Un agent de police infiltrĂ©, activĂ© par l’unitĂ© centrale du district du NĂ©guev (Yamar Negev), a mis au jour un mĂ©canisme de racket visant des chefs d’entreprise Ă Beer Sheva. L’unitĂ© a menĂ©, au cours de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e, une vaste enquĂŞte clandestine dans l’ensemble de la rĂ©gion du NĂ©guev, qui est devenue publique ce matin avec une opĂ©ration de perquisition massive au domicile de dizaines de suspects.
Dans le cadre de cette enquĂŞte, un policier avait Ă©tĂ© recrutĂ© comme agent secret et opĂ©rait sous couverture, se faisant passer pour un chef d’entreprise dans la zone industrielle de Beer Sheva. Durant son activitĂ©, des individus criminels issus de la population bĂ©douine l’auraient approchĂ© pour lui rĂ©clamer le paiement de « frais de protection » sur son lieu d’activitĂ©, dans le cadre d’un système d’extorsion sous la menace, portant sur des sommes se chiffrant en dizaines de milliers de shekels.
Un dossier bâti pierre par pierre
Au cours de cette opĂ©ration d’infiltration, l’agent et l’unitĂ© centrale ont rassemblĂ© des preuves et des Ă©lĂ©ments Ă charge contre des dizaines de suspects, parmi lesquels figurent des cibles majeures du district sud, aux cĂ´tĂ©s d’autres personnes impliquĂ©es qui auraient causĂ© des dommages matĂ©riels Ă plusieurs chefs d’entreprise dans le cadre de ce mĂ©canisme de menaces. Ces derniers auraient contraint les propriĂ©taires de commerces Ă leur verser des « frais de protection », en exploitant leur dĂ©tresse et leur crainte de voir leurs biens endommagĂ©s.
Ă€ l’aube, avec le passage Ă la phase publique de l’enquĂŞte, des combattants de la Garde nationale des gardes-frontières et des enquĂŞteurs de l’unitĂ© centrale du NĂ©guev, en coordination avec des policiers du district sud issus des secteurs de Rotem et du NĂ©guev, l’unitĂ© aĂ©rienne et d’autres Ă©lĂ©ments de soutien — dont des unitĂ©s spĂ©ciales nationales et de district — ont menĂ© une opĂ©ration de perquisition Ă grande Ă©chelle au domicile des suspects, dans la population bĂ©douine, dans d’autres localitĂ©s du sud du pays ainsi que dans plusieurs rĂ©gions du pays, procĂ©dant Ă l’arrestation de dizaines de suspects.
Les suspects ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s pour interrogatoire Ă l’unitĂ© centrale de la rĂ©gion du NĂ©guev. Ils devaient ĂŞtre prĂ©sentĂ©s dans le courant de la journĂ©e devant le tribunal de première instance de Beer Sheva, dans le cadre d’une audience portant sur la demande de la police visant Ă prolonger leur dĂ©tention, en fonction des besoins de l’enquĂŞte.
Cette affaire illustre l’ampleur du travail de fond menĂ© par les forces de l’ordre dans le NĂ©guev pour dĂ©manteler des rĂ©seaux qui, Ă travers des mĂ©thodes d’intimidation et d’extorsion, imposent leur loi Ă des commerçants locaux. L’utilisation d’un agent infiltrĂ© pendant une annĂ©e entière tĂ©moigne de la difficultĂ© Ă pĂ©nĂ©trer ce type de structure criminelle, qui repose sur la peur et le silence des victimes plutĂ´t que sur des preuves facilement accessibles. Le recours Ă un dispositif aussi large lors de la phase de perquisition — combinant unitĂ©s de district, forces aĂ©riennes et unitĂ©s spĂ©ciales nationales — donne la mesure de l’ampleur du rĂ©seau visĂ© et du nombre de cibles identifiĂ©es au terme de cette longue enquĂŞte clandestine.
L’affaire devrait dĂ©sormais se poursuivre devant les tribunaux, oĂą la police cherchera Ă faire valoir les Ă©lĂ©ments accumulĂ©s pendant l’annĂ©e d’infiltration pour justifier la prolongation de la dĂ©tention des suspects, le temps de complĂ©ter les interrogatoires et de consolider le dossier en vue d’Ă©ventuelles inculpations.
Pour prolonger la lecture sur les enjeux de sĂ©curitĂ© dans le NĂ©guev, notre rĂ©daction avait dĂ©jĂ abordĂ© la question Ă travers l’article sur la mort du policier Niv Peretz, symbole d’une criminalitĂ© devenue « terreur intĂ©rieure », ainsi que l’interview de Zvika Fogel sur la situation sĂ©curitaire dans le NĂ©guev et Ă Beer Sheva.






