Amit Segal met en garde : « Cela pourrait être le plus difficile de tous »

La tension entre Washington et Jérusalem a atteint dimanche soir un niveau rarement vu entre les deux alliés. Après les frappes israéliennes au Liban, le président américain Donald Trump a explosé dans une interview accordée à Fox News. La scène était sans précédent : le locataire de la Maison-Blanche décrivant sa conversation téléphonique avec le Premier ministre israélien par ces mots : « J’ai dit à Netanyahu : mais qu’est-ce que tu fous ?! »

Le commentateur politique Amit Segal, de la chaîne 12, a réagi sans détour à ce face-à-face tendu. Sa lecture est sombre — et elle mérite d’être prise au sérieux.

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Le défi le plus grand jamais posé par un président américain

Segal a d’abord planté le décor de la crise en cours : « Depuis un an, nous vivions avec la conviction que Trump viendrait aider Netanyahu avant les frappes et qu’il recommanderait de voter pour Netanyahu. » Une forme de filet de sécurité politique, implicite mais réel, qui faisait de Trump un allié quasi inconditionnel du Premier ministre israélien.

La deuxième couche de cette solidarité était la demande de grâce présidentielle américaine, dans le cadre du procès de Netanyahu — une démarche dans laquelle Trump s’était engagé avec une « mobilisation totale » en faveur du Premier ministre, selon les termes de Segal.

Et c’est précisément là que réside le basculement. « Maintenant, cela change, et Trump lui pose le défi le plus grand qu’il ait jamais eu face à un président américain. » La formulation est forte et délibérée. Non pas un défi parmi d’autres — le plus grand.

Pour Segal, ce renversement n’est pas une parenthèse passagère. C’est une recomposition structurelle de la relation entre les deux dirigeants, qui intervient au pire moment : alors que les négociations américano-iraniennes sur le nucléaire sont à leur point le plus délicat, et que chaque frappe israélienne est susceptible de faire capoter un accord que Trump cherche à présenter comme le triomphe de sa présidence.

Une ligne rouge que Segal refuse de franchir

Le commentateur ne s’est pas contenté d’analyser — il a pris position, clairement et sans ambiguïté. « Il est évident qu’Israël ne doit pas accepter d’arrêter les frappes au Liban, car si nous le faisons, le Hezbollah se renforcera. »

Cette affirmation s’inscrit dans une logique stratégique que Segal développe depuis des mois : toute cessation des opérations contre le Hezbollah, dans le contexte actuel, se traduirait par une reconstitution des capacités de l’organisation terroriste le long de la frontière nord. Une réalité que les officiers de Tsahal connaissent, et que les pressions diplomatiques ne peuvent pas effacer.

La conclusion de Segal est sans appel : « Nous ne devons pas accepter l’équation iranienne, même au prix d’une confrontation dure avec le président des États-Unis. »

C’est une prise de position rare dans le paysage médiatique israélien, où la relation avec Washington est généralement traitée avec une prudence maximale. Segal dit ici l’inverse de ce que dicte le réflexe habituel : il affirme qu’il existe des lignes qu’Israël ne peut pas franchir, même sous la pression de son allié le plus puissant.

La question de fond que pose cet avertissement est celle-ci : jusqu’où Netanyahu peut-il résister à Trump sans mettre en péril l’ensemble de la relation stratégique entre les deux pays — et jusqu’où peut-il céder sans mettre en péril la sécurité d’Israël ?

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