A LA MEMOIRE DU SAINT RABBI YESHOUA LALOUM זצ »ל par Rony Akrich

L’homme commencerait son existence en tant que prisonnier dans la matière. Son regard est tourné vers l’extérieur, domaine des ombres qui apparaissent et disparaissent sur le mur en face de lui. Les objets qu’il voit sont des objets fabriqués, issus de la matière, et de ce fait à la fois fragiles, inertes et périssables car dépourvus d’une âme, et donc de permanence. Le but de l’existence de l’homme est de retrouver son intériorité, perdue de vue dans l’obscurité de la caverne. Il devra faire un retour sur lui-même, chemin allégoriquement représenté par la sortie de la caverne et son ascension vers le domaine des idées. Il devra contempler son âme au plus profond de lui-même, domaine représenté par la figure du soleil qui lui permettra de voir le réel tel qu’il est vraiment, et non des bribes de réel enchâssées dans des représentations déformatrices et fallacieuses. Cette dichotomie entre matière et spiritualité se reflète dans notre conception de ce qu’est l’intelligence. En effet nous distinguons entre une intelligence opératrice et mécanique d’un côté et une intelligence intuitive et consciente d’elle-même et de l’autre.

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Nous trouvons une rĂ©ponse particulièrement rĂ©flĂ©chie Ă  ce dilemme: l’objectif de l’homme sur terre est de parfaire l’histoire humaine dans le monde ici-bas, qui est aussi nommĂ© par les Kabbalistes, le monde de l’action. Quant au monde de la VĂ©ritĂ©, celui du spirituel, il existe dĂ©jĂ  dans sa perfection, sans toutefois ĂŞtre accessible. Notre rĂ´le est justement d’imprĂ©gner notre monde terrestre de spiritualitĂ© par le biais de nos agissements, afin de l’amĂ©liorer et l’Ă©lever au-dessus de sa condition matĂ©rielle. Autrement dit: les anges sanctifient le nom divin dans les cieux mais nous, ĂŞtres de chair et de sang, devons le sanctifier sur terre.

Les termes « matière et spiritualité » sont gĂ©nĂ©ralement compris comme antonymiques. Ils s’opposent comme « extĂ©rieur et intĂ©rieur, inanimĂ© et animĂ©, inerte et vivant ». Ainsi la spiritualitĂ© est pensĂ©e comme Ă©tant avec l’homme et en lui depuis l’aube de son apparition, alors que la matière – action est seconde. La spiritualitĂ© serait l’essence de l’homme, manifeste ou cachĂ©e selon le cas, sa dignitĂ© et son but ultime. La matière – action au contraire serait une forme d’aliĂ©nation, une manière pour l’homme de s’égarer dans autre chose que lui, de se perdre de vue et de tomber – chute originelle s’il y en a – dans la matière morte au lieu de se tourner vers la vie qui l’anime, son Dieu, contexte culturel au sein duquel on le somme de retrouver le bon chemin.

La torah vient nous mettre en garde contre toute attitude exclusivement contemplative, car la contemplation doit avoir pour vocation de se rĂ©vĂ©ler dans le monde de l’action, seul univers Ă  notre portĂ©e, dans lequel il nous est possible de procĂ©der Ă  la rĂ©paration des mondes. MĂŞme s’ils comptent parmi les plus Ă©pris de torah, les plus Ă©rudits et les plus Sages, les Ă©tudiants assidus des textes sacrĂ©s doivent faire valoir leur Ă©tude dans le domaine concret: elle ne doit en aucun cas devenir un prĂ©texte pour se dĂ©rober Ă  leurs responsabilitĂ©s face Ă  l’humanitĂ© ou face Ă  Dieu.

SHABAT AGUADOL A BEERSHEVA A LA MEMOIRE DU RAV, CONTACTEZ CLAUDE AU 052 521 65 03