BONTE DIVINE – Par Rony Akrich

 

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La Bible est un livre ardu, mais c’est un miroir de l’âme humaine, la vie du prophète est le reflet de la vie de ses contemporains. En dĂ©finitif la surprise de ses concitoyens ne devrait pas en ĂŞtre une car c’est le peuple qui, d’une certaine manière, se prostitue, oublie l’Alliance avec D.ieu. Ce que le prophète accomplit, c’est la mise en Ă©vidence des manières dĂ©voyĂ©es de vivre. On se rend rarement compte de ses dĂ©fauts, c’est sa propre expĂ©rience qui permet de voir les dĂ©fauts. On connaĂ®t la parabole de la poutre et de la paille et le prophète renvoie au peuple IsraĂ«l sa propre faiblesse.

 

Quand l’esprit perçoit, il est mis en relation avec ce qu’il perçoit. Il peut y avoir diffĂ©rents degrĂ©s de relation, parce qu’il y a diffĂ©rents degrĂ©s de sensibilitĂ©. L’esprit peut faire un usage grossier ou un usage subtil des sens, Ă  la mesure de son Ă©veil. Sa facultĂ© d’expĂ©rience peut se raffiner ou ĂŞtre Ă©moussĂ©e. La perception reflète ce que nous sommes, dans le sens prĂ©cis oĂą elle dĂ©pend de la clartĂ© de la conscience et de l’attention. Il faut non seulement une clartĂ© de conscience supĂ©rieure pour que l’esprit puisse apprĂ©hender la richesse et la profondeur du senti, mais aussi une conscience qui ne soit pas restreinte par l’intentionnalitĂ© de la veille. Il faut que nous puissions faire taire un moment nos projections conceptuelles et Ă©motives, ĂŞtre UN Ă  l’écoute de ce qui est. C’est lorsque l’esprit devient immobile et silencieux qu’il peut se placer dans un Ă©tat oĂą le champ entier du sensible se trouve Ă©veillĂ©.

 

Une conscience qui est alourdie de son propre discours ne peut être sensible. Elle n’a pas l’innocence nécessaire à l’écoute de ce qui se donne à elle. Elle ne peut pas s’étonner, elle ne peut pas admirer.

 

Elle est noyée dans son propre verbiage et c’est ce qui la rend distraite. C’est seulement dans l’innocence de la perception que s’éprouve la présence à soi et la présence au monde.

 

La relation avec D.ieu serait une relation maritale. C’est un thème très important de la tradition prophĂ©tique et dĂ©veloppĂ© ensuite par la tradition juive. C’est D.ieu qui est au-dessus et qui octroie Sa grâce de la Vie, de la LibertĂ©, de la Loi, de la Protection, du Pardon.

 

Au peuple qui s’égare, le prophète doit adresser des discours sévères, prononcer des avertissements très graves quant à son avenir… Dans quel état d’esprit peut-il être « la bouche de D.ieu » ? Il pourrait s’enflammer contre l’empressement auprès des puissances étrangères, l’attachement aux idoles, les relents de capitulation! Le réquisitoire qu’il prononce commence par un énoncé de la situation, à savoir l’état moral d’un peuple « privé de connaissance » et se poursuit en un sévère avertissement aux responsables, les principaux d’entre le peuple et les prêtres chargés d’instruire, de communiquer la parole de D.ieu. Mais il se termine par des paroles d’espérance, le rappel des promesses de D.ieu, le regard sur le D.ieu de bonté. Et ainsi la foi est fortifiée en tous ceux qui croient, car s’ils partageront le sort commun d’un peuple qui se fourvoie, ils parcourront ce chemin avec au cœur la connaissance de la bonté de D.ieu « qui demeure à jamais »

 

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