Dans une interview accordée à l’émission « Les Patriotes » animée par Yinon Magal, le député du Likoud Boaz Bismuth, président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, a livré samedi soir l’une de ses interventions les plus complètes et les plus tranchantes depuis le début de la guerre. Il y aborde l’Iran, le Liban, les médias et la loi sur la conscription des Haredim — sans précaution de langage et avec la certitude d’un homme qui considère que le moment n’est pas aux nuances.
Sur l’Iran : « Le régime ne sait pas faire autrement que mentir »
Sa conviction sur la reprise des hostilités iraniennes est formulée en termes qui ne laissent pas de place au doute. « Je ne serai pas surpris — au contraire, je suis presque certain que l’Iran va repartir à l’attaque bientôt », a-t-il déclaré à Magal. Il précise que cette évaluation repose sur les renseignements et informations opérationnelles auxquels il a accès en tant que président de la commission Défense : « Ce régime, c’est le même régime. Ils sont champions du mensonge. Ils ne savent pas se comporter autrement. »
L’indicateur qu’il cite est militaire plutôt que diplomatique : « Je vois que les Américains n’ont ramené aucun soldat aux États-Unis — au contraire, ils renforcent leurs forces. » C’est pour lui la preuve que Washington lui-même ne croit pas à la fin du conflit. Sur le bilan intermédiaire, il adopte une métaphore sportive directe : « Si c’était un score de football, ce serait 30 à 1 en notre faveur. » Mais il insiste sur le mot « intermédiaire » — le match n’est pas terminé, et le régime iranien, dit-il, « ne restera pas ».
Sur le Liban : des plans qui « surprendront tout le monde »
Sur le front nord, Bismuth a laissé entendre l’existence de plans militaires de grande ampleur dont les détails restent confidentiels. « Il y a des plans très clairs et très larges », a-t-il déclaré. « Le Premier ministre a parlé de kilomètres et d’actions étendues — c’est bien au-delà de ce que nous imaginons même. Si les habitants du Nord étaient exposés aux plans à venir — aux prochaines étapes — ils les signeraient des deux mains, crois-moi. »
Il a été explicite sur la philosophie qui guide l’action au Liban : « Dans cette campagne, il n’y a plus les équations d’avant. Il y a quelque chose qui s’appelle la décision définitive. Le Hezbollah a blessé l’État libanais, et les Libanais doivent comprendre que ce n’est pas une organisation caritative — c’est une organisation qui leur fait du mal. Nous sommes sur le terrain, et personne ne se presse de rentrer. »
L’attaque contre les médias : « Certains journalistes pourraient travailler pour l’agence iranienne IRNA »
Bismuth n’a pas épargné les médias israéliens, s’en prenant avec virulence aux journalistes et commentateurs qui expriment un pessimisme sur les résultats de la guerre. « Il y a du délire dans les chaînes de l’intoxication », a-t-il lancé. « Ils ne sont plus dans l’opposition au gouvernement — ils sont dans l’opposition à l’État. Quand je lis parfois des articles dans la presse israélienne, j’ai l’impression que certains journalistes pourraient être embauchés par l’agence de presse iranienne IRNA. C’est simplement fou comme on joue dans les mains de l’ennemi. »
Sur la formule de Netanyahou selon laquelle Israël est « à un pas de la victoire totale », il a défendu la perspective historique de son chef : « Quand tu es un dirigeant, tu regardes les choses dans une perspective historique. Dans une vision historique, quelques mois de plus, c’est vraiment « court ». Les citoyens sont prêts à donner ce temps à une seule condition — qu’on leur apporte la victoire. »
La loi sur la conscription : 23 000 soldats haredim en trois ans
Pour conclure, Bismuth a réaffirmé sa détermination à faire avancer la loi sur la conscription des Haredim, qu’il pilote personnellement depuis la commission Défense. « La loi est dans mon tiroir, elle est prête et je l’ouvre chaque matin en souriant », a-t-il déclaré. Les chiffres qu’il a présentés sont précis : 1 500 recrues la première année, 7 500 au bout d’un an et demi, et 23 000 soldats haredim — soit 60 bataillons — à l’horizon de trois ans. « C’est de l’histoire ! »
Il a tenu à préciser sa ligne philosophique sur le sujet : « Ceux qui étudient la Torah continueront à étudier la Torah, et j’ai pour eux un respect immense. Mais ceux qui n’étudient pas iront dans Tsahal. La Torah m’a amené ici, et l’armée me protège. » Sa conclusion est à la fois programmatique et provocatrice : « Dans dix ans, il n’y aura rien de plus courant qu’un Haredi dans Tsahal. Nous sommes en train de changer l’ordre du monde. »
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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