Kamran Hekmati serait sorti de la prison d’Evin, à Téhéran, après avoir été emprisonné pour un voyage en Israël effectué treize ans plus tôt, à l’occasion de la bar-mitsva de son fils. Mais l’Iran continue de bloquer son retour aux États-Unis, laissant inachevé le combat de sa famille pour le ramener à la maison.
D’après des sources iraniennes citées lundi par le Jerusalem Post, la libération remonte à samedi. Radio Farda, le service persan de Radio Free Europe, la situe au 5 septembre. Les autorités iraniennes n’ont rien confirmé officiellement, ni sur la libération elle-même, ni sur ses conditions. Une seule certitude, répétée par toutes les sources : une interdiction de sortie du territoire reste en vigueur, et personne ne sait quand, ni même si, elle sera levée.
Treize ans plus tard, une bar-mitsva devenue chef d’accusation
À découvrir aussi :
Joaillier new-yorkais né en Iran, installé dans la communauté juive persane de Great Neck, à Long Island, Kamran Hekmati était retourné dans son pays natal en mai 2025 avec son passeport iranien, pour une courte visite familiale. Selon la fondation Foley, qui milite pour sa libération, les autorités lui ont confisqué son passeport et ses appareils électroniques avant de l’arrêter en juillet 2025 et de l’incarcérer à Evin.
Son crime, aux yeux du Tribunal révolutionnaire de Téhéran : s’être rendu en Israël en 2010 pour la bar-mitsva de son fils. Les détenteurs d’un passeport iranien ont interdiction de se rendre dans l’État juif. D’après sa famille et les organisations qui la soutiennent, le procès a duré une dizaine de minutes, sans avocat ni témoin. La peine initiale de quatre ans de prison a ensuite été ramenée à deux ans.
Pendant sa détention, ses proches ont multiplié les alertes sur son état de santé. Hekmati, âgé de 71 ans selon la plupart des sources, souffre d’un cancer agressif de la vessie et, d’après sa famille, n’a pas reçu de soins adaptés en prison. En mars, le secrétaire d’État américain Marco Rubio l’avait officiellement désigné comme détenu à tort, une qualification qui engage Washington à œuvrer pour sa libération.
Un otage parmi d’autres
Sortir d’Evin sans pouvoir quitter l’Iran n’est pas une situation inédite. Radio Farda rappelle le cas de Dena Karari, autre Irano-Américaine brièvement détenue à Chiraz en 2024, libérée sous caution puis bloquée dans le pays pendant environ dix-neuf mois avant d’être autorisée à partir en juillet dernier, un tribunal la condamnant ensuite par contumace à cinq ans de prison.
À Evin, Reza Valizadeh, ancien journaliste de Radio Farda et citoyen américain, purge toujours une peine de dix ans pour collaboration présumée avec les États-Unis. Dans un appel téléphonique enregistré depuis la prison en juin, il avait supplié le gouvernement américain d’obtenir une aide médicale pour lui et les autres Américains détenus. La Fondation pour la défense des démocraties estimait en novembre que Téhéran retenait au moins quatre citoyens américains.
Pour la famille de Kamran Hekmati, la nouvelle est un soulagement, pas un dénouement. Un Juif américain, malade, libéré de cellule mais retenu dans le pays qui l’a condamné pour avoir célébré la bar-mitsva de son fils à Jérusalem : le régime iranien garde la main sur la dernière carte, celle du retour.
Infos-Israel.News avait couvert la condamnation de Kamran Hekmati en novembre dernier : https://infos-israel.news/iran-un-juif-americain-condamne-a-deux-ans-de-prison-pour-un-voyage-en-israel-effectue-il-y-a-treize-ans/ Sur la pratique iranienne des otages occidentaux, relisez aussi notre article sur ce couple de Français arrêtés à Téhéran : https://infos-israel.news/un-couple-de-francais-nest-pas-revenu-diran-ils-sont-partis-en-vacances-et-ont-ete-arretes-comme-agents-etrangers/





