Ils avaient un nom. Ils avaient une vie. Ils avaient un appartement dans un immeuble de Ramat Gan, construit à la fin des années 90, dans un quartier tranquille de la banlieue de Tel-Aviv. Aron et Ilana Moshe z »l — que leurs mémoires soient en bénédiction — sont les deux civils israéliens tués dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 mars 2026, lorsqu’un missile iranien a frappé directement leur immeuble.
Ils étaient en chemin vers l’abri. Ils n’ont pas eu le temps.
« J’ai crié : ‘il y a quelqu’un ?’ »
Chen Amir, qui vivait dans le voisinage immédiat du couple, a décrit les instants qui ont suivi l’impact dans une interview à la radio 103FM. L’alerte était arrivée. Lui et sa femme étaient descendus dans leur abri sécurisé avant même que la sirène ne retentisse. « C’était bref — une demi-minute après le début de l’alerte, le missile est tombé », a-t-il raconté.
Les premières secondes après l’explosion : le courant a vacillé, puis il a entendu des vitres éclater. En sortant, il a découvert une fumée dense et une odeur âcre. La porte d’entrée et tout le salon étaient soufflés et retournés.
Ce qui suit est l’un des témoignages les plus poignants de cette guerre — celui d’un homme qui, dans le chaos de l’explosion, a essayé de retrouver ses voisins. « J’ai vu la porte des voisins arrachée. J’ai compris que le missile était tombé chez eux. Il faisait noir chez eux, chez nous il y avait encore de la lumière. Je suis entré, j’ai crié : ‘il y a quelqu’un ? il y a quelqu’un ?’ Il y avait une odeur âcre et de la fumée, j’avais peur qu’il y ait des matières dangereuses. Je suis sorti parce que je n’entendais pas de réponse — je me suis dit qu’ils n’étaient peut-être pas chez eux. »
Ils étaient chez eux. Ils ne répondaient plus.
L’abri qui sauve — et la seconde qui tue
L’immeuble, construit à la fin des années 90 et équipé d’abris sécurisés dans chaque appartement, a subi des dégâts importants principalement dans les deux logements concernés. Pour les autres résidents, les dommages étaient limités. Chen Amir a tenu à transmettre un message sans équivoque : « Je veux dire aux gens de respecter les consignes, parce que ça sauve vraiment des vies. Ça m’a sauvé. Si on avait hésité encore une ou deux secondes à entrer dans l’abri — parce que parfois tu entends l’alerte et tu te dis qu’il y a encore une minute — c’est faux. Mon message : dès qu’il y a une alerte, entrez dans l’abri. N’attendez pas. Il n’y a pas de règles à ça, vraiment pas de règles. »
Cette dernière phrase résume à elle seule la réalité de la vie civile en Israël depuis le début de cette guerre. Il n’y a pas de règles. Il y a des secondes. Et des secondes qui font la différence entre les vivants et les morts.
Deux noms pour toute une réalité
Aron et Ilana Moshe z »l ne sont pas des chiffres dans un bilan. Ce sont deux personnes qui partageaient un appartement, une vie, et qui cette nuit-là ont été rattrapés par une guerre qu’ils n’ont pas choisie. Leurs noms ont été publiés ce mercredi matin après que les familles ont été informées — la procédure habituelle, dans un pays où annoncer les noms des victimes civiles est devenu, au fil des conflits, un geste de dignité minimale face à la déshumanisation de la guerre.
L’Iran, depuis le 28 février 2026, tire des missiles sur des villes israéliennes. Certains sont interceptés. Certains ne le sont pas. Certains tombent sur des immeubles. Certains frappent des appartements où des personnes âgées essayaient de rejoindre leur abri.
Aron et Ilana Moshe z »l étaient en chemin.
Source : Maariv, 18 mars 2026
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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