L’annonce Ă la tĂ©lĂ©vision d’État iranienne que Mohsen Fakhrizadeh – le père du programme d’armes nuclĂ©aires de la RĂ©publique islamique et son principal scientifique nuclĂ©aire ont Ă©tĂ© abattu Ă TĂ©hĂ©ran vendredi est un revers majeur pour le programme secret d’armes nuclĂ©aires de l’Iran.
Le ministre iranien des Affaires Ă©trangères Javad Zarif a tweetĂ© : «Les terroristes ont assassinĂ© aujourd’hui un Ă©minent scientifique iranien. Cette lâchetĂ©, avec des indications sĂ©rieuses sur le rĂ´le d’IsraĂ«l, montre un bellicisme dĂ©sespĂ©rĂ© des auteurs ».
Au moins cinq scientifiques nuclĂ©aires iraniens ont Ă©tĂ© tuĂ©s entre 2010 et 2012. L’Iran a blâmĂ© IsraĂ«l pour tous ces meurtres.
S’il s’avère qu’IsraĂ«l est derrière l’ assassinat de Fakhrizadeh, l’attaque pourrait reflĂ©ter l’inquiĂ©tude de l’État juif concernant un changement majeur de la politique amĂ©ricaine envers l’Iran sous Joe Biden lorsqu’il deviendra prĂ©sident le 20 janvier (Ă moins que ce ne soit produire un changement dans le rĂ©sultat des Ă©lections recherchĂ© par le prĂ©sident Trump).
Compte tenu de l’obsession des dĂ©mocrates de rĂ©primander le prĂ©sident Trump et de rejoindre l’accord sur le nuclĂ©aire iranien et du refus dĂ©clarĂ© de l’Iran de rouvrir l’accord pour renĂ©gociation, les États-Unis sont susceptibles de rejoindre rapidement l’accord et de retirer les sanctions amĂ©ricaines contre l’Iran par la suite pour que Biden prenne ses fonctions.
IsraĂ«l sait qu’une telle Ă©volution serait d’une grande aide pour les programmes militaires et nuclĂ©aires de l’Iran et inciterait probablement Ă©galement l’Iran Ă accroĂ®tre son ingĂ©rence dans les conflits rĂ©gionaux et le parrainage du terrorisme.
Le Premier ministre israĂ©lien Benjamin Netanyahu a peut-ĂŞtre conclu que la menace du programme d’armes nuclĂ©aires de l’Iran devenait trop dangereuse et qu’IsraĂ«l a donc dĂ» prendre des mesures pour refuser Ă l’Iran le bĂ©nĂ©fice de l’expĂ©rience de Fakhrizadeh dans la construction d’une arme nuclĂ©aire. IsraĂ«l a peut-ĂŞtre aussi voulu dissuader d’autres Iraniens de travailler dans cet effort.
Les responsables israĂ©liens rappellent que l’administration du prĂ©sident Barack Obama a exercĂ© une forte pression sur leur pays en 2014 pour qu’ils arrĂŞtent d’assassiner les scientifiques nuclĂ©aires iraniens et ne pas attaquer les installations nuclĂ©aires iraniennes pendant que l’administration Obama menait une diplomatie qui Ă©quivalait Ă l’apaisement de l’Iran.
Scientifique iranien
L’Etat juif a peut-ĂŞtre organisĂ© l’assassinat de Fakhrizadeh maintenant avec la conviction qu’une administration Biden entamera un nouveau cycle d’apaisement de l’Iran et fera de nouveau pression sur IsraĂ«l pour qu’il ne prenne pas de mesures provocatrices contre le dangereux programme nuclĂ©aire iranien.
IsraĂ«l aurait rĂ©cemment mis son armĂ©e en alerte en raison de la possibilitĂ© que le prĂ©sident Trump ordonne une attaque contre les installations nuclĂ©aires de l’Iran avant de quitter ses fonctions.
Je pense que Trump a peut-ĂŞtre envisagĂ© une telle attaque mais ne l’a pas ordonnĂ©e, en raison de son engagement Ă ne pas dĂ©clencher de guerres inutiles. Il est plus probable qu’IsraĂ«l ait mis son armĂ©e en alerte en raison des actions qu’il prĂ©voyait contre le programme nuclĂ©aire iranien – comme l’assassinat de Fakhrizadeh – en prĂ©vision d’un revers iranien.
Fakhrizadeh Ă©tait un physicien nuclĂ©aire et directeur du Centre iranien de recherche physique. Il a supervisĂ© le Plan Amad, le programme de recherche secret de l’Iran pour dĂ©velopper des armes nuclĂ©aires.
Le plan Amad a dĂ©butĂ© Ă la fin des annĂ©es 1990 ou au dĂ©but des annĂ©es 2000. Il comprenait un programme de conception d’ogives nuclĂ©aires, la modification d’un missile Shahab pour transporter une ogive nuclĂ©aire et l’assistance au programme nuclĂ©aire iranien par le rĂ©seau de prolifĂ©ration nuclĂ©aire AQ Khan basĂ© au Pakistan et ancien scientifique nuclĂ©aire russe.
Selon des documents des archives nuclĂ©aires iraniennes qui ont Ă©tĂ© extraits lors d’un raid audacieux des services de renseignement israĂ©liens en 2018, une infrastructure existait dĂ©jĂ en 2003 dans le cadre du plan Amad pour un programme complet d’armes nuclĂ©aires iraniennes. Le programme a Ă©tĂ© rĂ©duit en 2003 Ă un programme hautement compartimentĂ© et secret.
Selon IsraĂ«l et l’Agence internationale de l’Ă©nergie atomique, Fakhrizadeh a continuĂ© de diriger le programme secret d’armes nuclĂ©aires iraniennes après 2003. Le programme a Ă©tĂ© renommĂ© SPND (Sazman-e Pazhouhesh-haye Novin-e Defa’ei), qui est traduit en anglais en tant qu’organisation dĂ©fensive de recherche et d’innovation.
L’Iran s’est donnĂ© beaucoup de mal pour dissimuler son programme d’armes nuclĂ©aires et induire en erreur les inspecteurs de l’Agence internationale de l’Ă©nergie atomique et le monde sur la poursuite de la poursuite des armes nuclĂ©aires par la RĂ©publique islamique après 2003.
Par exemple, l’Iran a rĂ©affectĂ© les projets d’Ă©nergie nuclĂ©aire de son armĂ©e Ă l’organe nuclĂ©aire civil du pays dans un effort pour donner l’impression que ces activitĂ©s faisaient partie d’un programme nuclĂ©aire pacifique.
IsraĂ«l a dĂ©couvert des « dossiers de canulars » dans les documents des archives nuclĂ©aires iraniennes qui ont enregistrĂ© les mensonges que l’Iran a racontĂ©s aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’Ă©nergie atomique et a aidĂ© les responsables iraniens Ă garder leurs histoires en ordre.
Le Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies a imposĂ© une interdiction de voyage et des sanctions financières Ă Fakhrizadeh et Ă ses collègues scientifiques pour leurs travaux sur les armes nuclĂ©aires en mars 2007. Ces sanctions ont pris fin en janvier 2016 avec l’accord sur le nuclĂ©aire iranien. Cet accord a Ă©tĂ© signĂ© en juillet 2015 par l’Iran, les États-Unis, l’Union europĂ©enne, la Grande-Bretagne, la Chine, la France, la Russie et l’Allemagne.
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Sur la base de documents des archives nuclĂ©aires iraniennes, la tromperie de l’Iran dans l’accord nuclĂ©aire – officiellement intitulĂ© Plan d’action global conjoint – est dĂ©sormais incontestable.
En outre, comme l’Iran a cessé de remplir toutes ses obligations au titre de l’accord au début de l’année, il dispose désormais de suffisamment d’uranium faiblement enrichi pour deux armes nucléaires (s’il continue de s’enrichir au rang d’armes).
L’accord nuclĂ©aire Ă©tait censĂ© empĂŞcher l’Iran de dĂ©velopper des armes nuclĂ©aires et a Ă©tĂ© saluĂ© comme un triomphe par le prĂ©sident Barack Obama et son administration. Mais selon les archives nuclĂ©aires iraniennes, le travail d’armes nuclĂ©aires du SPND s’est poursuivi sous Fakhrizadeh malgrĂ© l’accord nuclĂ©aire.
Le prĂ©sident Trump a sagement retirĂ© les États-Unis de l’accord nuclĂ©aire en 2018 et a rĂ©imposĂ© les sanctions amĂ©ricaines contre l’Iran qui avaient Ă©tĂ© levĂ©es dans le cadre de l’accord.
«Nous ne pouvons pas Ă©viter une bombe iranienne sous la structure dĂ©labrĂ©e et pourrie de l’accord actuel», a dĂ©clarĂ© Trump en mai 2018. Il a qualifiĂ© l’accord «d’un accord horrible et unilatĂ©ral qui n’aurait jamais, jamais dĂ» ĂŞtre conclu».
La mort de Fakhrizadeh peut ĂŞtre un coup dur non seulement pour l’Iran mais aussi pour la CorĂ©e du Nord, car il a peut-ĂŞtre collaborĂ© avec le programme d’armes nuclĂ©aires actuel de la CorĂ©e du Nord. Le London Sunday Times a rapportĂ© en 2017 qu’il s’Ă©tait rendu en CorĂ©e du Nord en fĂ©vrier 2013 pour observer le troisième essai nuclĂ©aire de la CorĂ©e du Nord. Il y a probablement eu d’autres interactions entre les scientifiques nuclĂ©aires nord-corĂ©ens et iraniens qui n’ont pas Ă©tĂ© rendues publiques.
Les dirigeants iraniens sont clairement irrités par la mort de Fakhrizadeh. Le New York Times a rapporté que Michael P. Mulroy, ancien haut responsable de la politique au Moyen-Orient au ministère de la Défense, a déclaré que la mort de Fakhrizadeh pourrait déclencher une réponse militaire iranienne.
« Il Ă©tait leur plus ancien scientifique nuclĂ©aire et on croyait qu’il Ă©tait responsable du programme nuclĂ©aire secret de l’Iran », a dĂ©clarĂ© Mulroy au journal. « Il Ă©tait Ă©galement officier supĂ©rieur du Corps des gardiens de la rĂ©volution islamique, et cela amplifiera le dĂ©sir de l’Iran de rĂ©pondre par la force. »
Éditorial de Fred Fleitz sur Fox News





