Les autorités thaïlandaises envisagent de révoquer les visas et d’expulser du pays à la fois le propriétaire d’un restaurant israélien surnommé « Yaakov » et le propriétaire français d’un zoo exotique à Koh Samui, identifié comme « Kevin ». Cette décision fait suite à la confrontation largement médiatisée entre les deux hommes, qui a débuté par une dispute dans un café animalier avant de dégénérer en démonstration du drapeau palestinien, une série de menaces et l’allégation qu’une prime en argent aurait été offerte pour s’en prendre au propriétaire du parc.
Une affaire qui a commencé par une accusation de discrimination
Selon un rapport publié samedi par le journal thaïlandais Khaosod, les services de sécurité de la province de Surat Thani, dont dépend l’île de Koh Samui, rassemblent actuellement des preuves en vue de recommander l’annulation des visas des deux ressortissants étrangers et leur expulsion de Thaïlande. La procédure n’est pas encore achevée, et il s’agit à ce stade d’une option à l’étude plutôt que d’une décision définitive.
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🇹🇭 « Restez chez vous les juifs ! », le propriétaire Villeurbannais d’un zoo en Thaïlande au cœur d’une polémique. Les tensions auraient commencé après l’installation d’un drapeau palestinien avec un poing levé, ainsi qu’un drapeau israélien barré, placé à côté d’une cible… pic.twitter.com/kPFMZndQbZ
— Wolf 🐺 (@PsyGuy007) August 17, 2026
#Thailande 🇹🇭 Un conflit au zoo de Samui vire au scandale mondial après l’exclusion de touristes israéliens, une prime de 500k bahts est offerte pour la tête des gérants.
L’affaire s’exporte en France avec l’incendie de la maison de la mère du co-gérant.pic.twitter.com/GbToRiT01v— AsieNews (@AsiaNews_FR) August 21, 2026
L’affaire, qui occupe la presse locale depuis plusieurs jours, avait débuté le 12 août, lorsqu’une famille israélienne originaire de Rosh HaAyin, Moran et Naveh, accompagnée de leurs deux filles âgées de 6 et 9 ans, s’était présentée à l’entrée du « Samui Exotic Park », le café animalier tenu par Kevin, ressortissant franco-italien, et son épouse thaïlandaise Jindarat Sattayapun. Selon leur témoignage, après avoir précisé qu’ils venaient d’Israël, on leur aurait signifié que les Israéliens n’étaient pas autorisés à entrer dans l’établissement. Des images de la scène montrent un employé du lieu demandant à la famille de partir, avant de sembler donner un coup de tête au père. La famille avait quitté les lieux. Des publications ultérieures sur le compte officiel du parc, montrant notamment un drapeau israélien barré d’un panneau « interdit » accolé à une cible de tir, avaient semblé confirmer l’existence d’une politique délibérée envers les visiteurs israéliens — ce que les propriétaires du parc ont contesté, affirmant que leur décision faisait suite à une série d’incidents avec des visiteurs israéliens, accusés selon eux de ne pas avoir payé l’entrée et d’avoir enfreint le règlement du lieu.
Une condamnation, une chasse à un second suspect, un incendie en France
L’affaire a rapidement pris un tour pénal : Jindarat Sattayapun et son mari Kevin ont porté plainte, affirmant qu’un Israélien avait publié sur Facebook une menace visant la vie de la propriétaire du parc. La police a identifié le suspect sous le nom de Yaakov, l’a arrêté le 15 août après avoir dressé un barrage devant l’établissement, puis présenté devant un juge du tribunal de district de Koh Samui. Le tribunal l’a reconnu coupable et condamné à une amende de 5 000 bahts, assortie d’une peine de deux ans avec sursis. La police de Koh Samui a par ailleurs annoncé rechercher un second suspect, soupçonné d’avoir téléphoné à la propriétaire du parc pour lui affirmer qu’une prime de 500 000 bahts — environ 48 000 shekels — avait été proposée pour s’en prendre à sa vie. Selon la police, rien n’indique à ce stade qu’il s’agisse de la même personne que celle déjà condamnée.
🔴🇹🇭🇫🇷🇮🇱⚡️ | THAILANDE> « Restez chez vous les Juifs » Une famille israélienne a été agressée et refoulée le 12 août du Samui Exotic Park sur l’île de Koh Samui en Thaïlande par le directeur du Zoo, un ressortissant français originaire de Villeurbanne, identifié comme Kevin Dimino,… pic.twitter.com/B1rRIZdYXt
— 🎗️(((SIMON WEINBERG))) (@SlMONWEINBERG) August 16, 2026
L’affaire a ensuite débordé jusqu’en France : dans la nuit du 19 août, un garage et une voiture ont été incendiés sur la propriété où réside la mère du ressortissant français, près de Lyon. Celle-ci n’a pas été blessée, et la police française a ouvert une enquête. Kevin a affirmé qu’un cocktail Molotov avait été lancé contre la maison et que cet incendie était lié aux menaces reçues à la suite de la confrontation de Koh Samui, bien que les autorités françaises n’aient pas confirmé, à ce stade, de lien entre les deux événements.
French media have reported an arson attack at the Villeurbanne, near Lyon, home of the mother of a Samui Exotic Park owner, amid the ongoing controversy surrounding the Koh Samui zoo.
The zoo owner’s wife, Jin Jindarat, shared images of the fire on Facebook. French reports said… pic.twitter.com/JKFLO81wvW
— Khaosod English (@KhaosodEnglish) August 21, 2026
Une décision qui ne prend le parti d’aucune des deux parties
Face à l’ampleur prise par cette affaire et à la publicité qui l’a entourée, les autorités thaïlandaises estiment que le comportement des deux parties nuit à l’image de Koh Samui en tant que destination touristique ainsi qu’au sentiment de sécurité sur l’île. C’est pourquoi la mesure exceptionnelle d’annulation des visas et d’expulsion des deux hommes est désormais à l’étude, sans se limiter à trancher les accusations réciproques.
Le commandant de la police de la province de Surat Thani, le général de division Suwat Sooksri, a déclaré que les autorités vérifieraient les faits et appliqueraient la loi de manière égale, précisant que quiconque serait reconnu en infraction serait poursuivi en justice. Ce qui avait commencé comme un incident à l’entrée d’un zoo s’est ainsi transformé, en l’espace de quelques jours, en une confrontation internationale bien plus vaste, mêlant accusations de discrimination envers des touristes israéliens d’un côté, et campagne de menaces et de harcèlement dénoncée par les propriétaires du parc de l’autre.






