Il existe, dans la tradition juive, des rĂ©cits qui ne s’inventent pas. Celui-ci a Ă©tĂ© rapportĂ© cette semaine en personne par le Gaon Rabbi Avraham Yeshaya Kovalski, le cĂ©lèbre maĂ®tre de la Daf Yomi, qui Ă©tait prĂ©sent et tĂ©moin direct de toute la scène. Son rĂ©cit a provoquĂ© une vague d’Ă©motion dans les milieux hassidiques.
Les faits remontent Ă environ six mois. L’admour de Sertopkov cĂ©lĂ©brait le Chabbat des Sept BĂ©nĂ©dictions — la fĂŞte nuptiale — pour sa petite-fille, dans la salle de rĂ©ception « Banot Yerouchalayim ». Le repas Ă©tait animĂ©, des centaines de hassidim y participaient, quand un homme au cĹ“ur meurtri fit irruption dans la salle et demanda Ă s’approcher de la table pour recevoir la bĂ©nĂ©diction du rabbi.
L’admour, fidèle Ă son caractère empreint de bontĂ©, l’accueillit avec bienveillance, lui accordant de nombreuses bĂ©nĂ©dictions et vĹ“ux de dĂ©livrance comme Ă son habitude. Ce qui suivit plongea l’assemblĂ©e entière dans la stupeur.
Au moment prĂ©cis oĂą le rabbi acheva ses bĂ©nĂ©dictions, l’homme ouvrit la bouche et, devant tout le public, dĂ©versa sur l’admour des insultes d’une violence extrĂŞme — des mots que les prĂ©sents dĂ©crivent comme indicibles, accompagnĂ©s de malĂ©dictions terribles, lancĂ©s Ă la face du rabbi devant toute l’assemblĂ©e, en plein Chabbat de fĂŞte.
Les hassidim, qui ne pouvaient supporter un tel affront Ă l’honneur de leur maĂ®tre, s’apprĂŞtèrent Ă intervenir et Ă chasser l’individu dans la honte. Mais Ă cet instant prĂ©cis, l’admour fit un signe de la main, ferme et sans appel, donnant Ă tous les hassidim une instruction sans Ă©quivoque : « Ne lui faites rien ! » Le rabbi garda le silence, reçut l’humiliation avec amour — et se tut.
Mais c’est lĂ que le rĂ©cit bascule. L’admour, qui venait de vivre des instants d’une raretĂ© spirituelle extraordinaire — ceux que la tradition dĂ©signe comme « celui qui supporte l’affront sans riposter » —, se tourna sur-le-champ vers trois jeunes hommes dĂ©jà âgĂ©s prĂ©sents dans la salle et leur fit une promesse solennelle : grâce aux instants de cet humiliation, ils trouveraient leur âme-sĹ“ur bientĂ´t, et d’une façon dĂ©passant le cours ordinaire de la nature.
La semaine dernière, six mois seulement après cet Ă©vĂ©nement, l’Ă©motion a Ă©tĂ© intense dans la communautĂ© : l’un de ces trois jeunes hommes a prononcĂ© ses fiançailles dans la joie et les cĂ©lĂ©brations. Pour le Rav Kovalski, qui a conclu son rĂ©cit avec un tremblement dans la voix, ce n’est ni une coĂŻncidence ni une mĂ©taphore : c’est un miracle visible, la preuve vivante de la puissance spirituelle de ceux qui « entendent leur honte et ne rĂ©pondent pas ».
Cette histoire circule aujourd’hui comme un feu dans les communautĂ©s hassidiques, rappelant le verset qui lui sert de fondement : « Et ceux qui L’aiment sont comme le soleil dans sa force. »
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