« Si l’Iran attaque Israël, il essuiera un coup dévastateur » : la déclaration de Katz qui résume la soirée

Le sommet politique israélien observe depuis plusieurs jours un silence total sur l’éventualité qu’Israël rejoigne la campagne militaire en cours contre l’Iran. Un mutisme qui, loin de rassurer, alimente au contraire le sentiment d’une tension à son comble. Preuve de cette vigilance accrue : le cabinet restreint se réunira dès demain, vendredi, à la mi-journée, pour faire le point sur les développements.

« La région atteint son point d’ébullition, mais c’est Trump qui décidera si nous entrons dans la campagne. À défaut, une frappe iranienne sur Israël recevra évidemment une réponse », explique-t-on en Israël, formulant ce qui semble aller de soi. Selon ces mêmes sources, « une campagne peut se développer à tout moment. Les Iraniens peuvent tirer et nous sommes sur le qui-vive jusqu’au bout ».

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Du côté israélien, on estime que l’Iran a lui aussi porté son niveau d’alerte à un degré spectaculairement élevé. Or c’est précisément cette double dréssure, des deux côtés de la frontière, qui inquiète le plus l’ensemble de la région : le risque n’est plus seulement celui d’une décision délibérée, mais celui d’un mauvais calcul, susceptible de déclencher l’engrenage avant même que Trump n’ait tranché sur l’implication ou non d’Israël dans les opérations.

« Une frappe iranienne essuiera un coup dévastateur »

C’est dans ce climat de veille permanente que le ministre de la Défense, Israël Katz, a tenu ce soir une concertation sécuritaire spéciale avec le chef d’état-major, le général Eyal Zamir, ainsi que la direction de l’appareil sécuritaire. Au cours de cette réunion, le ministre a affirmé sans détour que les forces israéliennes se préparent à toute éventualité et à toute menace venant de l’ennemi. « Nous nous préparons à toute éventualité. Si l’Iran attaque Israël, il essuiera un coup dévastateur », a martelé le ministre de la Défense.

Ont participé à cette concertation le chef d’état-major Eyal Zamir, le directeur général du ministère de la Défense, le général de réserve Amir Baram, le commandant de l’armée de l’air, le chef du renseignement militaire (Aman), le chef de la division technologique (Agat), le commandant du commandement du front intérieur, ainsi que d’autres hauts responsables.

Il faut le rappeler : la campagne opposant les États-Unis à l’Iran se poursuit déjà depuis douze jours, et Israël, jusqu’à présent, se contente d’observer depuis la touche. Personne, dans l’appareil sécuritaire, ne prétend pouvoir anticiper les décisions du président américain. Mais l’ensemble des institutions de défense se tient prêt à basculer dans la campagne dès l’instant où une décision serait prise en ce sens.

Un risque de riposte immédiate, du jamais-vu

Un élément nouveau vient renforcer cette vigilance : selon un officier supérieur de Tsahal cité ce soir par le correspondant militaire de la Chaîne 13, Or Heller, contrairement aux deux premières guerres, l’Iran est cette fois prêt à effectuer des tirs vers Israël de manière presque immédiate, dans un scénario d’élargissement du conflit. Le défi de l’armée de l’air sera donc de décoller vers l’Iran le plus rapidement possible pour frapper les batteries de missiles, en obtenant au préalable le feu vert des Américains pour permettre à Israël de se défendre.

Le journaliste Doron Kadosh a livré ce soir une évaluation similaire, citant des sources israéliennes au fait des détails : « Il est encore trop tôt pour savoir avec certitude si nous sommes à la veille d’une nouvelle campagne en Iran, mais nous sommes clairement dans une position d’attente. Nous dépendons de la décision du président Trump — et quand il aura décidé, nous serons prêts à agir. » Selon lui également, l’état d’alerte reste maintenu sans avoir atteint son paroxysme, et aucune nouvelle instruction n’a été donnée au public à ce stade.

Plus tôt dans la soirée, le journaliste Barak Ravid a publié sur le site Axios un entretien avec le président Trump, dans lequel ce dernier a confié envisager sérieusement une attaque massive contre l’Iran. Trump a également indiqué qu’Israël pourrait rejoindre la campagne en l’espace de deux minutes s’il le demandait — une déclaration qui, ajoutée au silence prolongé de l’exécutif israélien, à la concertation sécuritaire de Katz et à la convocation du cabinet restreint, dessine les contours d’une soirée particulièrement chargée pour la sécurité nationale.

Le rendez-vous de demain, vendredi, au cabinet restreint, sera scruté de près : il pourrait marquer soit la confirmation du statu quo, soit le premier signal d’un changement de posture. En attendant, les états-majors, côté israélien comme côté iranien, affichent le même mot d’ordre : une vigilance maximale, à la limite du point de rupture.

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