La cheffe de cabinet de la Maison Blanche, Susie Wiles, et le directeur du FBI Kash Patel, ont dirigé personnellement la semaine dernière une vaste enquête au sein de la Maison Blanche, dans le but de retrouver la source qui a divulgué des informations sur des défaillances de sécurité affectant le Boeing 747 offert par le Qatar aux États-Unis, et destiné à servir d’avion présidentiel « Air Force One ». C’est ce qu’a rapporté la chaîne CNN, sur la base de sources proches du dossier.
Des téléphones confisqués et un « war room » à la Maison Blanche
Selon ces informations, le président Donald Trump se serait mis en colère à la suite des révélations sur les problèmes de sécurité affectant l’appareil, et aurait ordonné l’ouverture d’une vaste enquête sur les fuites, qui a secoué l’administration. Dans le cadre de cette enquête, plusieurs hauts responsables ont été priés de remettre leurs téléphones portables aux enquêteurs présents dans l’enceinte de la Maison Blanche, tandis que les enquêteurs recueillaient également des informations auprès de personnes ayant accompagné Trump lors de son déplacement, ainsi qu’auprès de hauts responsables de diverses agences fédérales. Toutefois, selon l’une des sources, tous ceux à qui il a été demandé de remettre leur appareil n’ont pas obtempéré.
Il a également été rapporté que Kash Patel, qui se trouvait alors en route pour Chicago, a reçu pour instruction de retourner à la Maison Blanche dès vendredi afin de prendre une part active à la direction de l’enquête. Pendant environ sept heures, il a opéré depuis un bureau situé à proximité de celui de Susie Wiles, les deux responsables ayant, selon l’un des interlocuteurs de CNN, mis en place une véritable « war room » dans l’aile ouest de la Maison Blanche.
L’existence de cette enquête a été révélée au public après que le New York Times a rapporté que le ministère de la Justice avait délivré des citations à comparaître visant quatre de ses journalistes, auteurs d’articles sur les inquiétudes sécuritaires entourant le nouvel avion. Cette démarche a suscité de vives critiques de la part d’organisations de défense de la liberté de la presse, qui y voient une atteinte au Premier amendement de la Constitution américaine. Le journal a annoncé avoir saisi la justice pour demander l’annulation de ces citations, qu’il a qualifiées de « préjudiciables et inappropriées ».
Un responsable de la Maison Blanche a déclaré à CNN que « les fuites qui mettent en danger la sécurité du président, de ses collaborateurs et des membres de la presse qui l’accompagnent sont dangereuses et constituent une menace pour la sécurité nationale. La Maison Blanche prend ces fuites au sérieux et fera tout ce qui est en son pouvoir, dans le cadre de la loi, pour identifier les responsables et empêcher que de tels incidents ne se reproduisent ».
Un avion à 400 millions de dollars sous le feu des critiques
Selon CNN, le dossier de l’avion qatari, dont la valeur est estimée à environ 400 millions de dollars, s’est retrouvé au centre de l’attention la semaine dernière après que Trump a décidé de l’envoyer à l’avance vers la base aérienne américaine de Mildenhall, au Royaume-Uni, tandis que lui-même s’envolait pour le sommet de l’OTAN en Turquie à bord de l’ancien avion présidentiel. Trump a affirmé que cette décision visait à permettre aux militaires américains stationnés sur la base de visiter le nouvel appareil, mais des sources ont indiqué à CNN que la véritable raison résidait dans une évaluation sécuritaire actualisée, selon laquelle le nouvel avion n’offrait pas encore le même niveau de protection que l’ancien appareil.
Toujours selon ce rapport, l’avion qatari a certes été rapidement équipé de systèmes de défense, mais des responsables militaires et des agents des services secrets estimaient qu’il avait été mis en service dans la précipitation. À l’inverse, deux nouveaux avions Air Force One, commandés dans le cadre d’un contrat conclu par Trump lors de son premier mandat, sont toujours en développement et ne devraient pas être opérationnels avant 2028, notamment en raison de la nécessité d’y installer des systèmes de communication et des dispositifs de protection classifiés, ainsi que de former des équipages aériens dédiés.
Sur ce sujet, retrouvez également nos articles sur l’avion cargo qatari lié au transfert d’armes iraniennes endommagé à Doha et sur le programme d’aide américain à Israël approuvé par l’administration Trump.






