Un porte-parole des Gardiens de la révolution islamique a averti que si une nouvelle guerre venait à éclater, l’arsenal dont dispose l’Iran serait très différent de celui utilisé lors du précédent conflit. Selon ce porte-parole, la différence pourrait se manifester dans les têtes explosives employées, dans la précision des frappes, dans la portée des missiles, ou dans tout autre domaine.
Cette déclaration, brève mais lourde de sens, s’inscrit dans un contexte de reconstruction accélérée des capacités militaires iraniennes depuis la fin des principales hostilités du printemps dernier, un dossier suivi de très près par les services de renseignement israéliens et occidentaux.
Une reconstruction menée en pleine trêve
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Selon un rapport publié récemment par le Wall Street Journal et repris par plusieurs médias israéliens, l’Iran a profité de l’accalmie créée par le mémorandum d’entente conclu avec les États-Unis pour reconstruire rapidement son dispositif de missiles, renforcer le contrôle exercé par les Gardiens de la révolution sur l’armée régulière, et se préparer à une confrontation plus large. Selon des sources iraniennes et arabes ainsi que des renseignements recueillis dans la région, Téhéran estime que l’affrontement central n’a pas encore véritablement commencé, et que les États-Unis et Israël ont profité de l’accord pour gagner du temps avant une offensive de plus grande ampleur.
Le sous-général Hossein Mohebi, porte-parole des Gardiens de la révolution, avait déjà déclaré en juillet, dans un entretien à l’agence de presse Tasnim, proche du régime : « Nous avons pleinement mis à profit la période de cessez-le-feu. Nous avons amélioré nos capacités, accéléré la cadence de production de nos missiles et perfectionné leur précision. »
Selon les estimations rapportées par la presse israélienne, l’Iran visait avant la guerre un arsenal de 8 000 missiles ; au début de l’année 2026, il n’en restait plus qu’environ 1 000 à 1 200 disponibles, ainsi qu’une centaine de lanceurs mobiles opérationnels sur les 480 dont disposait le pays avant les combats. La destruction des mélangeurs nécessaires à la production de carburant solide avait alors paralysé la capacité de fabrication de missiles avancés, contraignant l’Iran à revenir à des missiles à carburant liquide, plus lents à préparer et plus vulnérables. Pour contourner cette crise, le régime chercherait depuis à importer des composants et produits chimiques depuis la Chine via des réseaux de contrebande.
Un contexte de tension maximale avec Washington
Cette déclaration des Gardiens de la révolution intervient alors que le président américain Donald Trump a lui-même annoncé, ces derniers jours, le lancement d’une opération économique d’une ampleur inédite contre la République islamique, qu’il a qualifiée de véritable « Jour J économique », avec des sanctions et un blocus visant à isoler totalement Téhéran de ses partenaires financiers et commerciaux à travers le monde.
Le climat reste par ailleurs marqué par les révélations sur des scénarios envisagés par des responsables iraniens en cas de reprise des hostilités, qui évoquaient la possibilité de frapper des cibles américaines jusqu’en Europe, en plus des menaces déjà proférées contre les intérêts américains et alliés dans le Golfe. Sur le terrain, les Gardiens de la révolution continueraient également de superviser le déploiement de missiles, de moyens navals et de lanceurs de drones vers des positions surplombant la mer Rouge, tout en fournissant aux rebelles houthis du renseignement et des listes de cibles, notamment portuaires et énergétiques, en Arabie saoudite.
Le discours combatif des Gardiens de la révolution, combiné à cette reconstruction accélérée et documentée de leurs capacités balistiques, alimente les craintes d’une reprise du conflit dans les prochains mois, dans un contexte où ni Téhéran ni Washington ne semblent aujourd’hui engagés dans un véritable processus de désescalade.






