Alors que les dangers habituels de la baignade en mer sont bien connus — courants marins, vagues puissantes ou baignade sans sauveteur — les spécialistes mettent aujourd’hui en garde contre une menace beaucoup moins visible : les falaises de kurkar qui longent une grande partie des côtes israéliennes.
Ces formations rocheuses présentes le long de la Méditerranée connaissent depuis plusieurs années des phénomènes réguliers d’effondrement, particulièrement dangereux durant la saison estivale.
Israel possède environ 196 kilomètres de littoral méditerranéen. Parmi eux, près de 45 kilomètres sont constitués de falaises côtières de kurkar, principalement situées entre Hadera et Ashkelon.
Ces falaises atteignent parfois des hauteurs comprises entre 10 et 45 mètres au-dessus du niveau de la mer et sont considérées comme particulièrement instables.
Avec l’ouverture officielle de la saison balnéaire, les experts avertissent que les risques d’effondrement deviennent de plus en plus préoccupants.
Selon Eran Ben Nun, planificateur environnemental au sein de la société AVIV, plusieurs facteurs expliquent ces effondrements.
Il explique que l’érosion provoquée par les vagues marines attaque progressivement la base des falaises :
« Les vagues creusent progressivement le pied de la falaise et créent une pente négative. Petit à petit, la base devient plus fragile jusqu’à l’effondrement. »
À cela s’ajoutent plusieurs facteurs humains et climatiques : constructions situées au sommet des falaises, évacuation des eaux pluviales provenant des routes, pluie, vents marins et humidité constante.
Selon lui, ces phénomènes naturels existent depuis toujours mais les activités humaines accélèrent fortement le processus.
Les spécialistes estiment que le danger est particulièrement élevé dans certaines zones touristiques très fréquentées, notamment à proximité des plages de Herzliya et Netanya, où des activités humaines sont présentes à la fois au pied des falaises et sur leurs sommets.
Le risque augmente également dans les secteurs où des bâtiments résidentiels ou des hôtels ont été construits au-dessus des falaises.
Interrogé sur la possibilité de prévoir un effondrement, Eran Ben Nun répond :
« Il est très difficile d’identifier une falaise avant qu’elle ne s’effondre. »
Selon lui, certains éléments permettent toutefois d’évaluer le danger : plus une falaise est haute et abrupte, plus le risque augmente. Mais dans la plupart des cas, aucun signe visible comme des fissures importantes n’apparaît avant l’effondrement soudain.
Plusieurs solutions techniques existent afin de réduire les risques.
Certaines mesures consistent à intervenir directement en mer grâce à la construction de brise-lames et à l’élargissement des plages afin d’éloigner l’érosion marine des falaises.
D’autres solutions passent par le renforcement des falaises elles-mêmes, avec des murs de soutien, des structures rocheuses ou des filets de protection comparables à ceux installés le long des routes montagneuses.
Selon Ben Nun, les autorités doivent avant tout définir leur objectif principal : protéger les infrastructures ou simplement empêcher les pertes humaines.
Dans certains cas, la fermeture complète de certaines zones côtières pourrait être envisagée afin d’éviter qu’un effondrement ne provoque une catastrophe.
Il rappelle également qu’un plan national israélien existe déjà pour traiter les différentes zones à risque. Plusieurs municipalités doivent désormais mettre en œuvre les solutions prévues.
Des travaux maritimes ont notamment déjà commencé à Netanya avec l’installation de brise-lames.
Cependant, ces projets nécessitent souvent des années avant leur validation et leur réalisation complète.
Pour les spécialistes, la mesure la plus urgente reste aujourd’hui la sensibilisation du public.
« De la même manière que tout le monde sait qu’il ne faut pas entrer dans la mer sans sauveteur, le public doit comprendre les dangers liés aux plages bordées de falaises », conclut Eran Ben Nun.
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