Cinquante ans après la mort de Yoni Netanyahou z »l lors de l’opĂ©ration d’Entebbe, Bruriya Shaked-Okon, qui fut sa compagne durant les deux dernières annĂ©es de sa vie, rĂ©vèle pour la première fois ce qu’elle affirme avoir cachĂ© pendant cinq dĂ©cennies. Dans un entretien accordĂ© au podcast de Guy Peleg, elle raconte le grand amour qui les unissait, mais aussi un sentiment douloureux d’exclusion de la part de la famille Netanyahou après sa mort, et un long combat pour faire reconnaĂ®tre sa place dans sa vie.
Selon elle, bien qu’elle ait Ă©tĂ© reconnue publiquement comme la compagne de Yoni et la femme qui partageait sa vie la veille de sa chute, elle a eu le sentiment d’avoir Ă©tĂ© effacĂ©e de son histoire.
« Bibi est arrivĂ© le lundi matin Ă l’appartement de Ramat HaSharon, et la première question qu’il m’a posĂ©e Ă©tait de savoir si j’Ă©tais enceinte. Je lui ai dit que je ne savais pas, et que je le lui dirais quand je le saurais. On m’a dit que la chiva se tiendrait dans l’appartement d’Ido, parce que c’Ă©tait plus pratique pour les parents. La famille et mes amis sont venus, c’Ă©tait terriblement bondĂ©, alors on m’a chassĂ©e de la chiva. On m’a dit que c’Ă©tait très serrĂ© et que je devais trouver un autre endroit oĂą m’asseoir. Et ce qui est terrible, c’est que je l’ai acceptĂ©. Je n’en ai jamais parlĂ©. C’est une chose terrible. »
« Il m’a dit que c’Ă©tait bondĂ© parce que beaucoup de monde Ă©tait venu, alors j’ai dit d’accord — comme j’ai dit d’accord quand on m’a annoncĂ© que la chiva se tiendrait chez eux. Pourquoi ? J’Ă©tais le foyer de Yoni. J’ai Ă©tĂ© totalement Ă©cartĂ©e des droits liĂ©s Ă sa mort. Ce n’est que depuis 20 ans que j’ai commencĂ© Ă m’en occuper. »
Shaked-Okon raconte qu’après des annĂ©es, elle a demandĂ© Ă rencontrer le Dr Ido Netanyahou, dans une tentative de comprendre l’attitude de la famille Ă son Ă©gard.
« L’une des choses que j’ai faites a Ă©tĂ© de demander Ă Ido de me rencontrer, et je lui ai parlĂ© de tout ça parce que j’avais dĂ©cidĂ© de m’occuper de leur attitude envers moi. Comment est-il possible qu’ils n’aient pas reconnu que Yoni m’aimait autant, et que j’Ă©tais son foyer ? Je lui ai demandĂ© : pourquoi m’excluez-vous d’Ă©vĂ©nements comme le premier et le deuxième voyage Ă Entebbe ? Mofaz en a entendu parler, en a Ă©tĂ© bouleversĂ©, et a organisĂ© pour que je vienne. C’est misĂ©rable qu’il ait fallu organiser mon arrivĂ©e Ă ce voyage Ă Entebbe. »
« Ido m’a dit : qu’est-ce qu’on y peut, il n’y avait pas de alchimie entre eux et moi. Une fille de Petah Tikva, provinciale, qui n’avait encore rien fait de sa vie. Yoni sortait de tentatives d’Ă©tudes Ă Harvard et Ă l’universitĂ© de JĂ©rusalem. Je n’Ă©tais pas digne d’ĂŞtre la femme de Yoni. Je suis simple. »
« Sur le moment, je l’ai acceptĂ© parce que l’honneur de Yoni passait avant tout Ă mes yeux. C’Ă©tait terriblement humiliant, et je l’ai cachĂ©. »
Selon elle, il y a environ 15 ans, une conversation a également eu lieu entre elle et Benyamin Netanyahou.
« Ce fut la première et la dernière conversation avec Bibi. Lors de cette rencontre, j’ai d’abord prĂ©sentĂ© mes excuses, car je ne savais pas que mon frère avait rĂ©vĂ©lĂ© qu’il lui avait parlĂ© pendant la chiva, un jour après l’enterrement, au sujet de l’appartement. Bibi lui a parlĂ©. Yoni Ă©tait dans sa tombe depuis moins d’une heure, et Bibi m’a rĂ©clamĂ© l’argent de l’appartement. »
« Il m’a dit : ‘On a Ă©tĂ© corrects avec toi, non ?’ Je lui ai rĂ©pondu : ‘J’ai Ă©tĂ© correcte avec vous. Je n’ai pas exigĂ© que la chiva se tienne dans l’appartement de Yoni. Mes droits auraient Ă©tĂ© que l’appartement entier me revienne, puisque j’Ă©tais reconnue publiquement comme sa compagne.’ Alors j’ai dit Ă Bibi : ‘Moi aussi, j’ai Ă©tĂ© correcte avec vous’, et la conversation s’est terminĂ©e lĂ . »
Shaked-Okon a ajoutĂ© qu’il lui avait ensuite Ă©tĂ© demandĂ© de quitter l’appartement oĂą elle vivait avec Yoni. « Ido m’a dit de vider l’appartement et de rendre les meubles. »
MalgrĂ© ces accusations graves, Shaked-Okon tient Ă souligner que l’attitude de Benyamin Netanyahou envers son frère Ă©tait pleine d’amour et d’admiration. « Il l’aimait terriblement. Yoni aimait Bibi d’un amour profond. Il le trouvait talentueux et dĂ©brouillard, et toujours capable de retomber sur ses pieds. »
En réaction aux propos de la famille Netanyahou, Shaked-Okon a déclaré : « La réponse de la famille Netanyahou est truffée de mensonges. »
Liens internes
Sur la mĂ©moire de Yoni Netanyahou et l’opĂ©ration d’Entebbe, retrouvez notre article sur la mort du capitaine d’Air France restĂ© aux cĂ´tĂ©s des otages juifs Ă Entebbe, ainsi que notre article sur Netanyahou Ă©voquant la mĂ©moire de son frère Yonatan face au père d’un otage tombĂ© le 7 octobre.







