«Aller chercher des étudiants de la Torah ? Faites ça en Russie, pas ici ! » » : Netanyahu monte au créneau sur la loi sur les yeshivot

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est monté au créneau ce jeudi, dans des échanges téléphoniques avec plusieurs ministres, pour défendre la loi sur le gel des arrestations des étudiants de yeshiva ainsi que la loi fondamentale sur l’étude de la Torah, deux textes qui suscitent une vive controverse publique et politique. Face à la vague de critiques, Netanyahu a demandé aux membres du gouvernement de riposter fermement aux attaques dont ces lois font l’objet. « Il faut repousser cette propagande mensongère. Cette loi ne cause aucun dommage ! », a-t-il lancé, insistant sur le fait que l’objectif du texte est d’encourager l’engagement dans Tsahal, et non d’augmenter le nombre de personnes arrêtées.

Un raisonnement centré sur l’enrôlement, pas sur la répression

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Selon le chef du gouvernement, la logique est simple : « Nous voulons des engagés. Nous ne voulons pas de détenus. Plus il y a de détenus, moins il y a d’engagés. » Netanyahu a précisé qu’un message similaire lui parvient également des responsables des yeshivot hesder, qui estiment eux aussi que la simple menace d’arrestation nuit aux efforts de recrutement plutôt qu’elle ne les favorise. « Dès qu’il y a cette menace, tout s’arrête, on ne fait que semer la haine et la division », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a tenu à établir une distinction claire entre les jeunes qui étudient réellement la Torah et ceux qui ne le font pas. « Celui qui n’étudie pas, il faut lui appliquer toute la rigueur de la loi », a-t-il déclaré. Mais il a aussitôt ajouté, dans une formule qui a marqué les esprits : « Aller chercher des étudiants de la Torah ? Faites ça en Russie, et on a crié contre ça ! » Pour Netanyahu, une telle méthode « n’apporte pas la solution ». Il a insisté sur la place centrale de l’étude religieuse dans l’identité nationale : « La Torah, c’est notre héritage juif depuis des centaines de générations. C’est ce qui nous a tenus debout, nous, le peuple d’Israël. »

« Qu’est-ce qu’ils veulent ? » : la défense de la loi fondamentale sur l’étude de la Torah

Netanyahu s’est également exprimé sur les critiques visant la loi fondamentale sur l’étude de la Torah, s’interrogeant ouvertement : « Qu’est-ce qu’ils veulent ? » Selon lui, ce texte ne modifie en rien la situation juridique existante, au-delà d’ancrer sur le plan des principes le statut de l’étude de la Torah dans la société israélienne. « La loi énonce que l’étude de la Torah est une valeur fondamentale de l’héritage d’Israël. Voilà ! Qu’est-ce qui s’est passé ? Il n’y a rien de plus que ça », a-t-il martelé.

Ces prises de position interviennent alors qu’une tempête publique et judiciaire secoue actuellement la loi sur le gel des arrestations et la loi fondamentale sur l’étude de la Torah. Ces deux textes ont provoqué de vives critiques dans les rangs de l’opposition et ont donné lieu au dépôt de plusieurs pétitions contestant leur légalité. Selon les informations rapportées par le journaliste Moti Kestel sur Channel 14, Netanyahu demande à présent à ses ministres de porter clairement, devant l’opinion publique, la position du gouvernement : cette législation, insiste-t-il, ne nuit en rien à l’enrôlement dans Tsahal. Elle viserait au contraire à éviter les arrestations d’étudiants réellement engagés dans l’étude de la Torah, tout en encourageant l’engagement militaire de ceux qui ne s’y consacrent pas.

L’offensive verbale du Premier ministre illustre la ligne de crête sur laquelle il tente de se maintenir : rassurer sa base électorale ultraorthodoxe, pilier de sa coalition, tout en répondant aux accusations d’une partie de l’opinion publique et de l’armée, qui dénoncent une iniquité persistante dans le partage du fardeau du service militaire, particulièrement sensible après plusieurs années de guerre. La comparaison avec la Russie, pays régulièrement cité en Israël comme repoussoir en matière de conscription forcée et de persécution des minorités religieuses, n’est pas anodine dans la bouche du chef du gouvernement, et devrait continuer à alimenter les échanges tendus entre coalition et opposition dans les prochains jours.

Sur ce sujet sensible qui traverse la société israélienne depuis des années, retrouvez également nos articles sur le cri du rabbin Ilai Ofra contre la nouvelle loi sur la conscription et sur la position de Moshe Gafni sur les étudiants de la Torah et l’avenir d’Israël.