Démantèlement des sites nucléaires et remise de tout l’uranium : la proposition américaine à l’Iran dévoilée

C’est un document qui ne devait pas sortir. Le Wall Street Journal l’a pourtant publié ce jeudi, révélant dans le détail ce que Washington exige de Téhéran dans le cadre des négociations en cours visant à mettre fin au conflit et à régler le dossier nucléaire. Le texte est sans ambiguïté : les États-Unis ne se contentent pas de demandes symboliques. Ils veulent un désarmement nucléaire complet, systématique et vérifiable — et ils le veulent maintenant.

Un démantèlement total, pas une simple limitation

Selon le document transmis par Washington à Téhéran, les exigences américaines se déclinent en plusieurs volets non négociables. Premier point, et peut-être le plus fondamental : l’Iran devra officiellement reconnaître qu’il ne cherche pas à se doter de l’arme nucléaire. Cette déclaration, si elle venait à être formulée, constituerait en soi une rupture historique avec des décennies de rhétorique officielle iranienne.

Mais la déclaration ne suffit pas. Washington exige le démantèlement physique des trois principaux sites d’enrichissement du pays : Fordou, Natanz et Ispahan. Ces installations, emblématiques du programme iranien, devront être mises hors service. L’accord prévoirait également l’interdiction de tout travail nucléaire souterrain — une disposition directement ciblée contre les bunkers enterrés à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, conçus précisément pour résister à des frappes aériennes.

Le régime d’inspection serait lui aussi d’une sévérité inédite : des vérifications à la demande, sans préavis, assorties de sanctions automatiques en cas de violation. Et, point crucial, l’Iran devrait remettre l’intégralité de son uranium enrichi à haute concentration — la matière première indispensable à la fabrication d’une bombe nucléaire. L’enrichissement serait gelé pour une durée que les Américains souhaitent porter à vingt ans.

Le détroit d’Ormuz dans la balance

La question du détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce pétrolier mondial, fait elle aussi partie du deal. Selon le document, l’Iran devrait rouvrir progressivement ce passage stratégique, au fur et à mesure que les États-Unis lèveraient leur blocus. La réouverture complète interviendrait avec la signature d’un accord définitif. Le lien entre Ormuz et le nucléaire révèle à quel point Washington entend traiter l’ensemble du dossier iranien de manière globale et conditionnelle.

En échange, les États-Unis s’engageraient à lever une partie des sanctions qui étranglent l’économie iranienne depuis des années. Certains avoirs iraniens pourraient commencer à être débloqués dès les premières étapes de l’accord — mais la grande majorité des allègements resterait conditionnée à l’exécution concrète des engagements, pas simplement à leur signature. Washington a manifestement tiré les leçons du JCPOA de 2015, qui avait accordé des contreparties à Téhéran sans garanties suffisantes de mise en œuvre.

Ce que Washington ne demande pas — et ce que cela révèle

Le document publié par le Wall Street Journal comporte une absence remarquée : les missiles balistiques iraniens et le soutien de Téhéran aux organisations proxy dans la région — Hezbollah, milices irakiennes, Houthis — ne figurent pas parmi les exigences. Ce silence est stratégique, ou du moins tactique. Il suggère que Washington a choisi de concentrer la pression sur le seul enjeu existentiel : la bombe nucléaire. Les autres dossiers, peut-être jugés moins urgents ou plus explosifs diplomatiquement, sont laissés de côté — au moins dans cette phase.

La réponse iranienne attendue aujourd’hui

CNN a rapporté que Téhéran devrait répondre ce jeudi à la proposition américaine, en s’approchant d’un accord sur la base d’un mémorandum court. La veille, le président Donald Trump s’était montré prudemment optimiste, affirmant que les deux pays avaient eu de « très bonnes discussions » au cours des vingt-quatre heures précédentes.

Sur le dossier d’Ormuz, une complication est apparue dans les dernières heures. Selon NBC News, la décision de Trump de suspendre le « Projet Liberté » — qui prévoyait des escortes américaines pour les pétroliers traversant le détroit — résulterait d’une demande de l’Arabie saoudite. Ryad aurait suspendu son autorisation d’utiliser ses bases et son espace aérien pour cette opération. Deux sources américaines citées par NBC confirment que la pression saoudienne a été déterminante. Ce rebondissement illustre la complexité des équilibres régionaux que Washington doit ménager simultanément : faire pression sur l’Iran sans brusquer ses alliés du Golfe.

La balle est donc dans le camp de Téhéran. La proposition sur la table est la plus exigeante jamais formulée par une administration américaine dans ce dossier. Elle laisse peu de marge de manœuvre au régime iranien — qui devra choisir entre une capitulation partielle présentable à son opinion publique, ou une rupture aux conséquences incalculables.


À lire également sur infos-israel.news :

Il est temps : les sanctions contre l’Iran entreront à nouveau en vigueur cette nuit — Le mécanisme Snapback activé par les Européens après les violations répétées de Téhéran.

Le Mossad révèle une série d’attentats iraniens déjoués : Téhéran exporte la terreur, l’Occident réagit enfin — Quand la pression diplomatique se double d’une guerre de l’ombre.

 

logo alerte infos