Le bureau du procureur du district sud a dĂ©posĂ© hier (mercredi) un acte d’accusation contre un habitant de 37 ans de la tribu bĂ©douine Azazma dans le NĂ©guev, pour l’enlèvement et l’agression de sa sĹ“ur. Selon l’accusation, il l’a kidnappĂ©e, battue et lĂ©gèrement blessĂ©e – après avoir dĂ©couvert qu’elle Ă©tait en possession d’un tĂ©lĂ©phone portable.
Un acte d’accusation a Ă©tĂ© soumis au tribunal de district de Be’er Sheva, après que la famille a tentĂ© de cacher l’attaque grave et affirmĂ© qu’il s’agissait d’un accident de voiture. Selon l’acte d’accusation, l’accusĂ© a dĂ©couvert que sa sĹ“ur de 16 ans avait un tĂ©lĂ©phone portable et qu’elle parlait Ă son partenaire, il Ă©tait en colère Ă ce sujet et l’a donc agressĂ©e. L’accusĂ© a un riche casier judiciaire qui comprend des condamnations pour crimes contre les biens, violence, drogue et crimes d’armes.
L’acte d’accusation dĂ©crit une violence choquante. Après avoir dĂ©couvert le tĂ©lĂ©phone portable de sa sĹ“ur lors d’une visite au domicile de ses parents, il a commencĂ© Ă la frapper avec ses poings et des gifles, et lui a tirĂ© les cheveux. Une autre soeur a essayĂ© de le calmer mais il l’a Ă©galement frappĂ©e. Puis, selon l’acte d’accusation, il a pris un couteau et a tentĂ© de poignarder sa sĹ“ur jusqu’Ă ce que le couteau se brise, menaçant « Je vais te tuer ».
Selon l’acte d’accusation, le père a fait sortir le frère de la maison, mais il est revenu peu de temps après avec un pistolet . Il a commencĂ© Ă frapper sa sĹ“ur Ă la tĂŞte avec le pistolet encore et encore jusqu’Ă ce qu’elle tombe et ne puisse plus se relever. Il l’a ensuite ramassĂ©e, l’a mise dans un SUV, et chaque fois qu’elle a essayĂ© de lever la tĂŞte – l’a frappĂ©e avec le pistolet. Il l’a conduite dans une zone dĂ©gagĂ©e, oĂą il l’a emmenĂ©e dans la zone et a menacĂ© de la tuer. Il a exigĂ© de savoir Ă qui elle parlait au tĂ©lĂ©phone portable, et elle a rĂ©pondu qu’elle parlait Ă son partenaire et qu’ils voulaient se fiancer.
Ă€ un moment donnĂ©, la victime a perdu connaissance Ă la suite des coups et après environ quatre heures, l’accusĂ© a ramenĂ© sa sĹ“ur Ă la maison meurtrie et saignante. La nuit, sa mère et deux de ses frères l’ont emmenĂ©e dans une clinique privĂ©e Ă Wadi Noam, oĂą un mĂ©decin local lui a administrĂ© un premier traitement mĂ©dical vital et ordonnĂ© une unitĂ© de soins intensifs du MDA.
L’incident a Ă©tĂ© acceptĂ© par le MDA comme un accident de voiture, et la femme a Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©e dans un Ă©tat modĂ©rĂ© vers l’hĂ´pital Soroka Ă Beer Sheva, avec des ecchymoses sur tout le corps et la tĂŞte bandĂ©e. La famille de la jeune fille a dit aux ambulanciers qui l’ont soignĂ©e qu’elle est tombĂ©e d’un VTT, mais ils ont soupçonnĂ© qu’il s’agissait d’un incident violent. Elle a Ă©tĂ© hospitalisĂ©e pendant trois jours Ă l’hĂ´pital.
L’acte d’accusation accuse le frère d’enlèvement, de blessures malveillantes aggravĂ©es, de voies de fait causant des lĂ©sions corporelles rĂ©elles, de port d’arme et de menaces. MalgrĂ© ses dĂ©clarations selon lesquelles il la tuerait et les graves blessures sur son corps, il n’a pas Ă©tĂ© accusĂ© de tentative de meurtre. Les policiers de Segev Shalom l’ont arrĂŞtĂ© et ont recueilli les tĂ©moignages de la jeune fille et de ses sĹ“urs, qui ont dĂ©clarĂ© que le frère l’avait agressĂ©e. De plus, ils ont saisi une chemise qu’ils ont essayĂ© de brĂ»ler avec une tache de sang dessus. Lors de son interrogatoire, l’accusĂ© a niĂ© ce qui lui Ă©tait attribuĂ©.
Dans la demande de dĂ©tention jusqu’Ă la fin de la procĂ©dure, le parquet a dĂ©clarĂ© qu’il avait battu sa sĹ“ur jusqu’Ă ce qu’elle perde connaissance et ait mĂŞme tentĂ© de la poignarder avec un couteau, « et cela Ă©tait uniquement dĂ» au fait qu’elle utilisait un tĂ©lĂ©phone portable tĂ©lĂ©phone lorsqu’elle n’Ă©tait pas mariĂ©e.
Concernant la sĂ©vĂ©ritĂ© particulière qui s’applique aux actes qui sont commis dans le contexte de «l’honneur de la famille», la Cour suprĂŞme dĂ©clarĂ© Ă plusieurs reprises dans le passĂ©: coutumes violentes telles que la vengeance du sang, le meurtre «sur les motifs de l’honneur familial » et autres, sortent du « terrain » multiculturel.
« Il n’y a aucun moyen d’accepter une coutume culturelle qui prend un chemin d’extrĂŞme violence. Nous devons mener une guerre d’usure contre de telles coutumes violentes. Nous sommes obligĂ©s de maintenir des normes de base, d’abord et avant tout le caractère sacrĂ© de la vie et l’intĂ©gritĂ© de la coutume culturelle qui viole ces valeurs fondamentales n’est pas acceptable dans une sociĂ©tĂ© libĂ©rale multiculturelle ».