Cela ne leur fait vraiment pas de mal d’ĂŞtre tombĂ©s sur un os !  —  par Philippe ARNON

Sans doute, beaucoup de lecteurs auront compris qu’Ă  travers ce titre, ce sont les AmĂ©ricains que j’Ă©voque et que l’os, ce sont bien sĂ»r les nazis chiites d’Iran que j’Ă©voque Ă©galement. J’imagine, -et je les comprendrai- que beaucoup d’IsraĂ©liens ne vont pas apprĂ©cier les lignes qui vont suivre puisqu’IsraĂ«l bĂ©nĂ©ficie amplement des armes amĂ©ricaines qui, sans elles, le mettraient dans une position dĂ©licate, malgrĂ© son gĂ©nie qui n’est plus Ă  dĂ©montrer.
Depuis 81 ans, c’est Ă  dire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, je n’en peux vraiment plus de la suffisance des AmĂ©ricains qui nous auraient dĂ©livrer des nazis et qui serait le berceau -le seul bien sĂ»r !- de la dĂ©mocratie et Ă©videmment, le rempart contre tous les totalitarismes. Les Français qui sont des naĂŻfs et qui croient cela dans leur majoritĂ©, oubliant au passage que les Russes avaient dĂ©jĂ  dĂ©truit 80% des forces allemandes quand les AmĂ©ricains ont dĂ©barquĂ© en Normandie, n’ont jamais fait l’effort cĂ©rĂ©bral de comprendre que la France finalement ne fut qu’une Ă©tape gĂ©ographique, la première rien de plus, pour en finir avec Hitler !
D’ailleurs, combien, parmi eux, connaissent l’AMGOT (Allied Military Government of Occupied Territories) c’est Ă  dire en bon français « Gouvernement militaire alliĂ© des territoires occupĂ©s ». Vous avez bien lu : la France n’Ă©tait donc plus pour les AmĂ©ricains qu’un « territoire occupé », qu’une petite crotte de l’histoire puisque pour eux avec leurs gros sabots, elle avait Ă©tĂ© vaincue. La RĂ©sistance qui entre parenthèse les avaient bien aidĂ©s pour leur dĂ©barquement en Normandie puis pour leurs combats ultĂ©rieurs sur le territoire national (le nĂ´tre, pas le leur !) avec ses morts, puis, de Gaulle, Delattre de Tassigny, Juin, tout cela c’Ă©tait peanuts comme ils disent. D’ailleurs, Roosevelt dĂ©testait de Gaulle. En vue de l’occupation de la France, ils avaient Ă©ditĂ© pour leurs soldats « A Pocket Guide to France », Guide de poche pour la France qui expliquait le comportement Ă  adopter avec les Français, l’histoire et les habitudes du pays, quelques mots de français et mĂŞme des conseils sur les cafĂ©s, l’hygiène, la religion et bien sĂ»r, sur les Françaises ! Je ne m’attarderai pas sur cet autre petit livre intitulĂ© « 112 Gripes About the French » 112 reproches envers les Français. Bref, l’AMGOT devait ĂŞtre l’administration provisoire de la France avec contrĂ´le logistique, politique temporaire et Ă©mission d’une monnaie militaire alliĂ©e, rien que cela ! Bref, après l’occupation allemande, l’occupation amĂ©ricaine en quelque sorte ! Heureusement, grâce Ă  l’installation rapide du Gouvernement provisoire de la RĂ©publique française, de Gaulle fit Ă©chouer cette volontĂ© franchement colonialiste des AmĂ©ricains !
 
On sait la folle passion de ce peuple pour ce qu’il appelle le « carpet bombing ». Sur l’Allemagne, ils s’en sont donnĂ©s Ă  coeur joie, sur le Japon avec leurs deux bombes atomiques bien sĂ»r puis plus tard, sur la CorĂ©e, l’Irak, l’Afghanistan et tout rĂ©cemment sur l’Iran bien sĂ»r. Mais, avec leurs amis anglais, ils ne se sont pas gĂŞnĂ©s non plus avec la France entre juin 1940 et mai 1945. Leurs bombardements ont causĂ© la mort de 68 778 civils français et plus de 100 000 blessĂ©s. Certains, comme ceux sur Le Havre, Nantes et Saint-LĂ´ ont provoquĂ© de lourdes pertes parmi la population. Les historiens aujourd’hui s’accordent Ă  dire que tous les bombardements alliĂ©s sur la France ne sont pas considĂ©rĂ©s comme justifiĂ©s sur le plan militaire et mĂŞme que certains auraient pu ĂŞtre Ă©vitĂ©s ou menĂ©s diffĂ©remment. La prĂ©cision Ă©tait approximative et donc les rĂ©sultats militaires obtenus Ă©taient limitĂ©s et surtout, les autoritĂ©s alliĂ©s connaissaient parfaitement le risque très Ă©levĂ© pour les civils ce qui ne les a pas empĂŞchĂ© de maintenir … leurs bombardements. Le cas de Royan est symptomatique : la ville fut presqu’anĂ©antie et bombardĂ©e au napalm !
Ce qu’il y a d’insupportable avec les AmĂ©ricains c’est qu’ils se croient la science infuse. Ne disent-ils pas d’ailleurs : « The Americans know why » , ce qui signifie clairement que quand ils entreprennent une action dans le monde, (et on peut dire qu’ils ne sont pas modĂ©rĂ©s pour en produire !) ils sont convaincus d’en connaĂ®tre la vraie raison et que toute critique est malvenue … parce que sans fondement bien sĂ»r !  La domination du monde est pour eux une Ă©vidence. C’est la raison pour laquelle ils sont, sinon haĂŻs, du moins rejetĂ©s partout. Sans oublier, et c’est encore ce qu’il y a de plus abject, c’est qu’ils inventent toujours un mobile, faux donc, pour lĂ©gitimer leur intervention. Hitler avait agi de mĂŞme pour attaquer le Pologne ! Et ce qu’il y a de pire, c’est qu’ils ne s’en rendent mĂŞme pas compte tant ils se croient supĂ©rieurs et indispensables. Ils en sont restĂ©s Ă  ce mythe naĂŻf qui leur correspond bien et dont ils sont persuadĂ©s qu’il est providentiel, mythe qu’ils appellent la « destinĂ©e manifeste ». Comprendront-ils un jour que ce qu’ils croient ĂŞtre un « exceptionnalisme amĂ©ricain » est devenu pour le reste des nations, un fardeau, une vraie indigestion !
Enfin, il y a ce cĂ´tĂ© gros sabots, ce cĂ´tĂ© Caterpillar qui d’ailleurs correspond bien Ă  leur fameuse carpet bombing. Comme en tĂ©moigne Trump s’adressant le 13 janvier aux Iraniens : « Patriotes iraniens, continuez Ă  manifester, prenez le contrĂ´le de vos institutions ». Ou encore : « De l’aide est en route. Notez les noms des meurtriers et des agresseurs. Ils paieront le prix ». L’intervention contre l’Iran relève du mĂŞme acabit : aucune connaissance prĂ©cise de l’ennemi iranien, une opĂ©ration mĂŞme pas prĂ©parĂ©e ; toujours ce cĂ´té « je suis le plus fort, regardez mes muscles » sensĂ© rĂ©tablir l’ordre du monde, l’ordre amĂ©ricain s’entend et Ă©videmment la dĂ©mocratie. Alors vraiment le fait qu’ils se soient embourbĂ©s dans cette aventure iranienne n’est pas pour dĂ©plaire et l’on voudrait qu’enfin ils fassent place Ă  plus de retenue, Ă  de la rĂ©flexion, Ă  de la modestie, qu’ils se regardent dans une glace et finissent par comprendre qu’ils n’ont pas inventĂ© le couteau Ă  couper le beurre.
Le problème dans tout cela, ce sont les victimes : le peuple iranien cela va de soi puisqu’il n’a pas Ă©tĂ© libĂ©rĂ© au contraire, les autres peuples du monde dont l’Ă©conomie vacille Ă  cause de la clĂ´ture du dĂ©troit d’Ormuz … et les IsraĂ©liens parce que -et il faut voir les choses en face- les nazis chiites sont sortis de cette histoire encore plus forts qu’avant ce qui ne prĂ©sage pas un avenir paisible pour IsraĂ«l.
Je suis goy. Vive Israël !
Philippe ARNON
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