Découverte israélienne : « les chiens peuvent flairer les cellules cancéreuses du poumon »

 

Dr Yoel et un de ses amis chiens renifleurs de cancer. Photo par Dani Machlis / BGU

 

Si les chiens peuvent flairer les explosifs et les narcotiques, ils pourraient Ă©galement ĂŞtre formĂ©s Ă  dĂ©tecter le cancer. Le Dr Uri Yoel, 43 ans, a dĂ©montrĂ© que les chiens sont en effet capables de diffĂ©rencier entre l’odeur des cellules cancĂ©reuses et les cellules non-cancĂ©reuses.

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«Notre recherche prouve que les chiens peuvent sentir les cellules cancĂ©reuses in vitro [dans les cultures de laboratoire], et pour les diffĂ©rents types de cancer , il y a la mĂŞme odeur », explique Yoel, qui pratique au centre mĂ©dical Soroka Ă  Beersheva et enseigne Ă  l’UniversitĂ© Ben-Gourion et Ă  la FacultĂ© des sciences de la santé  au NĂ©guev.

Ce mĂ©decin, est un modeste homme de 43 ans, père de cinq enfants  et en 2002, lui et sa femme, Michal, ont dĂ©mĂ©nagĂ© avec leurs deux enfants Ă  Kfar Rafael , une communautĂ© dans le NĂ©guev oĂą les adultes ont des besoins particuliers et doivent vivre avec des familles d’accueil. La communautĂ© veille au bien-ĂŞtre et au dĂ©veloppement de ces «villageois» au sein d’un environnement social d’intĂ©gration.

Aujourd’hui, 120 personnes vivent Ă  Kfar Rafael:  52 villageois âgĂ©s de 21 Ă  75 ans, 11 parents d’accueil de 19 enfants et 27 jeunes bĂ©nĂ©voles. Michal travaille avec les villageois du Kfar Rafael.

Être entouré de personnes ayant des besoins spéciaux est une seconde nature pour les enfants de Yoel, âgés de 14, 12, 10, 7 et 3 ½ ans.

« Pour ceux qui sont nĂ©s ici, le cadre est tout Ă  fait naturel. Jusqu’Ă  10 ans, mes enfants ne connaissaient pas le mot «retard mental». Ils savaient juste que certaines personnes ont besoin d’aide supplĂ©mentaire, « dit Yoel : «Nous n’avons pas eu Ă  parler avec eux de ce sujet. C’est leur vie. « 

MĂŞme si Yoel ne travaille pas officiellement pour le village, les gens l’appellent rĂ©gulièrement pour des soins mĂ©dicaux.

«Je sais que tout le monde me connaĂ®t. Je ne suis pas le mĂ©decin du village, car un mĂ©decin vient deux fois par semaine et le reste du temps, si il ya une urgence quelconque, je m’en occupe », dit Yoel, qui a grandi dans le kibboutz Ramat Rachel dans le sud de JĂ©rusalem.

Son projet de recherche sur les chiens renifleurs et le cancer, s’est achevĂ© l’annĂ©e dernière et  sera bientĂ´t publiĂ©, il n’a aucun lien avec ses spĂ©cialitĂ©s : mĂ©decine interne et endocrinologie. « Mais il est important de faire des choses intĂ©ressantes dans votre vie», dit Yoel.

Le projet a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© lorsqu’il fut medecin interne Ă  la suggestion du Dr Pessah Shvartzman, chef du Centre de recherche Sial de Ben Gourion pour la mĂ©decine familiale et les soins primaires.

Les formateurs bĂ©nĂ©voles ont prĂ©parĂ© deux chiens pour la recherche, en utilisant le renforcement positif pour rĂ©compenser l’identification des cellules cancĂ©reuses par l’odeur.

Il était déjà connu que les chiens peuvent détecter le cancer avec leur nez. Leur niveau de précision dépend de leur formation. Mais le Dr Yoel a voulu savoir si les chiens peuvent réellement sentir les cellules cancéreuses ou réagissent à une odeur provoquée des cellules.

Pour rĂ©pondre Ă  cette question, Yoel a testĂ© les chiens dressĂ©s Ă  l’aide de cellules de cancer du sein en culture, plutĂ´t que des sujets humains. « Nous pouvons dire avec certitude qu’ils savaient diffĂ©rencier entre les cellules cancĂ©reuses et non cancĂ©reuses», dit-il.

Puis, il a testĂ© la capacitĂ© des chiens Ă  flairer des cellules cancĂ©reuses du poumon et les cellules cancĂ©reuses de la peau, dont ils n’avaient pas Ă©tĂ© formĂ©s Ă  dĂ©tecter. De manière significative, les chiens ont vu juste Ă  chaque fois.

«Pour moi, c’est la conclusion la plus importante, parce que pour le cancer du sein, nous avons la mammographie et pour le cancer du cĂ´lon , la coloscopie par-contre pour le cancer du poumon nous n’avons pas de test de dĂ©pistage», explique Yoel. «Si ce cancer est dĂ©couvert très tĂ´t, le pronostic du cancer du poumon est excellent, mais le plus souvent n’étant pas diagnostiquĂ© ; il est trop tard. »

Un test de dépistage pour le cancer du poumon pourrait sauver de nombreuses personnes à risque, en particulier les fumeurs. Selon une autre société israélienne, BioView , qui travaille aussi pour atteindre cet objectif  mais dans une approche différente.

Si un budget est disponible, le Dr Yoel dit qu’il serait heureux de payer le dresseur de chiens pour poursuivre cette recherche avec des patients cancĂ©reux, mais pour l’instant son programme est de terminer sa formation en endocrinologie et il continue Ă  pratiquer la mĂ©decine Ă  l’hĂ´pital ainsi que l’enseignement .

Il raconte que lorsqu’il a commencĂ© Ă  l’universitĂ©, il n’Ă©tait pas sĂ»r s’il voulait ĂŞtre un mĂ©decin, architecte ou un agriculteur. Sa femme l’a aidĂ© Ă  dĂ©cider et il n’a aucun regret. « Je pense que c’Ă©tait une bonne dĂ©cision. J’ai choisi la mĂ©decine interne, car il c’est une activitĂ© plus Ă©tendue -. Vous devez combiner votre cĹ“ur, vos mains et votre tĂŞte « 

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