La découverte des vestiges du navire « Altalena », retrouvé à 503 mètres de profondeur au large des côtes israéliennes, 78 ans après avoir été bombardé sur ordre du gouvernement israélien, suscite en moi des sentiments profondément partagés.
En tant qu’ancien directeur général de l’Institut Jabotinsky pendant environ douze ans, et fils d’Abba Achimeir, l’un des dirigeants spirituels du mouvement révisionniste et du Betar, cette affaire n’est pas pour moi un simple chapitre des livres d’histoire, mais une blessure vivante au cœur de la société israélienne. L’intention de ceux qui œuvrent à faire remonter les vestiges du navire et à les exposer sur un site public en bord de mer vise à rappeler à tous à quel point nous nous sommes trouvés, dès la naissance de l’État, au bord d’une douloureuse guerre civile, née de malentendus internes.
Le souvenir de l’Altalena face aux fractures d’aujourd’hui
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La mémoire historique de l’Altalena nous accompagne chaque fois que nous sommes confrontés à des fractures internes. Menahem Begin lui-même se trouvait à bord du navire et voyageait avec lui vers le rivage. Les hommes sur le pont avaient hissé des drapeaux blancs et signalé à Tsahal, sur la plage, qu’ils n’avaient aucune intention de mener un putsch — accusation grave qui leur avait été attribuée avec malveillance — mais ils furent accueillis par une salve meurtrière qui coûta la vie à 19 hommes de l’Irgoun et de Tsahal.
La formule canonique de Begin, prononcée à cette époque et aujourd’hui gravée sur le monument de Nahalat Yitzhak — « Guerre fratricide, jamais » — résonne aujourd’hui avec une force plus grande que jamais.
Je prévois que la découverte du navire sera interprétée différemment selon les différents camps de notre opinion publique. Le camp de droite pourrait y voir un signal d’alarme contre une dérive vers une « seconde Altalena » en pleine période de dissensions actuelles, ainsi qu’un rappel des actions de David Ben Gourion et de ses proches.
À l’inverse, l’autre camp pourrait soutenir que la remontée des vestiges n’a aucune pertinence et vise uniquement à raviver des controverses et rouvrir des blessures du passé. Mais au-delà des interprétations politiques, nous devons nous rappeler que les divergences d’opinion sont chose essentielle dans une démocratie, tant qu’elles sont gérées de manière appropriée et dans le respect de la décision démocratique.
Éviter la destruction d’un troisième Temple
La discorde qui traverse aujourd’hui l’opinion publique est effectivement grave, et elle est amplifiée par des éléments extrémistes des deux bords. Néanmoins, la majorité du public dans le pays reste modérée, aspire à l’unité et souhaite un gouvernement large, sioniste et national. L’histoire nous enseigne que les divisions internes graves font partie de l’ADN juif, et que le premier et le second Temple furent détruits principalement à cause de cela, et non en raison de la puissance de nos ennemis.
Mais pour éviter la destruction d’un troisième Temple, nous devons porter nos regards vers les combattants sur le front. Là, face à l’ennemi, nous observons une unité remarquable et un attachement à la mission, où toutes les croyances et pensées divergentes sont mises de côté pour la défense de l’unique État juif. C’est là la plus grande source d’inspiration que nous devons puiser pour surmonter l’extrémisme.
Si Menahem Begin était parmi nous aujourd’hui, il œuvrerait sans relâche pour apaiser les esprits et unir les rangs. Begin était un homme qui recherchait toujours ce qui unit, la plénitude et l’amour du prochain, sans jamais renoncer à ses profondes convictions idéologiques. Il nous lancerait cet appel aussi simple que nécessaire aujourd’hui : « Viens, papa, aimons-nous nous-mêmes. »






