Permis ou non permis de monter sur le Mont du Temple selon la Thora ?

Suite aux nombreuses rĂ©actions de la communautĂ© arabe contre la communautĂ© juive, au sujet du Mont du Temple, de nombreux Juifs se demandent pourquoi tant de discordes, si il est interdit de se rendre sur ce site au risque d’ĂŞtre retranchĂ© du peuple juif selon la Thora, et d’autres affirment le contraire. Afin d’Ă©claircir ce sujet de polĂ©mique, voici la rĂ©ponse du Rav Sm Elikan, suite Ă  la question de l’un des lecteurs sur le site Cheela.org

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Question : Pourquoi certains Juifs veulent absolument y monter, si tous les plus grands l’interdisent formellement ?

Réponse du Rav Sam Elikan :

Shalom,
Tout d’abord avant de s’insurger contre ceux qui montent visiter le Mont du Temple, essayons de comprendre pourquoi certains rabbins l’interdisent, quelles sont leurs raisons et quelles sont les raisons des nombreux rabbins qui le permettent formellement.
Il s’agit d’une discussion d’halah’a (loi juive), ainsi, nous nous devons de considĂ©rer, intellectuellement et calmement, les arguments avancĂ©s pour pouvoir en juger.
Je ne souhaite pas traiter ici de la question politique qui en dĂ©coule, ainsi que de ses tenants et aboutissants, ni d’Ă©mettre un jugement sur le sujet. Comme vous pourrez le remarquer par la suite, j’ai une opinion sur la question, mais je vais essayer de prĂ©senter tout de mĂŞme les choses le plus « objectivement » possible.
Nous pouvons, je crois, trouver trois raisons principales Ă  l’interdiction formelle de monter sur le Mont du Temple.

1. La première est la peur d’ĂŞtre passible de « karet » (retranchement). En effet, le Rambam (hil. Beit HaBeh’ira 7,18) Ă©crit que quiconque monte en Ă©tat d’impuretĂ© (et aujourd’hui nous sommes tous dans cet Ă©tat) au lieu oĂą se trouvaient les « a’zarot » du Temple, c’est-Ă -dire au lieu exact du Temple est passible de « karet ». En effet, ces lieux sont saints et on ne peut y entrer en Ă©tat d’impuretĂ©.
Ainsi, le Rambam ajoute (id. hal. 15) qu’il est toutefois tout Ă  fait permis de monter, de visiter, mĂŞme impurs (lorsque l’impuretĂ© ne sort pas de son corps – c’est pourquoi il faut aller au Mikveh avant, quoi qu’il en soit), tout lieu qui ne fait pas partie des « a’zarot » (enceintes).
En effet, nous savons qu’HĂ©rode a aplani le Mont du Temple et y a ajoutĂ© au moins 2’000 coudĂ©es qu’il n’est absolument pas interdit de visiter. Le problème provient du fait que les dĂ©cisionnaires durant les derniers siècles furent confrontĂ©s Ă  une question difficilement solutionnable : oĂą sont les a’zarot et oĂą est le lieu oĂą il y a permis d’entrĂ©e.

Le Radbaz dĂ©jĂ  (II, 639) traita la question, il y a plus de 500 ans et tenta de calculer les lieux oĂą il est permis d’entrer et ceux oĂą il est interdit. Il se base entre autres sur un traitĂ© de Mishna – le traitĂ© de Midot – qui donne les mesures du Temple. En outre, il se basa Ă©galement sur une ancienne tradition affirmant que le « Rocher de la Fondation » se situe sous le DĂ´me du Rocher, ainsi lĂ  seraient les a’zarot et on ne pourrait y rentrer sans ĂŞtre passible, du moins selon le Rambam (il faut signaler ici que le Ra’avad de Posquières n’est pas de cet avis et selon lui, dès que le Temple fut dĂ©truit, tout le Mont perdit sa saintetĂ©, et il n’y a aucun interdit Ă  rentrer oĂą que ce soit… puisqu’ainsi on n’est pas passible de retranchement). L’inconvĂ©nient de sa rĂ©ponse est que par la suite, elle est plutĂ´t confuse, chose qui a poussĂ© de nombreux dĂ©cisionnaires Ă  ne pas s’appuyer sur sa rĂ©ponse (cf. resp. Minh’at Itzh’ak V,1 et resp. Tzitz Eliezer X,1).

En outre, certains dĂ©cisionnaires doutent mĂŞme de cette « tradition », puisqu’on ne leur permettait pas de monter sur le Mont du Temple pour vĂ©rifier les mesures.
C’est-Ă -dire qu’au fil des gĂ©nĂ©rations des rabbins juifs voulaient monter sur le Mont du Temple, afin de pouvoir dĂ©terminer les limites, mais cela ne leur fut pas donnĂ© par les autoritĂ©s locales qui bien souvent les en empĂŞchaient (cf. Ă  ce propos Dereh’ HaKodesh, Ă©crit au 18ème siècle, ainsi que le Mishkenot Le’Abir Yaakov (II, p. 15), fin du 19ème siècle).
Ainsi, il devint difficile de dĂ©terminer ces limites. Puisqu’il en Ă©tait ainsi – il est clair, Ă  cause du doute – que tout le Mont devient interdit (mishou safek). Le risque de retranchement Ă©tant trop grand.

Toutefois, aujourd’hui, plusieurs Ă©tudes très sĂ©rieuses ont Ă©tĂ© faites, notamment par des chercheurs reconnus et des rabbins sĂ©rieux; nous avons des plans, des images satellites, de vues d’avion, etc… Nous pouvons dĂ©terminer, selon les dĂ©couvertes archĂ©ologiques et les mesures Ă©voquĂ©es dans le traitĂ© de Midot uniquement (sans se baser sur une quelconque tradition), quels lieux sont Ă  100% permis d’entrĂ©e. Ainsi, aujourd’hui quiconque respecte la halah’a et monte sur le Mont du Temple se fie Ă  ces mesures et ne va qu’Ă  des endroits très prĂ©cis sur le Mont du Temple (cf. Ă  ce propos le livre « Ve’assou Li Mikdash » du Rav Koren, ainsi que les articles d’Asher Grossberg et Ben Yashar cf. la revue « Teh’oumin », n°15, tout comme l’article de mon maĂ®tre le Rav Ytzh’ak Shilat quant Ă  la possibilitĂ© de construire une synagogue sur le Mont du Temple, aussi dans « Teh’oumin », n°7, p. 489; cf. encore Ă  ce propos dans resp. Malki BaKodesh, IV, au dĂ©but).

Il est Ă  noter, et il faut bien le souligner, que tous ceux interdisant la montĂ©e au Mont du Temple de nos jours font abstraction totale de ces recherches et de leur contenu. MĂŞme des rabbins qui avaient et ont ces donnĂ©es Ă  disposition et pourraient très bien dĂ©limiter et dĂ©finir les lieux permis et interdits (cf. resp. Minh’at Itzh’ak et Tzitz Eliezer, id.). C’est notamment le cas du Rav Ovadia Yossef (resp. Yabia Omer V,26), dont les fils suivent la voie. Il est encore Ă  noter que Rav Zinni de H’aifa a dĂ©jĂ  clairement dĂ©montrĂ© que dans cette rĂ©ponse du Rav Ovadia Yossef, la conclusion – interdisant totalement de visiter le Mont du Temple – n’a que très peu de rapport, pour ne pas dire aucun, avec les arguments avancĂ©s sur la saintetĂ© du lieu, puisqu’on connaĂ®t aujourd’hui des endroits qui y sont absolument permis selon tous les avis… Chose qui selon les arguments avancĂ©s ne serait pas interdite… Cela peut s’illustrer par ce que le dit la guemara (TB SanhĂ©drin 9b): « quiconque dit qu’il ne sait pas (dans un dĂ©bat de halah’a – et par consĂ©quent viendrait Ă  ĂŞtre plus rigoureux Ă  cause de cela, dans la mesure oĂą l’on peut connaĂ®tre exactement les faits), son avis n’est pas retenu ». Rabbi Avraham, fils du Rambam, dit par ailleurs (selon TB H’oulin 124a) que mĂŞme un Sage tel Yehoshoua Bin Noun viendrait devant nous, s’il n’a pas de preuve rationnelle, d’argument valable, on ne doit pas l’Ă©couter. A ce propos dit le Maharam de Lunzano (duquel le H’ida dit dans son Shem HaGuedolim qu’il s’agit d’un gĂ©ant de la Torah Ă  l’Ă©poque de Rav H’aim Vital et du Rema de Pano – Shtei Yadot, Etzba Revi’i): « bien que je sois astreint de respecter tous ceux auxquels je me suis opposĂ©, toutefois, eux et moi sommes astreints Ă  respecter la vĂ©ritĂ©! ».

2. La deuxième raison avancĂ©e est que si l’on permettait de monter, les foules monteraient sans distinction et sans faire attention Ă  l’endroit oĂą il est permis de marcher et oĂą cela est interdit et arriverait dans de nombreux cas Ă  des endroits interdits.
Il s’agit, Ă  mon avis, d’un argument de taille.

Toutefois, à son encontre, trois réserves peuvent être émises:
– Premièrement, il n’est pas dit que ce soit vrai dans tous les cas, et ce n’est donc pas une raison pour interdire, il ne s’agit que d’un doute ; la majoritĂ© des gens suivant la halah’a Ă©coutent leur rabbins et si on leur disait oĂą il est permis et oĂą il est interdit d’aller, ils suivraient la voie. En effet, si un chemin clair est marquĂ© (et que ce dernier est expliquĂ© aux policiers qui accompagnent les juifs qui y montent par exemple), personne ne viendra Ă  l’enfreindre. De la mĂŞme manière qu’on n’interdit pas aux gens de se marier par peur que les gens ne vont pas respecter les lois de nidda et soient passibles de « karet »…
– Deuxièmement, le prix Ă  payer est grand. Le Ramh’al nous enseigne dans le Messilat Yesharim (chap. 20), et cette idĂ©e se retrouve dans de nombreux autres sources de la littĂ©rature rabbinique, qu’on ne peut forcer les gens Ă  la piĂ©tĂ©, surtout si celle-ci amène Ă  la perte de notre lien avec ce lieu. Cette rĂ©serve, Ă  la diffĂ©rence de la première, considère effectivement l’argument interdisant comme valable, mais elle le voit s’annuler ici face Ă  un autre argument dont la taille serait plus grande – la perte de notre lien avec ce lieu qui nous est sacrĂ©. Si nous n’exprimons pas – par peur de saintetĂ© – notre attachement Ă  ce lieu sacrĂ©, on pourra bientĂ´t croire qu’il n’est tout simplement pas sacrĂ© Ă  nos yeux… Ce qui serait bien entendu une aberration, surtout lorsque la question de l’appartenance du lieu est Ă  l’ordre du jour. Ainsi, nous devrions marquer notre attachement Ă  ce lieu qui fait partie si intĂ©grale de notre identitĂ©. On pourrait dĂ©velopper longuement pourquoi certains Juifs n’y tiennent absolument pas, cela leur faisant Ă©ventuellement peur, et quelle vision ils ont de l’identitĂ© juive, mais je ne crois pas que ce soit ni le moment, ni l’endroit idĂ©al pour le faire.
– Troisièmement, il existe des règles prĂ©cises dans la halah’a quant Ă  la question de savoir si et quand il est permis de dĂ©crĂ©ter – par peur de commettre un interdit, d’ĂŞtre coupable de retranchement – des dĂ©crets annulant des commandements positifs et il n’est pas Ă©vident que cela soit tout le temps permis. En effet, on ne peut pas dĂ©crĂ©ter n’importe comment, il y a des règles. Ainsi, selon de nombreux dĂ©cisionnaires, le fait de visiter, de s’approcher, du Mont du Temple constitue plusieurs commandements : la crainte du Temple (« mora mikdash ») qui s’accomplit mĂŞme lorsque le Temple n’est pas construit (cf. TB Yevamot 6); « aliyah lareguel » lors des trois fĂŞtes de pèlerinage; « leshih’no tidreshou », selon certains, etc… Donc, selon cela, la rĂ©serve avancĂ©e est qu’on ne peut pas annuler ces commandements positifs par peur de commettre un interdit Ă©ventuel…
Selon cette « rĂ©serve », cet argument – la peur que la foule aille dans des endroits interdits – n’a pas de raison d’ĂŞtre. Si la première rĂ©serve diminuait la force de cet argument et la seconde l’opposait avec un autre argument, celle-lĂ  l’annule.

3. La troisième raison avancĂ©e est d’ordre morale : on ne peut pas monter sur le Mont du Temple avant d’avoir « rĂ©paré » ce qui est nĂ©cessaire Ă  sa construction. En d’autres termes, on a beaucoup de choses Ă  faire avant de s’occuper de cela. Certaines personnes vont mĂŞme plus loin et y voient « de l’idolâtrie » (sic)! Mais je crois qu’ils exagèrent, aucun dĂ©cisionnaire ne peut prendre ce dernier argument au sĂ©rieux, au risque de transformer le Temple mĂŞme, Maison de D’ieu, en lieu idolâtre (!). Cet argument – il faut nous purifier spirituellement et moralement avant de monter au Mont du Temple – est bien Ă©videmment tout Ă  fait juste et correct.
Toutefois, la rĂ©ponse donnĂ©e est que de la mĂŞme manière qu’il existe une diffĂ©rence au niveau de la halah’a entre les a’zarot et le reste du Mont du Temple, ainsi, il existe une diffĂ©rence « spirituelle » entre ces deux zones. Le fait de monter au Mont du Temple ne veut pas dire « construire le Temple hic et nunc (=ici et maintenant) », avant que la sociĂ©tĂ© n’y soit prĂŞte et ne soit pas « rĂ©parĂ©e »; non, cela se veut juste ĂŞtre une expression du lien que les Juifs ont et expriment envers le Mont lui-mĂŞme et ainsi, a fortiori, la Terre d’IsraĂ«l. Oury Tzvi Grinberg, poète israĂ©lien du siècle dernier, disait: « quiconque gouverne le Mont, gouverne la Terre ». Ce n’est pas anodin. Le fait de ne pas monter sur le Mont du Temple se comprend chez la majoritĂ© des gens alentours que nous ne sommes pas intĂ©ressĂ©s par ce lieu. Il ne serait ainsi peut-ĂŞtre mĂŞme pas sacrĂ© pour nous…

Nous avons donc vu qu’il y a trois raisons principales pour interdire – premièrement, le fait qu’une partie du lieu est sacrĂ©e et donc on interdit tout le lieu, par doute; deuxièmement, le fait que la foule entrerait volontairement ou non dans des lieux interdits si on permettait la montĂ©e ; troisièmement, que la sociĂ©tĂ© doit d’abord ĂŞtre « rĂ©parĂ©e » avant qu’on ne puisse reconstruire le Temple. Nous avons aussi vu qu’Ă  chacun de ces arguments il existe une/des rĂ©ponses et ce n’est pas pour rien que les rabbins sont partagĂ©s sur la question.

Rappelons aussi que le Rambam (dans ses lettres, Ă©d. R »Y Shilat, p. 224), tout comme de nombreux autres rabbins racontent qu’ils sont montĂ©s sur le Mont du Temple, suivant en cela nos Sages dans le Talmud qui montèrent sur le Mont du Temple après sa destruction (cf. TB Makot 24b; SanhĂ©drin 11b et Rashi, ad loc.; TY Pessah’im 7,12; etc.).
Sommes-nous plus Sages que nos Sages, que nos Rabbins au fil des gĂ©nĂ©rations qui montèrent et s’ils ne le pouvaient le regrettaient amèrement ?
Comment expliquer le fait que durant les premières gĂ©nĂ©rations de l’exil, les Juifs continuaient Ă  venir au Mont du Temple pendant les fĂŞtes de pèlerinage comme le racontent les GuĂ©onim (cf. resp. Tashbetz III, 201) ?
Comment comprendre les propos de nos Sages affirmant qu’une prière proche du lieu du Temple est plus « importante », plus proche de la Porte des Cieux (resp. H’atam Sofer II YD 233; Sidour Yaavetz, p. 11; H’essed LeAvraham du Rav Avraham Azoulay grand-père du H’ida qui parle de s’approcher le plus possible de ce lieu sacrĂ© comme un mĂ©rite)?
Ainsi, je crois que les gens qui montent aujourd’hui, y vont surtout pour y prier. Pour dĂ©fendre leur droit dĂ©mocratique (par ailleurs dĂ©fendu par la loi israĂ©lienne) Ă  prier sur le Mont du Temple.

Bref, vous l’aurez compris, les deux cĂ´tĂ©s ont leurs raisons qui sont bonnes, certes, mais il faut s’en rappeler il s’agit surtout d’un dĂ©bat de halah’a et trancher de manière aussi sèche dans un dĂ©bat complexe, politisĂ© et sur-mĂ©diatisĂ© n’est pas toujours très adroit, mĂŞme si c’est fait « leshem shamaim », au Nom du Ciel ; en plus, cela peut constituer Ă  dire du mal de nos ancĂŞtres, comme le Rambam ou nos Sages qui seraient alors – selon ces propos – coupables de retranchement (!).

1 COMMENTAIRE

  1. Enfin une réponse bien documentée !
    On peut ajouter parmi les Rabbins pour qui monter sur le Mont du Temple est une Mitsva (outre le Rav Zini, Roch Yéchiva du Technion de Haïfa), le Grand Rabbin Shlomo Goren z »l, le Rav Léon Ashkénazi z »l (Manitou) et de nombreux autres. Distribuons des cartes précises des limites à ne pas dépasser et, si nécessaire, construisons un Mikvé près du Kotel.
    S’il est interdit de souiller le plus grand des lieux Saints des Juifs, il faut aussi l’interdire aux musulmans qui, en y jouant au football, en injuriant et en lançant des pierres aux Juifs en prières au Kotel ou lorsqu’ils montent sur le Mont du Temple, en creusant le sol et en jetant toutes les traces de vie juive, souillent ce lieu SacrĂ©.
    Moshé Dayan croyant bien faire a laissé le Waqf agir à sa guise, ce fût une erreur et il nous faut la réparer !
    Nous ne revendiquons pas le droit de nous promener Ă  la Mecque ou Ă  MĂ©dine oĂą vivaient de très nombreux Juifs assassinĂ©s ou expulsĂ©s par leur prophète, alors qu’il nous fichent la paix avec le Mont du Temple qui nous appartient pour l’Ă©ternitĂ© tout comme JĂ©rusalem. Le Mont du Temple n’a jamais Ă©tĂ© sacrĂ© pour les musulmans pendant des centaines d’annĂ©es et jusqu’Ă  ce que, curieusement, nous y soyons de retour depuis 1967 !