Après les critiques, Bennett revient Ă  la politique bibiste sur l’Iran

L’un des messages clĂ©s du Premier ministre Naftali Bennett lors de sa première rencontre avec le prĂ©sident Joe Biden Ă  la Maison Blanche fin aoĂ»t Ă©tait qu’il n’avait pas l’intention de faire campagne publiquement contre un retour des États-Unis Ă  l’accord nuclĂ©aire avec l’Iran, contrairement Ă  son prĂ©dĂ©cesseur Benjamin Netanyahu, et qu’il se concentrerait sur un dialogue intime et silencieux avec l’administration.

Cette promesse Ă  Biden n’a durĂ© que trois mois. Au cours des deux dernières semaines, il semble que Bennett revienne lentement au mĂŞme système de travail qui caractĂ©risait Netanyahu vis-Ă -vis de l’administration Obama. Cela a commencĂ© la semaine dernière lorsque Bennett et ses conseillers ont informĂ© les journalistes contre l’envoyĂ© amĂ©ricain sur la question de l’Iran Rob Mali avant sa visite en IsraĂ«l.

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Bennett a mĂŞme demandĂ© au ministre des Affaires Ă©trangères Yair Lapid de ne pas rencontrer l’envoyĂ© amĂ©ricain. Une source israĂ©lienne proche des dĂ©tails a dĂ©clarĂ© que Lapid avait rejetĂ© la demande et a dĂ©clarĂ© Ă  Bennett qu’il ne s’inquiĂ©tait pas des critiques qui lui seraient adressĂ©es par l’opposition. « Pendant deux ans, j’ai travaillĂ© pour faire sortir Netanyahu du bureau du Premier ministre et le remplacer. Je n’ai pas l’intention maintenant de m’abstenir de faire des choses de peur qu’il ne me critique », a dĂ©clarĂ© Lapid Ă  Bennett.

Hier (mardi), Bennett a poursuivi dans le mĂŞme sens lorsqu’il a dĂ©clarĂ© dans un discours public qu’Ă  la lumière de la reprise des pourparlers nuclĂ©aires avec l’Iran, il pourrait y avoir un diffĂ©rend avec les États-Unis et d’autres alliĂ©s d’IsraĂ«l. Il a dĂ©clarĂ© que s’il y avait un retour Ă  l’accord, IsraĂ«l ne s’y engagerait pas et maintiendrait sa libertĂ© d’action.

Il s’agissait d’une menace implicite qu’IsraĂ«l pourrait attaquer les installations nuclĂ©aires de l’Iran mĂŞme après le renouvellement de l’accord nuclĂ©aire. Il est difficile de voir un tel scĂ©nario se concrĂ©tiser malgrĂ© les menaces que Bennett propage. Le fait que Benjamin Netanyahu n’ait pas ordonnĂ© d’attaque militaire contre l’Iran après la signature de l’accord nuclĂ©aire en 2015 n’Ă©tait pas dĂ» au laxisme ou Ă  l’endormissement, comme Bennett l’a soutenu dans son discours, mais parce qu’il comprenait qu’une telle dĂ©cision isolerait IsraĂ«l, et servirait les intĂ©rĂŞts iraniens.

On ne sait pas ce qui pousse Bennett Ă  changer une politique qu’il a dĂ©cidĂ©e il y a seulement cent jours. Les responsables de Biden directement impliquĂ©s dans les nĂ©gociations avec l’Iran ont dĂ©clarĂ© qu’ils Ă©taient très sceptiques quant Ă  l’amorce des pourparlers Ă  Vienne le 29 novembre.

Un haut responsable israĂ©lien a dĂ©clarĂ© que les remarques de Bennett dĂ©coulaient de la crainte d’IsraĂ«l qu’en raison de la difficultĂ© de revenir Ă  l’accord nuclĂ©aire de 2015, les États-Unis rechercheraient un accord intĂ©rimaire avec les Iraniens, comme l’a rapportĂ© Walla ! la semaine dernière. « Ce n’est vraiment pas comme Bibi », a dĂ©clarĂ© le haut responsable israĂ©lien. Et dans tous les cas, nous ne couperons pas le contact avec les AmĂ©ricains. Si nĂ©cessaire, nous nous assoirons dans la salle et discuterons. »

La conduite de Bennett est accueillie Ă  Washington en haussant un sourcil. Les responsables amĂ©ricains ont identifiĂ© un dĂ©calage entre le style des remarques publiques du Premier ministre et le style des messages qu’ils entendent lors des entretiens Ă  huis clos avec le conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© nationale Eyal Hulta.

Dans son discours de mardi, Bennett a vivement critiquĂ© l’hĂ©ritage que Netanyahu lui a laissĂ© sur la question iranienne. La gestion par Netanyahu de la question nuclĂ©aire iranienne pendant le mandat d’Obama a rendu IsraĂ«l autonome sans ĂŞtre affectĂ© par la politique amĂ©ricaine sur la question iranienne. La conduite de Bennett au cours des deux dernières semaines pourrait amener IsraĂ«l dans la mĂŞme situation pendant le mandat de Biden.