Elle est bannie. Ses bureaux ont été fermés de force. Son équipement a été confisqué. Et pourtant, dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 mars 2026, la chaîne qatarie Al-Jazeera était là — en direct, depuis les lieux mêmes où un missile iranien venait de tuer deux personnes âgées à Ramat Gan. Puis depuis des zones de rassemblement de forces de Tsahal. Une image qui a mis le feu aux poudres en Israël.
La chaîne arabe Al-Jazeera, dont l’activité est interdite en Israël, a diffusé en direct depuis le site de l’impact fatal à Ramat Gan, puis depuis des zones de regroupement de l’armée israélienne, incluant des soldats et des véhicules blindés. srugim Pour beaucoup d’Israéliens qui ont vu ces images, la question s’est imposée d’elle-même : comment une chaîne officiellement fermée et dont le matériel a été saisi peut-elle encore opérer en temps réel sur le territoire israélien ?
Un vide juridique exploité
La réaction ne s’est pas fait attendre. Moshe Rubin, directeur général du Forum Kohelet, a alerté publiquement que la chaîne diffusait en direct les zones de concentration de Tsahal, y compris des combattants et des véhicules blindés, soulignant que la nature d’un tel flux en direct permet de localiser relativement facilement les caméras et d’identifier ceux qui viennent les opérer. srugim Une observation qui touche directement à la sécurité opérationnelle des forces israéliennes.
Le ministre des Communications Shlomo Karhi a tenté d’expliquer la situation sans masquer ses limites. Il a rappelé qu’Al-Jazeera ne dispose plus de correspondants accrédités en Israël, que ses bureaux ont été fermés, ses sites internet bloqués et son équipement confisqué, et que la chaîne a également été retirée des plateformes de diffusion en direct sur YouTube. Mais il a reconnu qu’il reste à la chaîne deux voies d’accès : recevoir des images de citoyens qui coopèrent avec elle, ou reprendre des flux diffusés par d’autres chaînes qui couvrent les mêmes événements. srugim
En d’autres termes : l’interdiction formelle existe, mais elle ne ferme pas complètement le robinet. Le contenu circule par des canaux détournés — smartphones de civils, agrégation de flux tiers — que la loi actuelle peine à bloquer en temps réel.
La guerre de l’image dans la guerre des missiles
Ce qui rend l’incident particulièrement grave, c’est son contexte immédiat. La nuit précédente, des missiles iraniens avaient frappé Ramat Gan, tuant un couple de personnes âgées. Le pays était sous le choc. Et c’est précisément dans cette fenêtre émotionnelle et sécuritaire critique qu’Al-Jazeera a diffusé ces images — depuis la scène du drame, puis depuis des zones militaires sensibles.
Selon le ministre Karhi, lorsqu’un signalement parvient aux autorités en temps réel, la police intervient pour localiser la source de la diffusion et la stopper. srugim Mais dans une guerre où chaque seconde compte, une réponse réactive reste structurellement insuffisante face à une chaîne qui maîtrise les outils du direct. La vitesse de diffusion dépasse celle de l’intervention.
La question posée par cet épisode dépasse Al-Jazeera. Elle touche à la capacité d’Israël à contrôler l’image de sa guerre dans un environnement médiatique où les frontières physiques entre « interdit » et « accessible » se dissolvent dans la connectivité numérique. Fermer des bureaux ne ferme pas des flux. Confisquer des caméras ne supprime pas des téléphones. Et tant que cette asymétrie persiste, la guerre de l’information continuera à se jouer en marge des interdictions officielles.
Source : Srugim, 18 mars 2026
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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