Qui a enlevé à ces centaines de mères Juives du Yemen, leurs bébés entre 1948 et 1952 en Israël ?

Plus de 60 ans se sont Ă©coulĂ©s depuis cette affaire grave qui a entaché l’histoire du pays, et qui a laissĂ© des cicatrices profondes parmi des dizaines de familles. Pour la JournĂ©e de sensibilisation de cette affaire des enlèvements des enfants YĂ©mĂ©nites, quatre mères face Ă  la camĂ©ra, expliquent comment leurs enfants ont Ă©tĂ© enlevĂ©s quelques heures après la naissance et la grande crise qui a accompagnĂ© le reste de leur vie dans l’ombre d’un traumatisme grave.

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Dans l’hiver froid de 1949 Selma (Shulamit), nouvelle immigrante en provenance du YĂ©men, a donnĂ© naissance Ă  son fils aĂ®nĂ© sur la route de Ein Shemer avant qu’elle ne puisse atteindre l’hĂ´pital. Une infirmière Ă©tait Ă  proximitĂ© et a entendu les cris du bĂ©bĂ© pendant le travail et l’a aidĂ©, mais a finalement pris le bĂ©bĂ© et a disparu.

Lorsque Selma est arrivĂ©e Ă  l’hĂ´pital, on lui a laissé voir l’enfant et aussi l’allaiter mais quand elle voulu rentrer Ă  la maison avec son fils et lui faire la circoncision, on lui a refusĂ©, affirmant que le bĂ©bĂ© n’Ă©tait pas Ă  elle. «Je leur ai dit que je ne bougeais pas d’ici sans mon enfant, mon enfant d’abord», Selma a tentĂ© de convaincre le personnel de l’hĂ´pital entre l’hĂ©breu et l’arabe, mais rien n’y fit.

Mais quand elle est tombĂ©e enceinte pour la deuxième fois, l’histoire s’est terminĂ©e aussi tragiquement. Après avoir donnĂ© naissance Ă  un petit garçon dans la chambre d’hĂ´pital, le personnel mĂ©dical a pris le bĂ©bé immĂ©diatement. «Je voulais l’allaiter et il ne m’ont pas laissé», dit-elle. «On m’a dit que je ne me sentais pas bien et que je n’avais pas de lait».

Salma a dit qu’elle est restĂ©e Ă  l’hĂ´pital pendant trois jours, exigeant de voir son fils nouveau-nĂ©. Plus de trois mois Ă  compter de la date de naissance, la famille a continuĂ© Ă  appeler l’hĂ´pital pour savoir ce qui est arrivĂ© au bĂ©bĂ©. «Quand nous sommes arrivĂ©s Ă  l’hĂ´pital, on nous a dit qu’il Ă©tait mort», dit Salma. « Ils nous ont dit qu’ils l’ont enterrĂ©, mais ce que nous avons vu dans ce cimetière, ne fut que des pierres et rien d’autre ».

Judith Joseph a donnĂ© naissance Ă  son fils RaphaĂ«l, il y a 70 ans et elle attend toujours qu’un jour il frappe Ă  sa porte. Elle raconte comment elle l’a vu pour la dernière fois Ă  l’hĂ´pital quand elle a entendu sa voix. Elle se souvient que RaphaĂ«l Ă©tait en bonne santĂ© apparente.

Un jour plus tard, elle a Ă©tĂ© informĂ©e par l’hĂ´pital que l’enfant Ă©tait mort. Elle n’a jamais vu de tombe ou de certificat de dĂ©cès comme de nombreuses mères.

Ces tĂ©moignages font partie de 150 autres tĂ©moignages dans cette affaire sombre. L’enlèvement des enfants YĂ©mĂ©nites, reste un sujet archivĂ© et non accessible au public.

L’objectif principal de la documentation est destinĂ© Ă  faire la lumière sur les Ă©lĂ©ments de preuves, jusqu’Ă  prĂ©sent rĂ©duits au silence, afin de reconnaĂ®tre officiellement l’injustice qui a Ă©tĂ© faite contre ces familles.

Aujourd’hui (mardi), l’association a lancĂ© son nouveau site Web, pour la journĂ©e des enfants yĂ©mĂ©nites. Des sites étrangers affirment que ces enfants ont Ă©tĂ© volĂ©s pendant les dĂ©buts de la crĂ©ation d’IsraĂ«l, pour être vendus ou adoptĂ©s aux familles ashkĂ©nazes qui avaient Ă©té dissĂ©minĂ©es dans les camps de la Shoah.

De telles informations n’ont jamais Ă©tĂ© confirmĂ©es par le gouvernement mais aujourd’hui les mĂ©dias israĂ©liens ont voulu rappeler cette affaire afin de retrouver les responsables de ces enlèvements.