Une brèche s’est ouverte au cœur même du principal point d’entrée d’Israël. Un employé de longue date de l’Autorité aéroportuaire a exploité les autorisations d’accès qui lui avaient été accordées pour faire entrer en Israël 22 ressortissants étrangers contre pots-de-vin, sans qu’ils ne passent par le contrôle des passeports ni par le contrôle de sécurité. Après avoir été arrêté puis jugé, il a été condamné à deux ans de prison ferme. Sa compagne, qui l’a aidé dans cette entreprise, a été condamnée à neuf mois de prison convertis en travaux d’intérêt général, ainsi qu’à une amende de 10 000 shekels.
Selon l’acte d’accusation, dans le cadre duquel les deux prévenus ont plaidé coupable via un accord de négociation de peine, l’accusé travaillait à l’Autorité aéroportuaire depuis 1996. Il exerçait la fonction de coordinateur d’équipement opérationnel, et a utilisé ses autorisations d’accès pour faire sortir des ressortissants étrangers de la zone des passagers entrants vers l’aire aéroportuaire, puis de là, hors de l’enceinte de l’aéroport Ben Gourion.
Un réseau organisé autour d’un intermédiaire
Selon les soupçons, le couple s’était associé à une autre personne, qui leur fournissait les informations relatives aux ressortissants étrangers concernés. En contrepartie, ils recevaient entre 1 000 et 2 000 dollars pour chaque personne ainsi introduite clandestinement. Les ressortissants étrangers étaient équipés de gilets portant l’inscription « Autorité aéroportuaire », et étaient conduits à travers les portes de secours et l’aire aéroportuaire jusqu’à l’extérieur du terrain. Au total, 22 ressortissants étrangers ont été introduits clandestinement de cette manière ; une tentative de faire entrer un ressortissant étranger supplémentaire a été déjouée au moment de l’arrestation de l’accusé. Selon l’acte d’accusation, la contrepartie totale perçue se situait entre 22 000 et 44 000 dollars.
Dans le cadre de ses réquisitions, l’État a fait valoir que les accusés avaient gravement porté atteinte aux valeurs protégées que sont le contrôle des entrées sur le territoire israélien, l’État de droit et la paix publique, et qu’ils avaient créé « une brèche sécuritaire grave à la porte d’entrée principale de l’État d’Israël ». Il a également été souligné qu’il s’agissait d’une entente criminelle planifiée et sophistiquée, dans le cadre de laquelle l’accusé avait exploité sa position et la confiance qui lui avait été accordée en tant qu’employé public.
La défense plaide un rôle mineur
La défense a fait valoir que, bien que l’accusé ait été qualifié d’employé public, il occupait en pratique un poste subalterne, chargé de l’entrée et de la sortie d’équipements et de bagages. Concernant l’accusée, il a été avancé que sa participation avait été limitée, se résumant à la transmission de messages sur l’heure d’arrivée des ressortissants étrangers, sans qu’elle ait jamais été présente sur le terrain de l’aéroport. La défense a également souligné que l’accusé avait déjà avoué dès son interrogatoire, avait coopéré avec les enquêteurs et avait même tenté d’aider à localiser l’intermédiaire basé en Géorgie. Selon elle, il s’agissait de la première implication de l’accusé dans ce type d’affaire après près de trente années de service à l’Autorité aéroportuaire, alors qu’il souffre par ailleurs de problèmes de santé et n’a pas de casier judiciaire. L’accusée, a-t-il également été avancé, n’a elle non plus aucun antécédent judiciaire.
Dans son jugement, le juge Karshan a estimé qu’il s’agissait d’une atteinte à la probité, au bon fonctionnement de l’administration publique et à la confiance du public. Il a cité la jurisprudence de la Cour suprême selon laquelle « à la tête des infractions de corruption gouvernementale se trouve l’infraction de corruption », ajoutant qu’ »on ne saurait minimiser la gravité des actes des accusés ». Le juge a souligné que le rôle de l’accusé avait été central, puisque sans les autorisations d’accès qui lui avaient été accordées dans le cadre de son travail, « il aurait été impossible de commettre l’infraction ». Il a également estimé que les faits avaient été précédés d’une « planification poussée », incluant une réflexion détaillée sur le mode opératoire, la tenue vestimentaire, les points de rendez-vous et les modalités de sortie des personnes introduites clandestinement hors du terminal.
Pour prolonger la lecture sur les affaires de contrebande liées à l’aéroport Ben Gourion, notre rédaction avait déjà couvert la découverte de serpents venimeux introduits clandestinement en Israël via l’aéroport Ben Gourion. Retrouvez également l’ensemble de notre actualité judiciaire et sécuritaire sur la page d’accueil d’Infos-Israel.News.






