Ils avaient 21 ans. Noam Madmoni en avait 22. Quatre jeunes hommes de la Sayeret Nahal, tombés en moins de vingt-quatre heures dans le même engagement, dans le même secteur du sud du Liban, face à la même réalité que l’on a trop rapidement décidé d’appeler « maintien de la paix ». Le Commandement de l’armée israélienne a confirmé les faits hier matin : quatre soldats, six blessés dont un grièvement, un ennemi qui a tiré un missile antichar sur les équipes de secours pendant l’évacuation des corps.
Le porte-parole de Tsahal a annoncé mardi matin que trois combattants de la Sayeret Nahal — le capitaine Noam Madmoni, 22 ans, de Sdérot, le caporal de première classe Ben Cohen, 21 ans, de Lahavim, le caporal de première classe Maxim Antis, 21 ans, de Bat Yam, et le caporal de première classe Gilad Harel, 21 ans, de Modiin-Maccabim-Reout — sont tombés au combat dans le sud du Liban. Dans le combat au cours duquel les quatre soldats ont été tués, six autres combattants ont été blessés, dont un grièvement.
Selon le communiqué du porte-parole de Tsahal, hier vers 18h30, des forces de la Sayeret Nahal sous le commandement de la 162e division, opérant dans le secteur ouest du sud du Liban, ont identifié des cellules terroristes et un engagement à courte portée s’est développé. Des échanges de tirs ont eu lieu entre les forces et les terroristes. Les forces ont riposté, des touches sur les terroristes ont été identifiées. Après que les combattants ont été touchés, les forces ont commencé à les évacuer vers une zone d’atterrissage dédiée. Pendant les opérations d’évacuation, les terroristes ont tiré un missile antichar en direction des forces, sans nouvelles victimes. Les forces ont riposté, avec des tirs de chars et des frappes aériennes contre les terroristes.
Voilà pour les faits bruts. Maintenant, le contexte que les chiffres ne disent pas d’eux-mêmes.
Dix soldats de Tsahal sont tombés depuis la reprise des opérations terrestres dans le sud du Liban. Dix. En quelques jours. Sur un front que les discussions politiques, les débats sur la peine de mort, les alertes aux missiles iraniens et les polémiques sur la conscription des ultra-orthodoxes ont relégué au rang de bruit de fond. Le Liban n’est pas du bruit de fond. Le Liban, c’est un front actif, meurtrier, que Tsahal n’a pas quitté, et qui continue de réclamer des vies avec une régularité que les communiqués officiels tendent à lisser.
Hier également, la levée de censure avait confirmé la mort du caporal Liran Ben Tzion, 19 ans, de Holon, combattant du bataillon 9 de la brigade Ekevot HaBarzel, la 401e brigade. Dans cet incident, un officier blindé avait également été grièvement blessé. Plus tôt cette semaine, il avait été permis de publier que le caporal Moshe Yitzhak HaCohen Katz, combattant parachutiste de 22 ans, originaire de New Haven dans l’État du Connecticut aux États-Unis, était tombé au combat dans le sud du Liban.
La semaine précédente, la levée de censure avait confirmé la mort du soldat Aviad Elchanan Wolenski, 21 ans, de Jérusalem, tué par un missile antichar tiré en direction des forces de Tsahal dans le sud du Liban. Quatre combattants avaient été blessés légèrement dans cet incident. Plus tôt ce même jour, Tsahal avait annoncé la mort du caporal de première classe Uri Greenberg, 21 ans, de Petah Tikva. Greenberg était combattant de la Sayeret Golani et est tombé lors d’un engagement contre des terroristes dans le sud du Liban.
Uri Greenberg. Aviad Elchanan Wolenski. Moshe Yitzhak HaCohen Katz — né au Connecticut, mort au Liban à 22 ans. Liran Ben Tzion, 19 ans, de Holon. Et maintenant Noam Madmoni, Ben Cohen, Maxim Antis, Gilad Harel. Dix noms en moins de deux semaines. Dix familles dont la Pessah ne ressemblera à aucune autre.
Ce qui mérite d’être dit avec netteté, c’est la nature de ce front. Le Liban n’est pas une opération de nettoyage résiduelle. C’est un théâtre de guerre actif où le Hezbollah, malgré ses pertes considérables des derniers mois, continue de combattre, de poser des embuscades, de tirer des missiles antichar sur des équipes d’évacuation. Les forces de la 162e division opèrent dans le secteur ouest sous des conditions d’engagement réelles, avec un ennemi qui connaît le terrain depuis des décennies et qui adapte ses tactiques en temps réel.
La séquence décrite dans le communiqué est parlante : identification de cellules ennemies, échanges de tirs, touches sur les terroristes, début d’évacuation des blessés — et puis, pendant l’évacuation, un missile antichar tiré sur les sauveteurs. Ce n’est pas un accrochage de routine. C’est une tactique délibérée : attaquer les soldats, puis attaquer ceux qui viennent les chercher. Une manière de maximiser les pertes humaines et psychologiques en exploitant la solidarité des combattants.
Tsahal fait la guerre contre l’Iran sous les missiles qui frappent Bnei Brak et le Gush Dan. Il fait la guerre dans le sud du Liban dans le silence quasi-total des débats publics. Il fait la guerre à Gaza, selon les communications officielles, avec une continuité opérationnelle maintenue. Et il le fait avec un manque d’environ 15 000 soldats, dont 7 000 à 8 000 combattants, selon le porte-parole de l’armée. Le chef d’état-major a dit au gouvernement que l’armée allait « s’effondrer sur elle-même ». Les ministres n’ont pas répondu.
Noam Madmoni avait 22 ans. Gilad Harel avait 21 ans. Ils ne sont plus là pour répondre non plus.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés
Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News
📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢






