Deux Israéliens et 30 touristes juifs portés disparus dans les inondations dévastatrices au Népal

Une deuxième citoyenne israélienne a été portée disparue après les inondations qui ont frappé la frontière entre le Népal et la Chine le 26 août dernier. Il s’agit de Katerina, dite Katya, Sakovich, 41 ans, qui possède également la nationalité biélorusse.

La jeune femme avait d’abord été recensée comme ressortissante biélorusse, avant que sa famille ne prenne contact avec le ministère israélien des Affaires étrangères pour demander de l’aide dans les recherches. Installée à Milan depuis plusieurs années, elle s’était rendue en voyage au mont Kailash, au Tibet, un site sacré pour plusieurs traditions religieuses de la région. Selon la chaîne publique israélienne Kan, elle avait été vue pour la dernière fois au poste-frontière de Rasuwagadhi-Gyirong, au moment même où les inondations ont commencé.

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

D’après le Jerusalem Post, Katerina Sakovich ne s’était pas enregistrée comme ressortissante israélienne au Népal, ce qui expliquerait pourquoi les autorités israéliennes ne l’avaient identifiée que tardivement parmi les personnes disparues.

Le ministère des Affaires étrangères a précisé que le consul d’Israël à Katmandou ainsi que le département chargé des Israéliens en détresse à l’étranger restaient en contact permanent avec la famille de la disparue, et travaillaient avec les autorités locales pour tenter de la localiser.

Un homme israélien de 60 ans, dont l’identité n’a pas été communiquée, est également porté disparu depuis les mêmes événements. Selon des informations relayées par la presse israélienne, il voyageait avec un groupe organisé ayant visité le mont Kailash au Tibet, où se tient une cérémonie bouddhiste à cette période de l’année. Peu de voyageurs israéliens se rendent habituellement dans cette région durant la saison en cours. Vers 9 heures du matin, mercredi, il aurait atteint le poste-frontière séparant le Tibet du Népal, qu’il aurait franchi avec environ 70 autres touristes étrangers, quelques instants avant que le torrent ne frappe la zone.

Le ministère des Affaires étrangères a appelé les Israéliens présents au Népal à faire preuve d’une extrême prudence et à éviter les zones touchées par les inondations ou désignées comme dangereuses par les autorités locales. Les voyageurs se trouvant dans des secteurs exposés aux crues, aux glissements de terrain ou à la montée des eaux ont été invités à s’éloigner des rivières, des cours d’eau et des pentes instables, et à éviter tout déplacement inutile sur des routes susceptibles de s’effondrer ou d’être bloquées. Le ministère a également recommandé aux voyageurs de suivre de près les alertes météorologiques locales, de tenir leurs proches informés de leur localisation et de leur itinéraire, de conserver des téléphones chargés ainsi que des batteries de secours, et de ne jamais tenter de traverser des routes, ponts ou cours d’eau inondés.

Selon Chabad du Népal, 30 touristes juifs sont également portés disparus. Environ 600 travailleurs étrangers et touristes originaires de près de 40 pays figurent par ailleurs parmi les milliers de personnes toujours recherchées.

« Nous sommes en contact avec les familles, les communautés locales et les autorités, en essayant de reconstituer chaque détail », a déclaré Chani Lifshitz, codirectrice de Chabad du Népal. « Nous vérifions chaque signalement, chaque nom, chaque emplacement, chaque piste possible. »

Ses propos témoignent de l’ampleur du drame qui se joue sur place. « Dans la situation que nous affrontons, même quelque chose d’aussi élémentaire et sacré qu’un enterrement juif n’est plus possible aujourd’hui », a-t-elle ajouté. « Les corps retrouvés après plusieurs jours sous la boue sont dans un état qui rend l’identification extrêmement difficile. »

Le bilan régional de la catastrophe continue de s’alourdir. Plus de 4 000 personnes restent portées disparues, et plus de 900 décès ont déjà été confirmés côté népalais et tibétain réunis. Les équipes de secours locales, appuyées par des renforts venus d’Inde, de Corée du Sud et de Chine, doivent progresser dans une boue atteignant parfois la taille pour retrouver d’éventuels survivants. Côté tibétain, les médias d’État chinois ont fait état de trois passages successifs des sauveteurs dans la zone sinistrée, sans qu’aucun survivant n’ait pour l’instant été retrouvé.

Des équipes de secours israéliennes ont par ailleurs été dépêchées sur place pour prêter main-forte aux opérations. Une délégation de l’organisation humanitaire NATAN Worldwide Disaster Relief, composée de professionnels de santé et de spécialistes en santé mentale, doit intervenir auprès des populations sinistrées. Une équipe de secouristes israéliens liée à la compagnie d’assurances Harel participe également aux recherches visant à localiser l’Israélien sexagénaire porté disparu.

La cause du désastre continue de faire l’objet d’investigations, mais les scientifiques penchent pour l’effondrement partiel d’un glacier en haute altitude dans l’Himalaya, à l’origine d’une brusque montée des eaux dans les rivières de la région.