Pendant près de six semaines, un nourrisson de quatre mois et demi a toussé sans relâche, respiré avec difficulté et sifflé à chaque inspiration, sans que personne ne parvienne à comprendre pourquoi. Les médecins, désorientés par des symptômes qui ressemblaient à s’y méprendre à une crise d’asthme, ont multiplié les traitements : médicaments et inhalations se sont succédé, sans résultat. Le petit patient continuait de tousser, de siffler, de manquer de souffle, comme si son corps refusait obstinément de répondre aux protocoles habituels.
C’est un nouveau symptôme, apparu soudainement, qui a fini par tout faire basculer : le bébé s’est mis à vomir. Ce simple changement a suffi à éveiller les soupçons des équipes soignantes et à orienter les investigations vers une tout autre piste que celle de l’asthme, jusque-là privilégiée sans succès depuis le début de la prise en charge.
La famille s’est rendue aux urgences du centre médical Assuta Ashdod, en Israël, alors que l’enfant venait tout juste d’atteindre l’âge de six mois — soit environ six semaines après l’apparition des premiers symptômes. Une radiographie, réalisée sur place cette semaine, a livré un verdict que personne n’attendait : des agrafes métalliques logées à l’intérieur de son œsophage. Le nourrisson avait, plusieurs semaines auparavant, avalé un paquet entier d’agrafes — un geste passé totalement inaperçu au moment des faits, mais dont les conséquences allaient mettre des semaines à se révéler au grand jour.
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L’image radiologique a montré que certaines de ces agrafes s’étaient enfoncées directement dans les parois de l’œsophage, tandis que d’autres étaient restées reliées entre elles, formant une masse métallique compacte coincée dans les tissus du bébé. Cette présence prolongée avait fini par provoquer une inflammation et un gonflement importants au niveau des points de pénétration, expliquant à la fois la toux persistante, les difficultés respiratoires et, en dernier lieu, les vomissements qui avaient permis de réorienter le diagnostic. L’hôpital a par ailleurs diffusé un cliché montrant les agrafes une fois extraites du corps de l’enfant, crédité à l’équipe médicale d’Assuta Ashdod.
Une opération délicate menée par plusieurs spécialités
Face à la complexité du cas, une équipe pluridisciplinaire a été mobilisée en urgence. Des gastro-entérologues pédiatriques, des pneumologues, des spécialistes ORL et des anesthésistes ont uni leurs compétences pour organiser une intervention chirurgicale d’envergure. L’opération, longue d’une heure et demie, a consisté à retirer les agrafes une à une, avec une extrême précaution, afin de ne pas aggraver les lésions déjà présentes sur les parois fragilisées de l’œsophage.
À l’issue de cette intervention, le nourrisson a été placé sous antibiotiques pour traiter les infections provoquées par la présence prolongée du corps étranger, ainsi que sous sonde d’alimentation, le temps que les tissus blessés de son œsophage puissent cicatriser correctement et retrouver leur fonction normale.
La docteure Chani Oliveston, directrice de l’unité de gastro-entérologie pédiatrique de l’hôpital Assuta Ashdod, est revenue sur les circonstances de cette prise en charge peu commune. Selon elle, le bébé est arrivé à l’hôpital après une longue période de toux, de sifflements et de difficultés respiratoires qui ne s’atténuaient pas malgré les traitements administrés en amont.
Un message clair adressé aux parents
La spécialiste a souligné la difficulté particulière que représente ce type de cas chez les tout-petits. Un nourrisson ne peut ni expliquer ce qu’il a avalé, ni signaler la présence d’un objet étranger dans son corps — ce qui impose aux équipes médicales de garder constamment cette possibilité à l’esprit face à des symptômes respiratoires qui résistent aux traitements habituels. Dans cette situation précise, les agrafes avaient déjà provoqué une inflammation, une infection et un gonflement de l’œsophage, et l’état respiratoire du bébé n’était pas satisfaisant au moment de son admission. Heureusement, l’ensemble des agrafes a pu être retiré avec succès par l’équipe médicale.
La docteure Oliveston a insisté sur un point essentiel à destination des parents : lorsque des symptômes persistent et ne s’améliorent pas comme attendu malgré les traitements suivis, il est important de continuer à chercher la cause réelle du problème, plutôt que de s’en tenir au premier diagnostic envisagé.
Ce cas rappelle à quel point la vigilance médicale doit rester constante face aux nourrissons, incapables de communiquer verbalement sur ce qu’ils ont pu ingérer accidentellement. Un simple paquet d’agrafes, resté invisible durant des semaines, aura suffi à provoquer une longue période de souffrance respiratoire avant qu’un examen radiologique ne permette enfin d’identifier la véritable origine du mal — et qu’une équipe médicale mobilisée en urgence ne parvienne à sauver l’enfant.
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