Le commandant de ce camp de concentration s’appelait Adolphe Rova et ne pouvait pas s’empĂŞcher de faire du mal aux jeunes femmes juives. DiagnostiquĂ© comme une personnalitĂ© atteinte de sadisme sexuel patholo-gique, l’histoire non reconnue d’Adolf Rova, commandant du camp de Minsk, a rĂ©cemment Ă©tĂ© exposĂ©e pour la première fois par un parent israĂ©lien d’une de ses victimes.
Pendant des annĂ©es, Lior Oren a Ă©tudiĂ© l’histoire des juifs de Hambourg, Ă l’origine de sa grand-mère, Helga Baruch. Mais lorsqu’il a ouvert pour la première fois des dossiers fermĂ©s depuis soixante-dix ans dans l’une des archives provinciales d’Allemagne, il a dĂ©couvert une histoire qui n’avait jamais Ă©tĂ© racontĂ©e : celle de Marion, la soeur de sa grand-mère, qui a Ă©tĂ© le destin tragique de nombreuses femmes de Minsk.
Marion Baruch était une fille sensible et une peintre talentueuse qui est arrivée en novembre 1941 dans le transport de Juifs d’Hambourg au camp de Minsk.
Oren a dit qu’après la guerre, alors que les Allemands cherchaient des tĂ©moins dans le camp de Minsk, ils ont publiĂ© un appel Ă ceux qui avaient des informations ou des tĂ©moignages. Certains ont dit qu’il ne pourrait pas rĂ©sister aux jeunes femmes juives. «Â
« Après six annĂ©es de recherche sur le judaĂŻsme de Hambourg et après trente ans avec le vĂ©cu d’un parent de la Shoah qui entoure ma vie, je me croyais Ă l’abri de toute histoire », dĂ©clare Oren. Les tĂ©moignages ont parlĂ© Ă plusieurs reprises d’Adolf Rova et des jeunes femmes juives. Il n’y avait aucune preuve que le nazi ait violĂ© des femmes du camp, mais Ă mesure qu’Oren faisait des recherches, il dĂ©couvrit qu’Adolf Rova dĂ©testait simplement les femmes. Il avait l’habitude de dire aux jeunes femmes juives d’aller au cimetière, de se dĂ©shabiller et d’aller dans la zone de sĂ©pulture nue, puis leur tirait dessus avec son pistolet et les tuait.
L’histoire de la soeur de sa grand-mère, Marion, lui fut lentement rĂ©vĂ©lĂ©e. Son grand talent lui a permis de peindre sur les murs du camp. Et cela a permis de comprendre ce qui se passait comme lorsque Adolf Rova l’a rencontrĂ©e pour la première fois lorsqu’il a visitĂ© le camp après avoir Ă©tĂ© nommĂ© commandant.
Il a vu Marion peindre sur l’un des murs et a compris qu’elle peignait aussi des gens. Lors de son interrogatoire après la guerre, Adolf Rova a affirmĂ© qu’il n’Ă©tait nullement intĂ©ressĂ© par la peinture de la jeune fille juive, mais le tĂ©moignage de l’amie de Marion, Margot Aufracht, affirme le contraire. « Un jour, j’ai vu Marion peindre le commandant », a-t-elle dit, « je lui ai dit de ne pas le faire, mais elle a dit qu’elle le devait, et après avoir peint, il est venu et lui a demandĂ© de monter dans sa voiture.
Edgar Cowon, qui travaillait dans le cimetière, a dĂ©clarĂ© par la suite que « Marion a Ă©tĂ© forcĂ©e de marcher nue sous un froid de -30 dans le secteur de l’Ă©glise. Elle a Ă©tĂ© placĂ©e au-dessus de la tombe et il lui a tirĂ© dessus avec son pistolet ».
C’Ă©tait un schĂ©ma rĂ©pĂ©titif : plusieurs tĂ©moins ont expliquĂ© comment Adolf Rova avait dĂ©cidĂ© un jour d’envoyer le personnel du jardin au cimetière, leur ordonnant de se dĂ©shabiller et de leur tirer dessus. « On leur a ordonnĂ© de faire courir 16 jeunes femmes au cimetière », a dĂ©clarĂ© un tĂ©moin. « En tant qu’Ă©lectricien, j’ai travaillĂ© Ă proximitĂ© de la place et j’ai tout vu: il leur a tirĂ© dessus. » Le commandant du camp envoyait les vĂŞtements que les femmes avaient enlevĂ©s Ă l’orphelinat de la ville voisine.
Des annĂ©es plus tard, un psychiatre a dit qu’il avait « diagnostiquĂ© comme un sadisme sexuel pathologique ». Les dizaines de patients qu’il avait assassinĂ©s Ă l’hĂ´pital du camp et les dizaines de jeunes filles qui avaient tuĂ©es la mĂŞme mĂ©thode dans le cimetière – nus, froids, avec son arme Ă feu – ont Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă une peine d’emprisonnement Ă perpĂ©tuitĂ©. Il a finalement Ă©tĂ© relâchĂ© après quelques annĂ©es, en 1962, lorsqu’il a continuĂ© Ă percevoir une pension du gouvernent -ment allemand. Il est dĂ©cĂ©dĂ© en tant qu’homme libre chez lui Ă Karlsruhe.







