Au milieu du chaos qui secoue le rĂ©gime iranien depuis le dĂ©clenchement de l’opĂ©ration israĂ©lienne « Rugissement du Lion », une voix inattendue s’est Ă©levĂ©e depuis TĂ©hĂ©ran pour tenter de calmer les rumeurs. Youssef Pezeshkian, fils du prĂ©sident iranien Massoud Pezeshkian, a publiquement pris la parole pour dĂ©mentir les informations circulant sur l’Ă©tat de santĂ© de Mojtaba Khamenei, fils du Guide SuprĂŞme Ali Khamenei — dĂ©cĂ©dĂ© lors des frappes israĂ©liennes. Selon lui, des amis en contact direct avec Mojtaba lui auraient confirmĂ© que celui-ci « est sain et sauf, et qu’il n’y a aucun problème ». Il a prĂ©cisĂ© : « J’ai entendu des nouvelles selon lesquelles Mojtaba Khamenei avait Ă©tĂ© blessĂ©. J’ai interrogĂ© des amis qui Ă©taient en contact avec lui. Ils m’ont dit que, grâce Ă Dieu, il est en sĂ©curitĂ© et qu’il n’y a aucun problème. »
Cette prise de parole publique intervient dans un contexte de grande confusion au sommet de l’État iranien. Depuis la mort d’Ali Khamenei dans les frappes israĂ©liennes, la question de la succession au poste de Guide SuprĂŞme est devenue la ligne de fracture centrale du rĂ©gime, et Mojtaba — longtemps prĂ©sentĂ© comme le dauphin potentiel de son père au sein des cercles conservateurs du rĂ©gime — reprĂ©sente un enjeu stratĂ©gique majeur pour l’avenir de la RĂ©publique islamique. Sa disparition ou sa mise hors de combat constituerait un coup dĂ©vastateur pour la cohĂ©sion interne du système des mollahs, Ă un moment prĂ©cis oĂą il doit simultanĂ©ment faire face Ă une pression militaire sans prĂ©cĂ©dent et gĂ©rer l’Ă©croulement partiel de ses structures de commandement.
Le fait que le fils du prĂ©sident iranien ait jugĂ© nĂ©cessaire de s’exprimer personnellement et publiquement sur la question rĂ©vèle l’ampleur de l’incertitude qui règne dans les cercles du pouvoir Ă TĂ©hĂ©ran. Dans les rĂ©gimes autoritaires, les dĂ©mentis officiels ont souvent l’effet inverse de celui escomptĂ© : ils amplifient les doutes plutĂ´t qu’ils ne les dissipent, prĂ©cisĂ©ment parce qu’ils signalent que les rumeurs ont atteint un niveau de circulation suffisant pour nĂ©cessiter une rĂ©ponse au plus haut niveau. Le fait que cette rĂ©ponse vienne non pas d’un porte-parole officiel du rĂ©gime, mais du fils du prĂ©sident — une figure certes importante mais pas institutionnellement en charge des communications de crise — suggère une improvisation rĂ©vĂ©latrice de l’Ă©tat de dĂ©sorganisation du rĂ©gime.
IsraĂ«l, de son cĂ´tĂ©, n’a ni confirmĂ© ni infirmĂ© avoir visĂ© Mojtaba Khamenei dans ses rĂ©centes opĂ©rations en territoire iranien. Cette politique d’ambiguĂŻtĂ© calculĂ©e est cohĂ©rente avec la doctrine opĂ©rationnelle israĂ©lienne qui Ă©vite de commenter publiquement ses cibles prĂ©cises, tout en laissant planer le doute sur l’Ă©tendue de ses capacitĂ©s de renseignement et de frappe. Pour l’Ă©tat-major israĂ©lien, la confusion qui règne Ă TĂ©hĂ©ran sur le sort de la succession est en elle-mĂŞme un atout stratĂ©gique : un rĂ©gime qui consacre de l’Ă©nergie Ă gĂ©rer des rumeurs internes et Ă rassurer ses propres cercles dirigeants est un rĂ©gime moins concentrĂ© sur la conduite de la guerre. La guerre de l’information accompagne et amplifie dĂ©sormais la guerre rĂ©elle, et les deux théâtres d’opĂ©rations sont indissociables dans ce conflit d’un genre nouveau.
Source : Maariv
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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