Antisémitisme en Californie : deux Israéliens tabassés sauvagement pour avoir parlé hébreu

Parler hébreu dans un centre commercial de San José. C’est la seule provocation qu’ont exercée Lior Zaavi, 47 ans, et Daniel Lévy, 48 ans, ce dimanche devant le restaurant Augustin. La suite, filmée par des passants sous le soleil de Californie, est une scène de violence brute qui a secoué la communauté juive américaine bien au-delà de la Baie de San Francisco.

Trois jeunes hommes se sont approchés du duo pendant qu’ils attendaient leur table et conversaient tranquillement en hébreu. L’accrochage verbal a duré peu. En quelques secondes, les coups ont commencé à pleuvoir. Les images, diffusées sur les réseaux sociaux et relayées par le JCRC Bay Area, montrent les deux victimes à terre, frappées à coups de poing et de pied, pendant que des témoins regardent, figés, sans intervenir immédiatement. L’un des agresseurs aurait lancé à Lior Zaavi : « Fucking Jew » — un cri de haine qui a cristallisé le caractère antisémite présumé de l’attaque. Daniel Lévy, lui, a perdu connaissance après avoir reçu un direct à la tête. Les blessures des deux hommes ont été qualifiées de légères, mais les séquelles psychologiques, elles, risquent de durer bien plus longtemps.

Contacté par le journal juif J. de Californie du Nord, Zaavi a raconté : « Quand je me suis retourné pour voir à qui il parlait, il était déjà trop tard. Ils ont commencé à frapper, et c’était brutal. » Lévy a ajouté sobrement : « J’ai perdu connaissance un court instant après un coup à la tête. » Leur priorité ? Que les agresseurs soient arrêtés. À l’heure où ces lignes sont écrites, la police de San José n’a procédé à aucune arrestation. L’enquête est en cours, et l’incident est classifié comme crime de haine potentiel.

Ce qui s’est passé devant le restaurant Augustin ce dimanche ne surgit pas du néant. Il s’inscrit dans une spirale documentée, dont les contours deviennent chaque année plus alarmants. L’antisémitisme est devenu un enjeu central de la course au gouverneur de Californie en 2026, au point que lors d’un forum récent au Centre Skirball de Los Angeles, cinq candidats principaux se sont affrontés sur leur capacité à défendre la sécurité des Juifs de l’État. Ce débat n’est pas rhétorique : il reflète une réalité tangible sur le terrain. Des groupes juifs ont récemment poursuivi l’État de Californie, son ministère de l’Éducation et plusieurs districts scolaires, alléguant que les autorités avaient permis au harcèlement antisémite de s’envenimer dans les écoles. Parmi les incidents recensés, un élève a été poursuivi par des camarades lui criant « On veut que tu meures » — après l’avoir simplement entendu parler hébreu. Le parallèle avec l’agression de San José est saisissant : parler hébreu, en 2026, peut suffire à déclencher une attaque.

L’organisation Combat Antisemitism Movement (CAM) a immédiatement partagé les vidéos et condamné l’incident, soulignant que ce type d’acte illustre la montée des violences antisémites depuis octobre 2023. Des organisations de surveillance comme l’ADL ont également alerté que des influenceurs connus pour leurs propos antisémites ou antisionistes exploitent les tensions géopolitiques actuelles pour relancer d’anciennes théories du complot ciblant les Juifs. Dans ce climat, l’hébreu est devenu un marqueur d’identité suffisant pour déclencher la haine.

La Californie n’est pas une exception isolée, mais bien le symbole d’un phénomène national. La Californie figure parmi les États américains enregistrant le plus grand nombre d’actes antisémites, derrière New York, selon les données de l’ADL, qui recense harcèlement, vandalisme et agressions physiques comme les trois catégories principales d’incidents. Depuis le 7 octobre 2023, ces chiffres ont explosé partout aux États-Unis, et la Bay Area — pourtant présentée comme l’un des bastions progressistes du pays — n’y échappe pas.

Ce qui frappe dans cette affaire, c’est aussi ce que les images révèlent sur l’environnement social : des témoins qui regardent, qui ne bougent pas. Une société qui assiste. Tyler Gregory, directeur général du JCRC Bay Area, a récemment averti que la communauté juive ne surmontera pas les vents contraires auxquels elle est confrontée si elle les affronte divisée ou seule. Lior Zaavi et Daniel Lévy, eux, ont appris cette leçon à leurs dépens, le visage tuméfié sur le pavé d’un centre commercial de San José.

Source principale : Walla News | Sources complémentaires : La Lettre Sépharade | Times of Israël FR


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