Des dizaines de milliers de Juifs français sont descendus dans les rues de Paris: « Il y a une légitimité à nous assassiner » ont ils crié.
Des manifestations de masse ont eu lieu Ă Paris, en France et dans le monde aujourd’hui. Dans la communautĂ© juive – un dur sentiment d’abandon et des revendications de pression politique sur le système juridique qui ont dĂ©gagĂ© la responsabilitĂ© du meurtrier antisĂ©mite du Dr Sarah Halimi.
« Ma sĹ“ur a Ă©tĂ© assassinĂ©e deux fois : une fois par le tueur et une fois par la justice française », a dĂ©clarĂ© William Atal, le frère de Sarah Halimi, qui a Ă©tĂ© brutalement assassinĂ©E en 2017 par son voisin musulman, Kabili TraorĂ©. Le système juridique français a confirmĂ© la nature antisĂ©mite du crime, mais a jugĂ© que TraorĂ© n’Ă©tait pas responsable de ses actes car il fumait du cannabis avant le meurtre et ne serait donc pas poursuivi.
La manifestation de masse qui a eu lieu pendant des heures depuis midi sur la place du TrocadĂ©ro Ă Paris – sur la place des droits de l’homme, devant la tour Eiffel – a rĂ©uni environ 20 000 personnes, pour la plupart de la communautĂ© juive de France, et des dizaines de milliers de plus en France et dans le monde, y compris Ă New York et en IsraĂ«l. Les manifestants ont protestĂ© contre la dĂ©cision du tribunal en France, dans un Ă©vĂ©nement qui semblait ĂŞtre le tournant des Juifs du pays qui sont quotidiennement soumis Ă des incidents antisĂ©mites.
Au cours de la manifestation, des femmes ont criĂ© : «Je ne serai pas le prochain ministre». Un autre frère de Halimi a dĂ©clarĂ© que «le tueur a massacrĂ© Sarah et a Ă©galement assassinĂ© la justice». Les orateurs ont de nouveau dĂ©crit les circonstances difficiles du meurtre, devant lequel le tueur a harcelĂ© la directrice de maternelle et mĂ©decin qui Ă©tait son voisin – au cours duquel il a criĂ© «Allah Akbar».
Des dirigeants chrĂ©tiens et musulmans ont Ă©galement participĂ© aux cĂ´tĂ©s des dirigeants de la communautĂ© juive du pays, pour exprimer leur solidaritĂ©. En France mĂŞme, cependant, l’affaire suscite beaucoup d’intĂ©rĂŞt chez les non-juifs. La communautĂ© juive dit que la mauvaise odeur de rendu dĂ©coule de l’histoire, et cela a dĂ©jĂ commencĂ© le jour du meurtre lorsque la police n’a pas fait une descente dans l’appartement de Sarah Halimi ainsi, selon les allĂ©gations, a autorisĂ© un meurtrier qui Ă©tait connu comme un islamiste Ă la massacrer. Aucune reconstitution du meurtre n’a Ă©tĂ© effectuĂ©e par la suite.
La communautĂ© revendique Ă©galement une influence politique sur le tribunal, et des pressions pour clore l’affaire, afin de ne pas embarrasser le chef de la police parisienne qui commandait alors le commissariat oĂą le meurtre a eu lieu. La journaliste de I24NEWS, Alicia Arpia, qui rapporte depuis le cĹ“ur de la manifestation parisienne, dĂ©crit une manifestation civile impliquant de nombreux Français scandalisĂ©s par la question de ne pas ĂŞtre poursuivis pour folie.
Un manifestant arrivĂ© sur les lieux a dĂ©clarĂ© Ă i24NEWS que « ce n’est pas la première fois qu’une telle chose se produit. Nous sommes dans une tempĂŞte d’Ă©motions, et nous Ă©tions dans la mĂŞme tempĂŞte d’Ă©motions mĂŞme si c’Ă©tait quelqu’un d’autre. C’est une injustice choquante, de cette façon vous pouvez faire bouger les choses. «Â
« C’est la lĂ©gitimitĂ© de nuire aux Juifs »
Des milliers de manifestants ont Ă©galement manifestĂ© Ă travers la France – Ă Lyon, Nice, Strasbourg, Marseille, Toulouse, Montpellier et plus – dans un pays qui abrite la plus grande communautĂ© juive d’Europe de près d’un demi-million. Des manifestations de Français ont Ă©galement eu lieu Ă Miami, New York et MontrĂ©al.
En IsraĂ«l, environ 1 200 manifestants sont venus manifester devant l’ambassade de France Ă Tel Aviv. Esther Chen, qui a immigrĂ© en 2009, a dĂ©clarĂ© qu’ « il est important pour nous d’exprimer notre soutien Ă la famille et Ă la communautĂ© juive en gĂ©nĂ©ral ». Elle a dit : «Nous sommes fatiguĂ©s de cet antisĂ©mitisme. Une femme a Ă©tĂ© jetĂ©e par la fenĂŞtre et c’est la punition ? Nous sommes ici en IsraĂ«l parce que nous comprenons que de la France nous n’avons plus rien Ă attendre, ce n’est pas perçu.
Elle a regrettĂ© l’absence d’IsraĂ©liens qui ne sont pas liĂ©s Ă la communautĂ© française : « Je regrette que la manifestation ne reçoive pas suffisamment de soutien de la part des IsraĂ©liens. Ils doivent comprendre que cela peut arriver Ă n’importe quel juif », a-t-elle dit.
Beatrice Carmi, qui a immigrĂ© en IsraĂ«l dans les annĂ©es 1980, a dĂ©clarĂ© qu’elle avait Ă©tĂ© blessĂ©e par la situation en France : « Un juive instruite a Ă©tĂ© assassinĂ©e et le juge l’a condamnĂ© Ă un tel minimum, au lieu de le mettre en prison et de montrer qu’il se soucie aussi d’elle et des Juifs en France.  »  » Pour plus d’attaques contre les Juifs. J’appelle le peuple français et le Premier ministre français Ă montrer leur soutien aux actions. En ce moment, les Juifs sont victimes de discrimination. Ce silence est une coopĂ©ration avec le terrorisme. «Â
« Cracher au visage de la communauté juive »
La manifestation Ă Paris a Ă©galement Ă©tĂ© suivie par l’ambassadeur adjoint d’IsraĂ«l, Daniel Saada, qui a dĂ©clarĂ© qu’il Ă©tait venu exprimer la solidaritĂ© de l’Etat d’IsraĂ«l avec la famille de la victime, qui fait maintenant face Ă une autre Ă©preuve difficile. La famille elle-mĂŞme, en passant, a annoncĂ© qu’elle ferait appel au système juridique israĂ©lien pour poursuivre le meurtrier en IsraĂ«l, selon le droit pĂ©nal israĂ©lien, selon lequel les personnes qui ont commis des crimes antisĂ©mites Ă l’Ă©tranger et sont dĂ©noncĂ©es par des citoyens israĂ©liens peuvent ĂŞtre poursuivis en IsraĂ«l.
Ariel Kendall, directeur gĂ©nĂ©ral de l’organisation Kelita (l’organisation faĂ®tière des immigrants français en IsraĂ«l), a dĂ©clarĂ© qu’il n’Ă©tait pas possible que le meurtre choquant de Sarah Halimi se termine sans culpabilitĂ© et que le tueur soit libĂ©rĂ©. La dĂ©cision de la Cour suprĂŞme « , a-t-il ajoutĂ©, » est un crachat au visage de la communautĂ© juive en France – et en fait une blessure aux Juifs du monde entier « .
Le ministre de la diaspora Omar Yankelevich est venu exprimer sa solidaritĂ© et protester lors d’une manifestation devant l’ambassade de France Ă Tel Aviv. « La dĂ©cision de la Cour suprĂŞme française est absurde, scandaleuse et dangereuse », a-t-elle dĂ©clarĂ©. «De Tel Aviv Ă Paris, le peuple juif d’IsraĂ«l et du monde entier est uni aux cĂ´tĂ©s de la famille Halimi et de la communautĂ© juive de France. Sarah Halimi n’a Ă©tĂ© assassinĂ©e que parce qu’elle Ă©tait juive. Cette attaque antisĂ©mite nous ramène Ă des jours sombres dans l’histoire de notre peuple « .
La dĂ©putĂ©e Emily Moati (travailliste) a rencontrĂ© l’ambassadeur de France en IsraĂ«l Eric Danon, immĂ©diatement après avoir assistĂ© Ă une manifestation de solidaritĂ© avec la famille de Sarah Halimi et la communautĂ© juive de France pour que l’effet de la drogue ne constitue pas une dĂ©fense contre l’exĂ©cution de la loi.
« Je suis venu exprimer ma solidaritĂ© avec la chère famille Halimi et avec toute la communautĂ© juive », a dĂ©clarĂ© Moati. «La France a prouvĂ© Ă maintes reprises dans le passĂ© qu’elle savait lutter contre l’antisĂ©mitisme et condamner les crimes de haine contre les juifs. La plupart des Français, en particulier au sommet du pays, considèrent les crimes contre les juifs comme des crimes contre la France dans son ensemble.
Le ministre de l’IntĂ©rieur, Aryeh Deri, a dĂ©clarĂ© qu’il «se joint Ă la manifestation des Juifs français contre la dĂ©cision de ne pas poursuivre le meurtrier odieux, qui a brutalement assassinĂ© le Dr Sarah Halimi Ă Paris et jetĂ© son corps par une fenĂŞtre du troisième Ă©tage. C’Ă©tait un meurtre antisĂ©mite, affirmant que le tueur n’Ă©tait pas, il Ă©tait responsable de ses actes, criant au ciel. «Â
Le prĂ©sident de l’Agence juive, Yitzhak (Buzi) Herzog, a exprimĂ© sa sympathie «aux citoyens français qui demandent l’extradition du meurtrier», comme il le dit. «J’embrasse la famille de Sarah. La juste lutte contre l’antisĂ©mitisme doit ĂŞtre une lutte commune pour tous. «Â
Yaakov Hagoel, prĂ©sident de l’Organisation sioniste mondiale, a pris la parole lors d’un rassemblement Ă JĂ©rusalem :  » Il n’est pas possible pour les Juifs de la diaspora d’ĂŞtre en danger dans la rue, dans les Ă©tablissements scolaires ou chez eux. Nous, dans l’Organisation sioniste mondiale, embrassons la communautĂ© juive en France et dans le monde, et appelons Ă mettre fin Ă la haine ! ArrĂŞtez l’antisĂ©mitisme. «Â
Cette manifestation n’est pas la première, le 7 octobre 1990, une « grande marche contre le racisme et le fascisme » est organisĂ©e Ă Paris au lendemain de l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic, qui a fait quatre morts. 200.000 manifestants de tous bords politiques dĂ©filent en silence pendant quatre heures de la place de la Nation Ă celle de la RĂ©publique, et après ? RIEN si ce n’est des autres attaques.
Le 14 mai 1990, sous le choc de la profanation du cimetière juif de Carpentras (Vaucluse), environ 200.000 personnes (selon les organisateurs), dont François Mitterrand – alors premier chef de l’Etat depuis la LibĂ©ration Ă participer Ă une manifestation de rue -, participent Ă la marche de protestation Ă Paris. Des manifestations sont organisĂ©es dans de nombreuses autres villes, et après ? RIEN.
Le 7 avril 2002, dans un contexte de tensions israĂ©lo-palestiniennes, 53.000 personnes selon la police, cinq fois plus selon le Crif, manifestent Ă Paris contre les actes antisĂ©mites après une sĂ©rie d’attentats meurtriers en IsraĂ«l et l’incendie d’une synagogue Ă Marseille. Des dizaines de milliers de personnes dĂ©filent dans les grandes villes de France, et après ? RIEN.
Le 16 mai 2004, des milliers de personnes, 9.000 selon la police, 30.000 selon les organisateurs, dĂ©filent Ă Paris contre l’antisĂ©mitisme et l’«apathie» des Français face aux agressions contre les juifs. Dans les jours prĂ©cĂ©dents, un rabbin a Ă©tĂ© agressĂ© et des tombes juives profanĂ©es, et après ? RIEN.
Le 26 fĂ©vrier 2006, plusieurs milliers de personnes, 33.000 selon la police, 80.000 Ă 200.000 selon les organisateurs – SOS-Racisme et le Crif – manifestent Ă Paris contre le racisme et l’antisĂ©mitisme, après le meurtre d’Ilan Halimi, un jeune juif sĂ©questrĂ© et torturĂ© Ă mort par le « gang des barbares », et après ? RIEN.
Le 25 mars 2012, plus de 20.000 personnes participent Ă une marche silencieuse Ă Paris, de la Bastille Ă la Nation, « contre le racisme, l’antisĂ©mitisme et le terrorisme », pour rendre hommage aux sept victimes du « tueur au scooter » Mohamed Merah Ă l’Ă©cole Ozar Hathora, et après ? RIEN.
En 2015, 3,7 millions de personnes, dont 1,2 Ă 1,6 million Ă Paris selon la police, participent le 11 janvier 2015 Ă une « marche rĂ©publicaine » en hommage aux victimes des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher (17 morts, dont quatre dans la superette casher), intervenus quelques jours plus tĂ´t, mais les victimes juives resteront dans l’ombre de Charlie Hebdo, et après ? RIEN.
Le 28 mars 2018, des milliers de personnes – 30.000 selon les organisateurs – dĂ©filent dans une « marche blanche » Ă Paris en mĂ©moire de Mireille Knoll, octogĂ©naire juive tuĂ©e dans la capitale. D’autres rassemblements ont lieu Ă Marseille, Strasbourg, Lyon, Nantes, Bordeaux et Toulouse et après ? Rien.
En Israel, les franco-israĂ©liens pour la plupart pensent diffĂ©remment, il suffit de voir le nombre de manifestants dans la pays, pas moins 1200 au total, car beaucoup pensent que ce combat et ce cri d’injustice est perdu d’avance mĂŞme si ils partagent cette colère et cette peine pour ses enfants qui habitent en IsraĂ«l.
Demander Ă IsraĂ«l de juger un homme dont le dĂ©lit se dĂ©roule en France est ce vraiment une solution ? La France ne doit elle pas prendre ses responsabilitĂ©s dans ses frontières ? La solution ne serait-t-elle pas de quitter la France et de vivre son judaĂŻsme en terre juive ? La France a dĂ©jĂ prouvĂ© sa subjectivitĂ© avec l’affaire Dreyfuss, et de nos jours, le manque de soutien aux victimes franco-israĂ©liennes du terrorisme palestinien. Peut on aujourd’hui en tant que juif de France se dire « je suis Français et ensuite juif ?  » si la France ne positionne pas le juif dans ses prioritĂ©s ? Beaucoup de juifs de France ont dĂ©jĂ compris cela et ont quittĂ© ce pays pour IsraĂ«l.
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