La formule de Donald Trump, prononcĂ©e Ă l’approche de l’expiration du cessez-le-feu conclu avec l’Iran après la guerre des douze jours, ne laisse guère de place Ă l’interprĂ©tation : si aucun accord n’est trouvĂ©, « beaucoup de bombes vont commencer Ă exploser. » Une dĂ©claration d’une brutalitĂ© rhĂ©torique calculĂ©e, qui traduit Ă la fois la dĂ©termination de Washington et la pression considĂ©rable qui pèse sur les nĂ©gociations actuellement menĂ©es Ă Islamabad.
Le prĂ©sident amĂ©ricain a Ă©tĂ© parfaitement explicite sur l’objet de ces pourparlers. InterrogĂ© sur ce qu’il attendait de son Ă©quipe de nĂ©gociation au Pakistan, Trump a rĂ©pondu sans dĂ©tour : « Pas d’arme nuclĂ©aire. Très simple. L’Iran ne doit pas avoir d’arme nuclĂ©aire. C’est la base. » Toute la complexitĂ© gĂ©opolitique de la relation amĂ©ricano-iranienne se rĂ©sume, dans la rhĂ©torique trumpienne, Ă cette ligne rouge unique et non nĂ©gociable.
Jared Kushner dans la salle, Islamabad comme décor
Pour mener cette mission dĂ©licate, Trump a envoyĂ© ce qu’il appelle lui-mĂŞme « son Ă©quipe A » — une dĂ©lĂ©gation conduite notamment par son gendre Jared Kushner, aux cĂ´tĂ©s de Jay D. Vance et Steve Witkoff. Le prĂ©sident a dĂ©fendu le choix de Kushner avec la confiance caractĂ©ristique qui marque ses prises de parole : « Il a fait un excellent travail. »
La question de la participation iranienne aux nĂ©gociations d’Islamabad reste cependant suspendue. InterrogĂ© sur la prĂ©sence effective de TĂ©hĂ©ran Ă ces discussions, Trump a rĂ©pondu avec une dĂ©sinvolture assumĂ©e : « Je ne sais pas. Ils sont censĂ©s ĂŞtre lĂ . Nous avons acceptĂ© d’y ĂŞtre, mĂŞme s’ils disent que non. Si jamais ils ne viennent pas, c’est aussi bien. » Une formulation qui, loin d’exprimer de l’inquiĂ©tude, donne le sentiment que Washington se satisferait Ă©galement d’une absence iranienne — laquelle fournirait une justification supplĂ©mentaire Ă une reprise des opĂ©rations.
Changement de régime en filigrane
Dans un message publiĂ© sur ses rĂ©seaux sociaux, Trump a franchi un autre seuil en Ă©voquant explicitement la perspective d’un changement de rĂ©gime Ă TĂ©hĂ©ran, comparant la situation iranienne Ă celle du Venezuela — deux pays dont il estime que les Ă©lections ont Ă©tĂ© manipulĂ©es. « Si les nouveaux dirigeants de l’Iran sont intelligents — l’Iran peut connaĂ®tre un grand et prospère avenir ! », a-t-il Ă©crit, en insĂ©rant entre parenthèses la mention « changement de rĂ©gime ! » comme si elle allait de soi.
Trump a Ă©galement rĂ©futĂ© les analyses selon lesquelles il aurait Ă©tĂ© poussĂ© Ă entrer en conflit avec l’Iran sous pression israĂ©lienne. Il a prĂ©sentĂ© son engagement comme la consĂ©quence logique de sa position de longue date sur le dossier nuclĂ©aire et des suites du 7 octobre, insistant sur le fait que la dĂ©cision lui appartient entièrement.
Le compte Ă rebours avant l’expiration du cessez-le-feu met ainsi l’Iran face Ă une Ă©quation d’une sĂ©cheresse inĂ©dite : accepter de renoncer dĂ©finitivement Ă tout programme nuclĂ©aire militaire, ou voir reprendre les frappes dans des conditions oĂą Washington a dĂ©jĂ dĂ©montrĂ© sa volontĂ© de frapper directement le territoire iranien.
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Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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