Dans une Syrie post-Assad encore instable, oĂą les structures sĂ©curitaires se reconstruisent laborieusement, une tentative d’assassinat ciblant un Juif israĂ©lien a Ă©tĂ© dĂ©jouĂ©e au cĹ“ur mĂŞme de la capitale damascène. Un groupe de suspects a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© par les autoritĂ©s syriennes, soupçonnĂ© d’avoir planifiĂ© l’Ă©limination du rabbin Michael Khouri, figure juive Ă©tablie Ă Damas, et d’avoir dissimulĂ© un engin explosif Ă l’extĂ©rieur de sa rĂ©sidence. Le dispositif a Ă©tĂ© neutralisĂ© avant de causer des dommages ou des victimes.
Selon les informations disponibles, le groupe aurait agi sous commandement du Hezbollah. L’affaire met en lumière la persistance des capacitĂ©s opĂ©rationnelles de l’organisation terroriste libanaise au-delĂ de ses zones de contrĂ´le traditionnelles — et ce malgrĂ© les coups massifs portĂ©s Ă sa structure au cours des deux dernières annĂ©es. Le Hezbollah a perdu plusieurs de ses commandants les plus haut placĂ©s, dont Hassan Nasrallah, dans les frappes israĂ©liennes de 2024 et 2025, et l’organisation est dĂ©crite par les militaires israĂ©liens comme profondĂ©ment affaiblie. Pourtant, ses rĂ©seaux continuent de fonctionner dans des espaces oĂą l’autoritĂ© Ă©tatique reste fragile — dont la Syrie en phase de transition politique.
Ce n’est pas la première fois que l’Iran et ses mandataires cherchent Ă frapper des cibles liĂ©es Ă IsraĂ«l sur des théâtres gĂ©ographiquement Ă©loignĂ©s. En novembre 2025, les Gardiens de la RĂ©volution iraniens avaient planifiĂ© l’assassinat de l’ambassadrice d’IsraĂ«l au Mexique, Einat Karnatz-Naiger. Ce complot avait Ă©tĂ© dĂ©jouĂ© durant l’Ă©tĂ© par les services de renseignement mexicains avant de pouvoir ĂŞtre exĂ©cutĂ©. Dans les deux cas — Damas et Mexico City — la structure de l’opĂ©ration est identique : des cellules locales recrutĂ©es ou activĂ©es Ă distance, une cible choisie pour sa valeur symbolique, et une chaĂ®ne de commandement remontant soit au Hezbollah, soit directement aux Gardiens de la RĂ©volution.
La survie du rabbin Khouri illustre la vulnĂ©rabilitĂ© persistante des rares Juifs qui maintiennent une prĂ©sence Ă Damas, dans un pays oĂą la transition politique est loin d’ĂŞtre achevĂ©e. La Syrie post-Assad est encore un patchwork d’autoritĂ©s, de milices et de zones d’influence concurrentes, oĂą le gouvernement de transition peine Ă exercer un contrĂ´le uniforme sur l’ensemble du territoire national. Pour les minoritĂ©s religieuses et ethniques, y compris la très petite communautĂ© juive historique de Syrie, cette instabilitĂ© se traduit par une exposition directe aux rĂ©seaux armĂ©s non Ă©tatiques qui continuent d’opĂ©rer dans les marges de l’État.
L’arrestation du groupe de suspects constitue un signal encourageant quant Ă la volontĂ© des nouvelles autoritĂ©s syriennes de protĂ©ger les minoritĂ©s et de maintenir l’ordre Ă Damas. Mais l’Ă©vĂ©nement relancera inĂ©vitablement les interrogations sur la capacitĂ© rĂ©elle de ces autoritĂ©s Ă contenir les tentacules d’organisations comme le Hezbollah dans une capitale qu’elles contrĂ´lent encore partiellement. Pour IsraĂ«l, qui suit de très près l’Ă©volution sĂ©curitaire en Syrie depuis la chute d’Assad, l’affaire confirme que les menaces iraniennes ne se sont pas dissipĂ©es avec le cessez-le-feu — elles ont simplement migrĂ© vers d’autres théâtres, d’autres mĂ©thodes, d’autres cibles.
La simultanĂ©itĂ© de cet incident avec les nĂ©gociations amĂ©ricano-iraniennes en cours Ă Islamabad ajoute une dimension supplĂ©mentaire Ă sa lecture gĂ©opolitique. Pendant que les diplomates cherchent un accord sur le nuclĂ©aire et le dĂ©troit d’Ormuz, les bras armĂ©s de TĂ©hĂ©ran continuent d’activer leurs rĂ©seaux de terrorisme international — comme si les deux registres, diplomatie et violence, fonctionnaient en parallèle sans jamais se conditionner l’un l’autre.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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