Le stock est épuisé : les États-Unis ont tiré 1 500 intercepteurs Patriot contre l’Iran — Ben Salman a pris peur

L’armée américaine a tiré plus de 1 500 intercepteurs Patriot depuis le déclenchement de la guerre face à l’Iran, et il ne resterait plus que moins de 1 700 intercepteurs en stock, a rapporté ce jour (mardi) le New York Times, citant deux sources informées du dossier.

Cette érosion rapide des stocks survient alors que l’Iran perfectionne ses méthodes d’attaque, apprend à identifier les points faibles des systèmes de défense américains, et a même réussi, le mois dernier, à percer ces systèmes et à provoquer de lourdes pertes.

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Quatre millions de dollars par tir

L’ampleur de l’utilisation illustre la gravité de la pénurie : sur l’ensemble de l’année 2025, les États-Unis n’ont produit qu’environ 600 intercepteurs Patriot. En une seule journée, lors de la vague de frappes iraniennes en Jordanie le mois dernier, les forces américaines ont tiré environ 50 intercepteurs, dont le coût unitaire est estimé à environ quatre millions de dollars — soit une dépense totale d’environ 200 millions de dollars en l’espace de vingt-quatre heures.

Pendant cinq jours, l’Iran a lancé des vagues de missiles et de drones contre trois bases américaines situées en Jordanie. Selon le rapport, Téhéran a notamment utilisé des missiles avancés capables de changer soudainement de trajectoire, contraignant les systèmes de défense à tirer un grand nombre d’intercepteurs.

Le 17 juillet, l’un des missiles est parvenu à percer le bouclier de défense et a frappé des structures préfabriquées de la base de Muwaffaq Salti, à Azraq. Trois soldats américains ont été tués, plus d’une centaine de personnes ont été blessées, et plusieurs appareils ont été endommagés.

« Nous avons abattu presque tous les missiles », a déclaré le secrétaire d’État Marco Rubio après cette attaque. « L’un d’eux est parvenu à percer. » Selon le rapport, cet événement est en contradiction avec la déclaration faite en avril par le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, selon laquelle le programme de missiles iranien avait été « fonctionnellement détruit » et l’arsenal de lanceurs de Téhéran rendu presque inefficace. L’Iran est depuis parvenu à évacuer une partie de ses installations souterraines bombardées, à reprendre ses tirs, et à combiner missiles et drones destinés à saturer les systèmes de défense depuis plusieurs directions simultanément.

Ben Salman a supplié Trump d’arrêter

Cette pénurie de munitions a également pesé sur les considérations politiques du président Donald Trump. Selon le Times, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman a averti Trump, lors d’un appel téléphonique, que des frappes américaines d’envergure en Iran risquaient de provoquer une réponse contre les installations énergétiques d’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe.

Une source saoudienne a indiqué qu’au vu de l’épuisement des stocks d’intercepteurs et de la capacité iranienne à percer les systèmes de défense, la crainte de dommages sévères était bien réelle. Mohammed ben Salman a supplié Trump d’éviter toute escalade, et le président avait annulé, il y a environ deux semaines, des frappes prévues contre l’Iran après que les dirigeants des Émirats arabes unis et du Qatar avaient eux aussi demandé de privilégier une solution diplomatique.

Parallèlement, le Wall Street Journal a révélé qu’Israël avait transmis à l’administration Trump, le mois dernier, des renseignements faisant état d’une menace iranienne potentielle visant à abattre l’avion présidentiel à l’aide de missiles portables.

À la suite de cette alerte, des mesures sans précédent ont été prises lors du départ du président d’Ankara, après sa visite diplomatique pour le sommet de l’OTAN : Trump est d’abord monté à bord d’Air Force One, avant d’être discrètement transféré, via un camion de restauration, vers un autre avion militaire. Plusieurs hauts responsables de l’administration, dont Marco Rubio, sont restés à bord de l’avion présidentiel, servant en réalité de leurre dans le cadre de cette manœuvre de diversion.

Finalement, aucun missile n’a été tiré vers l’un ou l’autre des avions, et il n’a pas été possible de déterminer le degré de fiabilité de cette menace. Néanmoins, les services secrets ont estimé que le renseignement israélien justifiait le recours à des mesures de protection exceptionnelles. Il s’agissait de la première fois, durant la présidence de Trump, qu’une opération de diversion de ce type était mise en œuvre — une preuve supplémentaire que l’amélioration des capacités iraniennes et l’épuisement de l’arsenal américain influencent désormais non seulement le champ de bataille, mais aussi les déplacements du président et ses décisions prises depuis la salle de crise.


Sur les enjeux liés aux systèmes de défense antimissile face à la menace iranienne, notre article sur le fait que les batteries anti-missiles ne suffiront pas face à une guerre avec l’Iran apporte un éclairage complémentaire, de même que notre analyse sur la question de savoir si Israël est prêt à faire face à la menace des missiles du nord.