Gotlib : « En quoi le Premier ministre est-il coupable pour le 7 octobre ? Il aurait pu sauver tout le Sud »

C’est dans le cadre d’un contexte parlementaire explosif que la dĂ©putĂ©e Tali Gotlib (Likoud) a pris la parole ce mardi lors d’un dĂ©bat de la commission de la Knesset consacrĂ© Ă  sa demande d’immunitĂ©. La sĂ©ance, qui examine si elle peut ĂŞtre protĂ©gĂ©e des poursuites pĂ©nales engagĂ©es contre elle, s’est rapidement transformĂ©e en tribune politique — Gotlib attaquant frontalement ses accusateurs et dĂ©fendant avec vĂ©hĂ©mence non seulement ses actes, mais aussi le Premier ministre Benyamin Netanyahou face aux critiques sur le 7 octobre.

Les poursuites Ă  l’origine de cette demande d’immunitĂ© sont liĂ©es Ă  une affaire prĂ©cise : Gotlib est accusĂ©e d’avoir rĂ©vĂ©lĂ© l’identitĂ© du compagnon de Shakma Bresler, l’une des figures de proue du mouvement de protestation contre la rĂ©forme judiciaire de 2023, en divulguant publiquement qu’il Ă©tait agent du Shin Bet. Une divulgation qui constitue, selon le parquet, une violation de la loi sur le service de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure.

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« Les dossiers pour noircir le gouvernement »

Lors de la sĂ©ance, Gotlib a balayĂ© les accusations avec une contre-offensive directe. Évoquant les messages envoyĂ©s pour « noircir le gouvernement » — selon sa propre formulation — elle a posĂ© la question centrale qui structure une partie du dĂ©bat politique israĂ©lien depuis octobre 2023 : « Le Premier ministre est-il coupable ? En quoi est-il coupable du fait qu’Ă  6h29 » — heure Ă  laquelle a dĂ©butĂ© l’attaque-surprise du Hamas — « on lui annonce ce qui se passe ? »

La rĂ©fĂ©rence Ă  cet horaire prĂ©cis est lourde de sens dans le contexte israĂ©lien. Le dĂ©bat sur la chaĂ®ne d’alertes et d’informations dans les heures prĂ©cĂ©dant le massacre du 7 octobre reste l’une des questions les plus brĂ»lantes des enquĂŞtes en cours. Gotlib a Ă©galement interpellĂ© son auditoire sur une question restĂ©e sans rĂ©ponse publique : « OĂą sont les cartes SIM qui ont Ă©tĂ© changĂ©es ? » — une allusion Ă  des Ă©lĂ©ments dont elle suggère qu’ils Ă©clairerait diffĂ©remment les responsabilitĂ©s dans la prĂ©paration ou la non-anticipation de l’attaque.

« Il aurait pu sauver tout le Sud »

Plus surprenant encore dans le cadre de sa propre dĂ©fense judiciaire, Gotlib a lancĂ© : « Le Premier ministre aurait pu sauver tout le Sud. » Une formule Ă  double lecture, qui peut ĂŞtre interprĂ©tĂ©e comme une dĂ©fense de Netanyahou — en sous-entendant que les circonstances ne lui en ont pas laissĂ© la possibilitĂ© — ou comme une charge contre ceux qui lui imputent la responsabilitĂ© d’une catastrophe qu’il n’aurait, selon elle, pas eu les moyens d’Ă©viter Ă  partir du moment oĂą l’information lui est parvenue.

Elle a Ă©galement mis en cause l’ancien ministre de la DĂ©fense Yoav Gallant, interrogeant publiquement son courage face aux rĂ©vĂ©lations en cours : « Gallant, oĂą est le courage ? »

Ces dĂ©clarations s’inscrivent dans une stratĂ©gie de dĂ©fense qui fait de la commission parlementaire non pas une simple procĂ©dure judiciaire, mais un espace politique Ă  part entière. Gotlib a rĂ©pĂ©tĂ© qu’elle considère sa demande d’immunitĂ© comme relevant de la « sainteté » de la fonction de dĂ©putĂ©, et que ses actes — y compris la rĂ©vĂ©lation de l’identitĂ© de l’agent du Shin Bet — ont Ă©tĂ© accomplis dans le cadre de son mandat parlementaire.

La demande d’immunitĂ© devrait ĂŞtre approuvĂ©e par la commission, oĂą la coalition dispose d’une majoritĂ©. La dĂ©cision devra ensuite ĂŞtre validĂ©e par la plĂ©nière de la Knesset.


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