Le Rav Yanouka : « J’ai été contraint de renoncer aux droits de ma synagogue »

Le Rav Shlomo Bari, figure spirituelle connue sous le surnom de « Yanouka », a déposé une requête auprès du tribunal de district de Lod dans laquelle il accuse la municipalité de Rishon Lezion de l’avoir extorqué lors d’une opération qu’il qualifie lui-même, dans les termes de sa requête, d’ »opération contre des organisations criminelles ». Une formule qui dit tout du niveau de tension entre les deux parties.

Les faits remontent à plusieurs années. En 2009, l’association gérant la synagogue du Rav Bari avait loué un terrain municipal pour une durée de 25 ans, sur lequel le bâtiment a été construit et exploité depuis lors. En 2023, un arrêté de démolition a été émis contre une extension d’environ 60 mètres carrés servant de bureau au rabbin. L’association a demandé la régularisation de cette construction, estimant qu’aucun obstacle légal ne s’y opposait — et le conseil municipal lui avait d’ailleurs donné raison en approuvant la régularisation en juin 2025.

Le revirement de 2026 et l’arrivée des 500 policiers

Mais en 2026, la municipalité a fait volte-face. Elle a soudainement affirmé que le contrat de bail de 2009 n’avait jamais été approuvé par le ministre de l’Intérieur — une condition qu’elle estime indispensable à sa validité. 21 des 25 membres du conseil municipal ont voté pour son annulation. L’association conteste cette analyse, faisant valoir que depuis que Rishon Lezion a été déclarée « municipalité solide » en 2014, une telle approbation ministérielle n’est plus requise par la loi. Elle souligne également qu’elle n’a été ni convoquée à la séance, ni entendue.

Quelques heures après ce vote, des représentants de la mairie se sont présentés aux portes de la synagogue — escortés d’environ 500 policiers et soldats de la Garde des frontières déployés autour du bâtiment et du quartier. Ils ont posé un contrat devant le rabbin avec exigence de signature immédiate.

« Vous n’écrirez pas que vous n’avez pas eu de conseil juridique »

C’est là que l’affaire bascule dans ce que les avocats de l’association qualifient de contrainte caractérisée. Dans un enregistrement exclusif obtenu par Israel Hayom, on entend le Rav Bari demander à consulter son avocat avant de signer. La réponse du directeur général adjoint de la mairie, Yair Kokhav, et de l’avocat municipal Arié Noah, est sans équivoque : « Ce n’est pas une question juridique, c’est une question de gestion. » Lorsque le rabbin a demandé à mentionner dans le contrat lui-même qu’il n’avait pas eu accès à un conseil juridique, le représentant municipal a répondu : « Vous n’écrirez pas que vous n’avez pas eu de conseil juridique. »

Le Rav Bari a finalement signé — mais en apposant les initiales hébraïques ת »ל, abréviation de takhath la’khats : « sous pression ».

Le contrat qu’il a paraphé était lourd de conséquences : abandon total des droits de bail de l’association, transformation en simple « occupant à titre précaire » expulsable à tout moment et sans indemnisation, fourniture d’une garantie bancaire de 300 000 shekels, amende de 100 000 shekels par infraction, et interdiction de tenir des cours, de donner des bénédictions ou de recevoir du public dans les locaux.

L’association a depuis notifié à la mairie l’annulation de cet accord pour cause de contrainte et a déposé une requête auprès du tribunal de district.

La mairie dément et contreattaque

La municipalité de Rishon Lezion rejette fermement les accusations. Dans un communiqué, elle affirme que l’enregistrement a été « monté de manière tendancieuse » et que l’avocate du rabbin était présente « tout au long de la réunion », accompagnée d’un second avocat en ligne téléphonique. La mairie maintient que l’arrêté de démolition est toujours en vigueur et invite le rabbin à « régulariser ses infractions à la construction selon la loi, plutôt que d’essayer de les blanchir par des relations publiques et une déformation de la réalité. » Elle conclut en assurant faire confiance au système judiciaire pour « clarifier toute la vérité. »

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