Une jeune femme du Texas a partagé en ligne qu’elle venait de découvrir que sa nouvelle colocataire était israélienne. En l’espace de quelques heures, la publication est devenue virale, cumulant des millions de vues et des dizaines de milliers de likes, tout en attirant une vague de commentaires antisémites et de plaisanteries sur l’« occupation », l’expulsion et la prise de contrôle de territoires.
Dans un premier temps, la jeune femme a ri de certains des commentaires, avant d’affirmer par la suite que ses propos avaient été sortis de leur contexte. Elle a fini par supprimer son message et bloquer la personne à l’origine de la révélation de l’affaire.
Un prénom qui a tout déclenché
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L’histoire a débuté lorsque l’utilisatrice, connue sur X sous le pseudonyme « Latina Fey », a raconté avoir dit à son compagnon que le prénom de sa nouvelle colocataire était Aviv. Ce dernier lui aurait demandé en plaisantant : « Comme Tel-Aviv ? » — une remarque qui l’a alertée et poussée à vérifier si sa colocataire était bien israélienne. Peu après, elle a publié en majuscules : « Ma nouvelle colocataire est israélienne », accompagné d’un émoji en pleurs.
Cette seule révélation a suffi à déclencher une vague de réactions hostiles envers la colocataire, alors même que celle-ci n’avait rien fait d’autre que d’être née en Israël. Un internaute a écrit que « sa chambre ne va faire que s’agrandir ». Une autre a mis en garde : « Fais attention, elle va t’annexer ton lit pour des raisons de sécurité nationale ». Une autre commentatrice a affirmé que l’Israélienne allait « te délivrer un ordre d’évacuation sous 48 heures », tandis qu’un autre affirmait : « Tu es sur le point de perdre ta chambre ».
Lorsque la jeune femme a raconté qu’Aviv avait déjà demandé à échanger de chambre avec une autre colocataire, les internautes se sont empressés d’y voir la confirmation des plaisanteries sur l’« occupation ». À au moins l’un de ces commentaires moqueurs, elle a répondu en riant.
La jeune femme a également raconté avoir accroché volontairement un drapeau palestinien dans l’appartement et s’être moquée de sa colocataire israélienne avec ses amies. Après la révélation de l’affaire, des internautes israéliens ont appelé à retrouver Aviv et à l’avertir du traitement qui lui était réservé en ligne.
Une tentative de rétropédalage, sans convaincre
Ce n’est qu’après avoir essuyé des critiques que la jeune femme a tenté de préciser qu’elle n’avait rien contre sa colocataire elle-même. Elle a écrit lui parler depuis environ une semaine et la trouver vraiment gentille et polie. Selon elle, il serait ressorti de leur conversation qu’Aviv avait participé, environ un mois plus tôt, à un programme Taglit. Elle a ajouté ne pas se soucier de ce qu’elle est, du moment qu’elle est sympathique. Dans une autre publication, elle a demandé aux internautes de se calmer, affirmant que l’Israélienne n’avait rien fait qui justifie une telle colère.
La jeune femme a néanmoins continué à soutenir que les critiques à son égard n’étaient pas justifiées. Elle a écrit que les gens tiraient énormément de conclusions et d’affirmations infondées à partir de ce tweet, et qu’elle préférait simplement le supprimer, précisant que cela ne la dérangeait pas plus que ça. Elle a conclu en affirmant vouloir la Palestine libre, que le génocide est une mauvaise chose, et que détester un gouvernement n’est pas la même chose que détester les gens — ajoutant qu’elle n’avait rien de plus à dire avant de clore le sujet.
Peu après la médiatisation de l’affaire, le tweet original a été supprimé. Ce qui a commencé, en apparence, comme une plaisanterie autour du prénom d’une nouvelle colocataire a une nouvelle fois montré à quelle vitesse une discussion en ligne sur Israël peut basculer vers la moquerie et l’hostilité envers des Israéliens, uniquement en raison de leur identité.






