation complexe de déchets plastiques et de caoutchouc, extrêmement difficile à recycler et qui fait peser un lourd fardeau sur l’environnement.

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Au sein du parc Dudaïm, on propose une nouvelle lecture, résolument écologique, de la célèbre devise olympique. Un ballon « plus fort » est avant tout un ballon de qualité, bien cousu, capable de tenir des années, y compris sur l’asphalte des terrains de quartier. Un ballon bon marché est certes « plus rapide » — mais seulement sur le chemin qui le mène à la poubelle. Et bien que son prix soit au départ « plus élevé » à l’achat qu’on pourrait le croire à tort, sur le long terme il permet de réelles économies, puisqu’un seul ballon de bonne facture remplace l’achat de cinq ballons ordinaires qui s’usent en un rien de temps.

Orit Chen, coordinatrice pédagogique au parc Dudaïm, explique que le Mondial est « une fête du sport, mais elle n’a pas à devenir une fête du déchet ». Selon elle, le problème ne vient pas des enfants qui shootent dans un ballon, mais bien d’une culture de consommation qui nous pousse à acheter des produits bon marché, dont le prix réel finit toujours par être payé, en bout de chaîne, sur le site de recyclage. Elle lance un appel aux parents et aux enfants : privilégier la qualité — un choix judicieux pour le porte-monnaie comme pour l’environnement.