La confĂ©rence Ă  Paris se conclue par l’initiative de paix arabe : retrait d’IsraĂ«l du plateau du Golan, JudĂ©e Samarie, et JĂ©rusalem Est

La confĂ©rence internationale tenue Ă  Paris ce vendredi cherchant Ă  relancer le processus de paix israĂ©lo-palestinien a conclu avec un appel en provenance de l’Arabie Saoudite qui demande d’ adopter l’initiative de paix arabe de 2002, ce qui conduirait Ă  la normalisation des relations entre IsraĂ«l et les Etats arabes.

« L’initiative arabe de 2002 est la meilleure proposition pour la rĂ©solution du conflit israĂ©lo-palestinien », a dĂ©clarĂ© Adel al-Jubeir, le ministre des Affaires Ă©trangères de l’Arabie Saoudite, qui est considĂ©rĂ© comme l’un des pays arabes les plus pragmatiques.

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L’initiative de paix arabe, Ă©galement connu sous le nom «initiative saoudienne», a appelĂ© IsraĂ«l en 2002 Ă  se retirer du plateau du Golan, la bande de Gaza, la JudĂ©e, la Samarie et JĂ©rusalem-Est. Il a Ă©galement appelĂ© Ă  un Etat palestinien indĂ©pendant Ă©tabli avec JĂ©rusalem-Est comme capitale et pour une « solution juste pour la question des rĂ©fugiĂ©s ». En retour, tous les Etats arabes normaliseront leurs relations avec IsraĂ«l et dĂ©clareront la fin de leur conflit avec elle.

Plus tĂ´t cette semaine, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dĂ©clarĂ© que l’initiative arabe Ă©tait une option si IsraĂ«l Ă©tait prĂŞt Ă  envisager avec le nouveau ministre de la DĂ©fense Liberman, mais seulement si des modifications sont apportĂ©es.

« Nous sommes prĂŞts Ă  nĂ©gocier avec les pays arabes avec une mise Ă  jour de l’initiative afin qu’elle ne reflète pas les changements dramatiques qui se sont produits dans notre rĂ©gion depuis 2002, tout en maintenant l’objectif convenu de deux Etats pour deux peuples », a dĂ©clarĂ© Netanyahu.

Al-Jubeir a dit que les changements pourraient ĂŞtre apportĂ©s Ă  l’initiative et a appelĂ© IsraĂ«l Ă  dĂ©clarer qu’il accepte l’initiative, ajoutant « J’espère que la sagesse prĂ©vaut en IsraĂ«l. »

« L’initiative de paix arabe a tous les Ă©lĂ©ments pour un règlement final. Elle est sur la table avec une base solide pour la rĂ©solution de ce diffĂ©rend de longue date. « , a-t-il ajoutĂ©.

La confĂ©rence de Paris a Ă©tĂ© suivie par des diplomates partout dans le monde, y compris ministres des Affaires Ă©trangères de l’Union europĂ©enne, le secrĂ©taire d’Etat amĂ©ricain John Kerry, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU Ban Ki-moon, et des reprĂ©sentants des nations arabes.

Le ministre français des Affaires Ă©trangères Jean-Marc Ayrault a dĂ©clarĂ© que l’objectif Ă©tait d’amener les deux parties Ă  la table des nĂ©gociations d’ici la fin de l’annĂ©e 2016.

Le ministre français des Affaires Ă©trangères a appelĂ© Ă  Abbas vendredi soir pour lui donner une mise Ă  jour sur la confĂ©rence. Ayrault, selon l’agence de nouvelles officielles palestiniennes Wafa, a dĂ©clarĂ© Ă  Abbas que l’Ă©missaire français pour le processus de paix arrivera dans la rĂ©gion bientĂ´t pour promouvoir l’initiative française.

Selon le rapport Wafa, Abbas a dit à Ayrault que la direction palestinienne est attachée à la solution à deux Etats et était disposée à coopérer avec la communauté internationale sur la question.

Pendant ce temps, le ministre palestinien des Affaires Ă©trangères Riyad al-Maliki a affirmĂ© que « certains pays ont interfĂ©rĂ© pour assurer le communiquĂ© final de la confĂ©rence de Paris et n’ont pas de positions claires sur le processus de paix, pas mĂŞme un calendrier. »

Il a également critiqué le fait que le communiqué final ne comportait aucune mention de la construction israélienne dans les «colonies» qui, selon lui menace la solution à deux Etats.

Le secrĂ©taire d’Etat amĂ©ricain John Kerry a dĂ©clarĂ© que les parties avaient discutĂ© de la possibilitĂ© de convoquer une confĂ©rence internationale Ă  la fin de cette annĂ©e, mais que les nĂ©gociations directes entre IsraĂ©liens et Palestiniens serait le seul moyen de parvenir Ă  une solution.

Le chef de la politique Ă©trangère de l’Union europĂ©enne, Federica Mogherini, a dĂ©clarĂ© qu’il Ă©tait du devoir des acteurs internationaux et rĂ©gionaux de trouver une percĂ©e depuis les deux cĂ´tĂ©s car ils semblent incapables de le faire seul.

IsraĂ«l, qui est opposĂ© Ă  l’initiative française depuis sa conception, a appelĂ© la confĂ©rence une «occasion manquĂ©e», en faisant valoir qu’au lieu de pousser le prĂ©sident palestinien Mahmoud Abbas Ă  entamer immĂ©diatement des nĂ©gociations directes sans conditions prĂ©alables avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, la communautĂ© internationale a « donnĂ© des moyens à Abbas de se radicaliser, lui permettant d’Ă©viter des nĂ©gociations directes bilatĂ©rales ».

« Les pages de l’histoire marqueront cette confĂ©rence de Paris comme une confĂ©rence qui permet aux Palestiniens de durcir leur position et pousser plus loin la paix », a dĂ©clarĂ© le ministère des Affaires Ă©trangères d’IsraĂ«l, dans un communiquĂ©.

Le nĂ©gociateur en chef palestinien Saeb Erekat, quant Ă  lui, a dĂ©clarĂ© que « la rĂ©union de Paris est une Ă©tape très importante et son message est clair: Si IsraĂ«l est autorisĂ© Ă  poursuivre sa politique de colonisation et de l’apartheid en Palestine occupĂ©e, l’avenir sera plus extrĂ©miste avec l’effusion de sang plutĂ´t que la coexistence et la paix ».

« Ce qui est nĂ©cessaire »,  a-t-il poursuivi, c’«est un vĂ©ritable mĂ©canisme pour mettre fin totalement Ă   l’occupation israĂ©lienne qui a commencĂ© en 1967 et rĂ©soudre toutes les questions de statut final basĂ© sur le droit international ; y compris un calendrier prĂ©cis et limitĂ© pour sa mise en Ĺ“uvre ».

« Nous avons négocié bilatéralement avec Israël, la puissance occupante, depuis plus de deux décennies, mais ils continuent de violer tous les accords que nous avions signés. En fait, le nombre de colons israéliens illégaux en Palestine occupée a augmenté de près de 200.000 à plus de 600.000 au cours des 20 dernières années de négociations bilatérales », a ajouté M. Erekat.

Le prĂ©sident français François Hollande, qui a ouvert la confĂ©rence, a dĂ©clarĂ© que des changements rĂ©gionaux devraient ĂŞtre pris en compte lors de l’examen des conditions pour une rĂ©solution israĂ©lo-palestinienne.

« Les menaces et les priorités ont changé. Les changements rendent encore plus urgent de trouver une solution au conflit, et ce bouleversement régional crée de nouvelles obligations pour la paix ».