De Paris à la salle d’accouchement de Tel Hashomer : Hodaya, 20 ans, a choisi Israël

Il y a des histoires qui résument mieux que n’importe quel discours ce que signifie l’engagement. Hodaya, une jeune femme de 20 ans originaire de Paris, a fait son aliya cinq mois avant ce reportage — sans sa famille, mais avec une conviction chevillée au corps. La haine des Juifs qu’elle avait vécue et observée en France après le massacre du 7 octobre avait fini par la décider : il fallait partir, et pas seulement partir — agir. Elle a choisi le service national volontaire au sein de l’Association pour le volontariat, et elle est aujourd’hui affectée au service des maternités de l’hôpital Sheba de Tel Hashomer.

Ce qu’elle y fait est à la fois simple et essentiel. Elle passe de chambre en chambre, s’assure que les jeunes mères vont bien, leur propose de l’aide, du réconfort. Quand une alerte aux missiles retentit, elle parcourt les 28 chambres de sa section l’une après l’autre, rappelle l’alerte, demande si chaque patiente a besoin d’être accompagnée à l’abri. Parfois, elle prend elle-même un nouveau-né dans les bras pour le porter jusqu’au mamad — l’espace protégé. Ce geste, dit-elle à Israel Hayom, résume tout ce qu’elle ressent : une mission.

Son parcours n’a pas été sans embûches. Le premier mois a été difficile : la barrière de la langue, les démarches administratives à remplir sans aide, une ambiance initiale froide au sein du service. Elle a failli tout arrêter. Elle a appelé sa coordinatrice de groupe et lui a dit qu’elle voulait partir. Mais quelque chose a changé — progressivement, l’équipe soignante a appris à la connaître, à l’apprécier. Aujourd’hui les infirmières s’enquièrent de son humeur. Le premier mois difficile est devenu le socle d’une intégration réussie.

Ce qui frappe dans son témoignage, c’est une phrase qu’elle prononce avec une candeur désarmante : elle se sent plus en sécurité à Tel Aviv sous les missiles qu’elle ne se sentait à Paris après le 7 octobre. Ce n’est pas une fanfaronnade. C’est l’expression d’une réalité psychologique bien documentée chez les communautés juives de France dans cette période : la peur de la rue, des transports, de l’école, de la visibilité, peut être plus éprouvante que la menace directe d’un conflit armé dans lequel on se sait entouré et protégé collectivement.

Hodaya fait partie d’un groupe de quinze jeunes femmes françaises arrivées en Israël au début de l’automne dans le cadre du même programme. Certaines parlaient un peu d’hébreu, d’autres pas du tout. Toutes ont suivi des cours à l’ulpan. Certaines ont changé de service hospitalier pour trouver un environnement plus dynamique. Toutes continuent à travailler, avec une intensité accrue depuis le début de l’opération militaire.

Le directeur général de l’Association pour le volontariat, Yaron Lutz, résume ce qu’il observe : ces jeunes femmes préfèrent toutes être en Israël plutôt qu’en France en temps de guerre. Cette phrase, prononcée à propos d’un pays en guerre ouverte, est le signe le plus éloquent d’un attachement qui dépasse la logique ordinaire.

Source : Israel Hayom


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