Tout indique que deux terroristes ont fait exploser deux bombes au milieu de la foule qui s’Ă©tait rassemblĂ©e près de la gare centrale, dans la capitale turque.
Le Premier ministre de la Turquie, Ahmet Davutoglu, a dĂ©clarĂ© qu’«il y a des indications claires » dans ce sens, mais on ne connaĂ®t pas encore qui est l’organisateur de cet attentat.
Le bilan s’Ă©lève Ă Â 95 morts et 246 blessĂ©s dont 48 ​​d’entre-eux en soins intensifs.
Ce sont les chiffres émanant du bureau du Premier ministre qui a publié une liste de 52 morts déjà identifiés.
Des milliers de personnes étaient rassemblées à la gare de la capitale turque, où débutent les manifestations habituelles dans cette ville.
Au milieu des chants, des danses et des blagues, deux puissantes explosions successives ont déclenché la panique parmi la foule qui comptait de nombreux journalistes.
Les explosions Ă©taient tellement fortes qu’elles ont fait exploser les fenĂŞtres Ă©paisses de la construction ferroviaire et,  en quelques secondes, des centaines de personnes ont reçu, sur elles, des morceaux de restes de corps humains.
« C’est la pire tragĂ©die terroriste de l’histoire de la Turquie. Je n’ai jamais vu de ma vie une telle situation. Il y avait des bras, des jambes et des intestins partout. Les gens sont venus pour la paix et ils ont vu la mort », a dĂ©clarĂ© Faruk Bildirici, dans le quotidien HĂĽrriyet.
A propos des deux bombes, l’une a explosĂ© au milieu d’un groupe de personnes sans identification politique et l’autre, Ă proximitĂ© d’un autre groupe agitant des drapeaux et des bannières de la HDP, le parti de la gauche kurde et divers groupes marxistes.
Jusqu’Ă prĂ©sent, personne n’a revendiquĂ© la responsabilitĂ© de l’attaque la plus sanglante dans l’histoire de la Turquie.
Le prĂ©sident islamiste turc Recep Tayyip Erdogan a condamnĂ© l’attaque comme un « attentat odieux sur l’unitĂ© et la coexistence», mais a ajoutĂ© qu’il n’ y a  « aucune distinction entre les actes de terrorisme contre des citoyens innocents, des fonctionnaires, des policiers et des soldats », en rĂ©fĂ©rence aux actions du Kurdistan, le parti illĂ©gal des Travailleurs (PKK).
De mĂŞme, le Premier ministre Davutoglu a parlĂ© d’une « attaque contre l’ensemble de la nation» et a dĂ©crĂ©tĂ© trois jours de deuil officiel dĂ©diĂ©s aux victimes et soldats tuĂ©s dans des attaques du PKK .
Le co-prĂ©sident, Demirtas Slahattin HDP, a cependant accusĂ© directement le gouvernement d’ĂŞtre derrière l’attaque.
Il a soulignĂ© la similitude de l’attentat Ă la bombe lors d’un rassemblement du parti Ă Diyarbakir, deux jours avant les Ă©lections du 7 Juin et le massacre de Suruç, le 20 Juillet.
Au cours de cet attentat, un jeune djihadiste turc probablement formĂ© par l’Etat islamique (AE), a tuĂ© 34 personnes dans une action suicide, lors d’une rĂ©union des militants pro-kurdes de gauche.
Après l’attaque, le PKK a brisĂ© le cessez-le-feu unilatĂ©ral qui avait tenu pendant plus de deux ans.
Mais aujourd’hui, la guĂ©rilla a annoncĂ© qu’elle allait renoncer Ă tout dĂ©placement, jusqu’aux Ă©lections en Turquie, le 1er Novembre, pour ne pas entraver les Ă©lections.
Après l’attaque Ă Ankara, des milliers de personnes ont manifestĂ© dans le centre d’Istanbul contre le gouvernement qui a Ă©tĂ© blâmĂ© pour ce qui est arrivĂ©.
Il y eut aussi des manifestations dans plusieurs villes de Turquie telles Izmir, Diyarbakir et d’autres villes dans le sud-est kurde.
A plusieurs reprises, la police a jeté des gaz lacrymogènes sur les manifestants à Izmir et 66 personnes ont été arrêtées.
L’attaque a ouvert davantage le fossĂ© entre l’AKP, le parti islamiste au pouvoir depuis 2002 et surtout contre Erdogan qui est responsable d’avoir entraĂ®nĂ© la Turquie dans une spirale de violence pour gagner les votes nationalistes.
« Nous tuerons. L’État va nous tuer un par un » se plaint la jeune psychologue de l’hĂ´pital, aucun doute que l’attaque avait Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e en collusion avec les autoritĂ©s.




