DĂ©but du procès des attentats de 2015 Ă  Paris | L’accusĂ© principal : « Je suis un soldat de l’Etat islamique »

Près de six ans après qu’environ 130 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es dans l’attaque meurtrière de l’Etat islamique, 14 personnes sont jugĂ©es et 6 autres sont jugĂ©es pour leur absence dans le plus grand procès de l’histoire de France. « Il n’y a un seule divinitĂ©, Allah », a dĂ©clarĂ© Salah ‘Abd al-Salam, le seul survivant de l’attaque.

 

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Le procès de 20 accusĂ©s impliquĂ©s dans l’attentat terroriste de 2015 Ă  Paris s’est ouvert aujourd’hui (mercredi) sous haute sĂ©curitĂ© dans la capitale française. Le procès, le plus important de l’histoire de la France, a dĂ©butĂ© près de six ans après l’attentat de l’État islamique (EI), qui a fait environ 130 morts et des centaines de blessĂ©s. Six des prĂ©venus sont jugĂ©s en leur absence, et cinq d’entre eux ne sont pas en vie selon les estimations.

Lors de l’attentat qui a eu lieu le 13 novembre 2015, des kamikazes ont attaquĂ© six bars et restaurants, la salle du Batacalan et le stade de football Parc de France dans la capitale française. L’Etat islamique a affirmĂ© qu’il s’agissait d’une « vengeance » pour l’implication de la France dans la lutte internationale de l’organisation en Syrie et en Irak. Il s’agit de la pire attaque que la France ait connue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le principal accusĂ© dans le procès est Salah ‘Abd a-Salam, le seul terroriste qui a survĂ©cu Ă  l’attaque. InterrogĂ© sur sa profession au dĂ©but de l’audience, ‘Abd al-Salam, 31 ans, a retirĂ© son masque noir et a rĂ©pondu : « J’ai abandonnĂ© mon travail pour ĂŞtre soldat de l’État islamique ». InterrogĂ© par le prĂ©sident du panel des juges pour donner son nom, ‘Abd a-Salam a citĂ© le Shuhada : « Je tĂ©moigne qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et Muhammad le Messager d’Allah.

Les autres prévenus ont répondu à des questions sur leurs noms et professions.

Lors de l’attaque terroriste, a-Salam a abandonnĂ© sa voiture et sa ceinture d’explosifs brisĂ©e et s’est enfui Ă  Bruxelles, sa ville natale. Il a Ă©tĂ© capturĂ© en mars 2016, quelques jours avant que la mĂŞme cellule de l’Etat islamique ne mène une attaque terroriste meurtrière dans la ville.

Victor Edo, un avocat reprĂ©sentant des huit des survivants du massacre du Bataclan, a dĂ©clarĂ© que la dĂ©claration d’Abd al-Salam Ă©tait « très violente ». Il a dĂ©clarĂ© : « Certains de mes clients ne se sentent pas bien après avoir entendu une dĂ©claration qu’ils considèrent comme une menace nouvelle et directe. Cela va durer ainsi neuf mois.

D’autres ont dĂ©clarĂ© qu’ils essayaient de ne pas attacher beaucoup d’importance aux propos du terroriste. « Il en faut plus que ça pour me choquer, je n’ai pas peur », a dĂ©clarĂ© Thierry Mala, qui a Ă©galement survĂ©cu au massacre du Bataclan.

En droit historique, il y a environ 1 800 requĂ©rants du cĂ´tĂ© de l’accusation et environ 300 avocats reprĂ©sentant toutes les parties. Le procès devrait durer neuf mois, jusqu’en mai. Le procès se dĂ©roule au Palais de justice, dans le centre de Paris, et des dizaines de policiers ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s Ă  ses cĂ´tĂ©s avant l’arrivĂ©e des prĂ©venus.

S’ils sont reconnus coupables, tous les accusĂ©s, dont 11 sont dĂ©jĂ  derrière les barreaux, devraient ĂŞtre condamnĂ©s Ă  la prison Ă  vie. Toutes les autres personnes impliquĂ©es sont accusĂ©es d’avoir fourni aux terroristes des armes, des vĂ©hicules ou d’avoir participĂ© Ă  la planification des attentats.

La salle d’audience a Ă©tĂ© construite Ă  l’intĂ©rieur d’un palais du XIIIe siècle, oĂą Marie-Antoinette et Emile Zola, entre autres, ont Ă©tĂ© jugĂ©s. Dans la salle, oĂą sont placĂ©s des Ă©crans gĂ©ants, des centaines de personnes peuvent entrer et le procès sera retransmis en direct. Sans prĂ©cĂ©dent, les victimes pourront bĂ©nĂ©ficier d’un lien sĂ©curisĂ© pour Ă©couter une audience depuis leur domicile, avec un dĂ©lai d’une demi-heure.

Les premiers jours du procès devraient porter principalement sur des questions techniques. Les tĂ©moignages des victimes seront entendus Ă  partir du 28 septembre, et l’enquĂŞte des accusĂ©s dĂ©butera en novembre. Cependant, ils ne seront interrogĂ©s directement sur l’attentat et les semaines qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ© qu’en mars.

Avant l’audience d’aujourd’hui, certains des survivants et des proches des morts ont dĂ©clarĂ© qu’ils espĂ©raient que le procès les aiderait Ă  comprendre ce qui s’Ă©tait passĂ© cette nuit-lĂ  et pourquoi cela s’Ă©tait produit, espĂ©rant que des attaques similaires ne se reproduiraient plus. « Cette nuit-lĂ  nous a mis sous un masque de terreur et de dĂ©goĂ»t », a dĂ©clarĂ© Jean-Pierre Albertini, dont le fils Stefan, 39 ans, a Ă©tĂ© assassinĂ© dans la salle du Bataclan.

JĂ©rĂ´me Barthelemy, 48 ans, qui a survĂ©cu Ă  l’attaque terroriste, a dĂ©clarĂ© avoir longtemps souffert de dĂ©pression et d’anxiĂ©tĂ© après les attentats. « Je suis intĂ©ressĂ© d’entendre au procès les tĂ©moignages d’autres survivants. Je veux savoir comment ils ont traversĂ© ces six annĂ©es », a-t-il dĂ©clarĂ©. « Quant aux accusĂ©s, je ne m’attends mĂŞme pas Ă  ce qu’ils parlent. »

Le ministre français de l’IntĂ©rieur, Gerald Dermanin, a mis en garde contre des tentatives de perpĂ©tration d’autres attentats terroristes. « La menace pour la France est Ă©levĂ©e, surtout pendant le procès », a-t-il dĂ©clarĂ© dans une interview Ă  une station de radio avant le dĂ©but du procès. « J’ai demandĂ© aux forces de sĂ©curitĂ© de rester vigilants. Il a annoncĂ© que plus d’un millier de policiers sĂ©curiseraient le procès, et que ceux autorisĂ©s Ă  se trouver Ă  proximitĂ© de la salle d’audience ou dans les salles Ă  partir desquelles les audiences seraient retransmises devraient passer plusieurs points de contrĂ´le.