Dans les coulisses : même sans accord, le plan de démilitarisation de Gaza est déjà en marche

Alors que les accords n’ont pas encore été signés officiellement côté israélien, Israël a considérablement durci sa politique de liquidations ciblées à Gaza, et le Conseil de la paix a commencé à préparer le terrain pour l’entrée des forces multinationales. Selon des informations obtenues par Israel Hayom, le Conseil de la paix a lancé un appel d’offres auprès d’entreprises israéliennes pour la construction de bâtiments de bureaux et de logements destinés aux hauts responsables, dans la zone de la Ligne jaune tenue par Tsahal.

Par ailleurs, des forces ougandaises doivent atterrir en Israël dans les prochains jours, pour rejoindre les forces marocaines déjà arrivées à la lisière de Gaza, en vue de leur déploiement dans la bande. En toile de fond de cette avancée significative sur le terrain, une pression discrète s’exerce également sur Israël pour qu’il replie les forces de Tsahal vers la ligne des avant-postes avant une démilitarisation complète.

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Hier s’est tenue une réunion du cabinet politico-sécuritaire consacrée aux dossiers de Gaza et du Liban, au bureau du Premier ministre à Jérusalem. Comme l’avait révélé Israel Hayom, les ministres ont débattu de deux accords avec le Conseil de la paix, non encore signés, qui constituent la base du déploiement des forces multinationales et du lancement du plan de démilitarisation, de retrait et de reconstruction à Gaza. Le premier accord a été approuvé sur le principe lors de la précédente réunion du cabinet, concernant le déploiement de la force militaire dans la bande. Ce texte détermine quels pays seront membres de l’organe chargé de l’activation de la force, mais lors de cette même réunion, le ministre Smotrich avait exigé de modifier l’accord pour permettre uniquement aux pays ayant des relations diplomatiques avec Israël d’activer la force — c’est-à-dire, à l’exclusion du Qatar — avant toute signature.

Le second document important discuté au cabinet est la feuille de route pour le lancement du plan de démilitarisation, de reconstruction et de retrait, porté par le Conseil de la paix à la suite des accords conclus avec le Hamas sur le désarmement. Le cabinet devait également l’approuver, sur fond d’opposition publique des ministres Itamar Ben Gvir, Bezalel Smotrich et Orit Strouck à son adoption, et de la demande de Netanyahou de corriger de nombreux articles avant sa mise en œuvre. Mais sur le terrain, Tsahal a déjà entamé cette semaine les 14 jours précédant le début du désarmement, une période durant laquelle la politique des liquidations ciblées sera considérablement durcie.

Hier soir, les présidents des conseils régionaux de la zone frontalière de Gaza se sont adressés aux ministres du cabinet pour exiger qu’une démilitarisation totale de la bande de Gaza soit posée comme condition préalable à toute démarche de reconstruction, de transfert de compétences ou de nouveau retrait — ce qui va à l’encontre de la feuille de route et de l’accord, selon lesquels démilitarisation et retrait doivent être réciproques et progressifs. Les présidents des conseils ont précisé que la responsabilité de la sécurité des localités de la zone frontalière devait rester entre les mains d’Israël, avec une capacité d’action autonome face à toute menace renaissante. Selon leurs mots : « Après le 7 octobre, Israël n’a plus la marge pour se tromper sur la base d’hypothèses ou d’une supervision extérieure. La reconstruction de la bande ne peut pas devancer la reconstruction de la sécurité et le retour de la confiance des habitants de la zone frontalière envers Israël ».

Dans le même temps, le mouvement Tzav 9 a lancé une campagne contre la mise en œuvre de l’accord à travers tout Israël. « L’article 17 est la partie la plus dangereuse de l’accord. Même si le Hamas n’est pas prêt à se défaire de ses armes — et c’est ce qui se passe actuellement — on commence à reconstruire la bande de Gaza. Dans toute cette zone de la Ligne jaune, dans ces secteurs conquis par Tsahal, on permet à la population d’entrer et de sortir. Le Hamas aura encore les armes », a déclaré Reut Ben Haim, l’une des dirigeantes de l’organisation.

« On fait entrer des forces internationales, on commence la reconstruction à l’intérieur de la bande de Gaza, mais le Hamas a encore les armes, et ils peuvent continuer à circuler là-bas. Ce n’est qu’une question de temps. En réalité, nous reconstruisons et nous lui préparons les infrastructures, et il reçoit une Gaza reconstruite comme il le souhaite, pour préparer le prochain massacre. On présente ça comme un plan de reconstruction. Ce n’est pas un plan de reconstruction, c’est un plan de réanimation pour le terrorisme. »

Pour approfondir le contexte des négociations sur Gaza, retrouvez nos articles : le compte à rebours de Trump sur les négociations avec le Hamas et le discours de Netanyahou sur l’Iran, le Hezbollah et le Hamas.