Le Cabinet israélien a discuté du transfert de la population arabe conquise en 1967

Le ministre du Commerce, Zeev Sherf (Travail), a dĂ©clarĂ© lors d’une rĂ©union du cabinet le 19 juin 1967, que la distinction entre ce qui Ă©tait souhaitable et ce qui Ă©tait nĂ©cessaire Ă©tait claire : «Ce que nous voulons, c’est la situation de 1948, lorsque les Arabes ont fui et les immigrants juifs sont venus et ont repris leurs places, et nous avons installĂ© des villes et des villages « , a t-il dĂ©clarĂ© Ă  ses camarades ministres. « Mais aujourd’hui, la situation est diffĂ©rente – les Arabes n’ont pas fui [après la Guerre des Six Jours] et les olim ne viennent pas ».

Cette citation apparaĂ®t dans les protocoles des discussions politiques et de sĂ©curitĂ© tenues par les ministres du gouvernement israĂ©lien en 1967 avant, pendant et après la guerre des Six jours, qui ont Ă©tĂ© mis Ă  disposition jeudi par les Archives de l’ Etat , marquant le 50e anniversaire de la guerre qui a changĂ© IsraĂ«l de toutes les manières possibles. Ils donnent un aperçu de l’anxiĂ©tĂ© existentielle Ă  la veille de la guerre; L’euphorie qui a suivi, quand IsraĂ«l a triplĂ© son territoire avec la conquĂŞte de Gaza, de JudĂ©e et de Samarie, les hauteurs de Golan et le SinaĂŻ; Et le fatal processus de prise de dĂ©cision politique dont les implications sont aujourd’hui ressenties.

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La discussion, maintenant, a tournĂ© autour de l’annexion contre une solution Ă  deux États, bien qu’Ă  l’Ă©poque, la plupart de ces ministres israĂ©liens ne pouvaient imaginer une autonomie palestinienne sous la domination israĂ©lienne (une solution qui correspond au droit du Likoud d’aujourd’hui).

Alors que le Premier ministre Levi Eshkol (Travail) a averti qu’Ă  la fin de la journĂ©e, IsraĂ«l se trouverait chargĂ© d’une population arabe plus importante que prĂ©vu. « N’oubliez pas que tout cela ajoute des milliers d’Arabes, et quand nous comptons des chiffres rĂ©els … il s’avĂ©rera que nous avons beaucoup plus que tout ce que tout le monde vous dit maintenant », a t-il dĂ©clarĂ©. Le ministre des Finances, Pinchas Sapir (Travail), a Ă©galement mis en garde contre un problème dĂ©mographique. « Ils atteindront environ un million de personnes grâce Ă  une croissance naturelle en quatre ans », a t-il averti. « Ce sera une charge explosive constante, et dans un monde avancĂ©, nous ne pourrons pas vivre avec deux niveaux de vie : l’un pour les Juifs en IsraĂ«l et un autre ».

Le ministre de la Justice, Yaakov Shimshon Shapira (travail), a mis en garde contre un Ă©tat binational dans lequel les Juifs seraient minoritaires. Il a demandĂ© que la « Cisjordanie » soit remise Ă  la Jordanie, « car sinon, nous avons fini avec toute l’entreprise sioniste et vivons dans un ghetto ».

Le ministre Menachem Begin, dont le parti, le Bloc Herut-LibĂ©ral, le prĂ©dĂ©cesseur du Likoud d’aujourd’hui, est entrĂ© dans une coalition mur-Ă -mur avant la guerre, et a proposĂ© d’accorder aux Arabes du statut de rĂ©sident de « Cisjordanie » pendant sept ans, le temps au cours desquels ils ne seraient pas en mesure de voter pour la Knesset. « Qu’est-ce que nous devons faire durant ces sept annĂ©es? » Il a demandĂ©, et a rĂ©pondu: « Augmenter l’Aliyah et le taux de natalité ».

Cela aurait Ă©tĂ© fait pour une pĂ©riode de sept ans très occupĂ©e …

Étonnamment, les protocoles ne montrent presque aucune discussion concernant Gaza. Eshkol a dĂ©clarĂ© qu’il Ă©tait « dĂ©tenu par IsraĂ«l ». Lorsque le ministre Zerach Warhaftig (NRP) a demandĂ© de savoir si « Gaza est comme TibĂ©riade », le Premier ministre Eshkol a rĂ©pondu: « Je n’ai pas le choix dans cette affaire ».

Plusieurs ministres ont soutenu un transfert « gentil » pour les Arabes nouvellement conquis. Le ministre Sherf a suggĂ©rĂ© d’approcher les États arabes voisins pour demander qu’ils intègrent cette population. Le BrĂ©sil, qui Ă  l’Ă©poque Ă©tait affamĂ© pour les nouveaux immigrants, a Ă©tĂ© discutĂ© Ă  plusieurs reprises comme une destination possible. « MĂŞme si le BrĂ©sil est un pays catholique, ils absorbent des dizaines de milliers de Japonais de la foi « , a estimĂ© Sherf. Et PM Eshkol a dĂ©clarĂ©: « Si cela nous appartenait, nous enverrions tous les Arabes au BrĂ©sil ».

Le ministre du Travail, Yigal Alon (Travail), a dĂ©clarĂ© sur le mĂŞme problème: « Quelques-uns vont au Canada, en Australie, et certains s’installerons dans le Sinaï ». Eshkol a prĂ©sentĂ© une idĂ©e pour «l’Ă©change de population», expliquant que, tout comme IsraĂ«l a absorbĂ© des centaines de milliers de juifs des pays arabes, de mĂŞme qu’ils devraient absorber les Arabes des territoires « occupĂ©s » par IsraĂ«l. Le ministre Shapira Ă©tait en dĂ©saccord: « Ce sont des rĂ©sidents de ce pays que vous contrĂ´lez aujourd’hui. Il n’y a aucune raison pour que les Arabes qui sont nĂ©s ici soient retirĂ©s et transfĂ©rĂ©s en Irak », a t-il dĂ©clarĂ©.

Ă€ cela Eshkol a rĂ©pondu: « Ce n’est pas un tel dĂ©sastre … Nous ne sommes pas entrĂ©s ici de manière clandestine, nous avons dit que la terre d’IsraĂ«l viendrait Ă  nous ».

Cinquante ans plus tard, la majoritĂ© des voix dans ces conversations appartiendraient directement aux rangs de Habayit Hayehudi, ou du parti Zehut de Moshe Feiglin. La première fois qu’une « autonomie palestinienne » Ă©tait mentionnĂ©e dans un document officiel impliquant IsraĂ«l, c’Ă©tait dans le cadre de l’accord de paix de 1979 avec l’Egypte. De toute Ă©vidence, en dĂ©pit de l’apparition d’un consensus sur la nĂ©cessitĂ© de s’occuper de la menace dĂ©mographique arabe dans les territoires nouvellement libĂ©rĂ©s, personne n’a eu la volontĂ© ou le courage de former une coalition autour de lui.

1 COMMENTAIRE

  1. Il est impossible au gouvernement d’IsraĂ«l comme tout ceux qui les ont prĂ©cĂ©dĂ© d’agir sans avoir l’autorisation du monde entier . Ce qui contredit les paroles de la atikva ( que l’on soit libre sur notre terre )