Les prochaines Ă©lections en IsraĂ«l, prĂ©vues pour le 23 mars, pourraient ĂŞtre reportĂ©es si les infections Ă coronavirus restent Ă©levĂ©es, a dĂ©clarĂ© mercredi le vice-ministre de la SantĂ© Yoav Kisch, provoquant l’indignation des membres de l’opposition qui ont accusĂ© le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’avoir tentĂ© de retarder le vote.
Le commentaire est intervenu au milieu de niveaux d’infection record, après deux semaines d’un arrĂŞt plus strict qui semble avoir peu d’effet sur le contrĂ´le des souches les plus infectieuses du virus, les hĂ´pitaux Ă©tant soumis Ă une pression immense et une situation Ă©conomique critique avec la plupart des magasins fermĂ©s.
Dans une interview accordĂ©e Ă Radio 103FM, on a demandĂ© Ă Kisch du Likud de Netanyahu s’il craignait une perte dans les sondages du 23 mars si le gouvernement ne rĂ©duisait pas les infections. «Je ne sais pas comment des Ă©lections pourraient ĂŞtre organisĂ©es dans un tel contexte», a rĂ©pondu Kisch, ajoutant que la situation Ă©tait «prĂ©occupante» et comparable Ă une guerre.
En outre, le responsable a dĂ©clarĂ© que si les Ă©lections avaient Ă©tĂ© programmĂ©es pour cette semaine, « le ministère de la SantĂ© recommanderait au ComitĂ© central des Ă©lections de reporter les Ă©lections d’un mois, jusqu’Ă la clĂ´ture, après la diminution des infections ».
Cependant, il a dĂ©clarĂ© que son commentaire ne reprĂ©sentait ni l’opinion de Netanyahu ni celle du ministère de la SantĂ© et a dĂ©clarĂ© que le Likoud « se prĂ©parait pour les Ă©lections ». « J’espère que nous n’atteindrons pas cette situation et que nous parviendrons Ă rĂ©duire la morbiditĂ© avec la fermeture », a-t-il ajoutĂ©. « Nous ferons un bilan de la situation avec les professionnels environ deux semaines avant les Ă©lections, nous passerons une recommandation au ComitĂ© central des Ă©lections ».
Le pouvoir de reporter les Ă©lections appartient Ă la Knesset, le Parlement israĂ©lien, qui peut les reporter avec une majoritĂ© spĂ©ciale de 80 lĂ©gislateurs dans le parlement de 120 membres, chaque fois qu’il y a une situation d’urgence qui rend difficile la tenue du vote. Le ComitĂ© central des Ă©lections peut recommander le transfert au parlement, et le comitĂ© lui-mĂŞme reçoit des conseils de divers ministères, y compris de la SantĂ©, qui prendraient vraisemblablement la dĂ©cision de savoir si une telle urgence existe.
Les prĂ©cĂ©dentes Ă©lections israĂ©liennes, tenues en mars 2020, ont eu lieu peu de temps après l’arrivĂ©e du coronavirus dans le pays, avec plusieurs bureaux de vote spĂ©ciaux desservant les quelques personnes alors soupçonnĂ©es de contracter le virus. ou Ă©tait entrĂ© en contact avec des transporteurs confirmĂ©s. Tenir le vote dans les conditions actuelles, avec plus de 80 000 cas actifs et de nombreux autres en quarantaine, poserait un dĂ©fi beaucoup plus grand.
Les Ă©lections ont Ă©tĂ© reportĂ©es deux fois dans l’histoire d’IsraĂ«l, Ă la fois Ă cause de la guerre et avant qu’un amendement Ă la loi de 1992 ne soit adoptĂ© pour rĂ©glementer le pouvoir de la Knesset de le faire.
Les politiciens de l’opposition ont rĂ©agi avec fureur au commentaire de Kisch mercredi, mĂŞme si toute dĂ©cision nĂ©cessiterait finalement une majoritĂ© des deux tiers Ă la Knesset. Le parti Yesh Atid, dirigĂ© par le chef de l’opposition Yair Lapid, a commentĂ© que « le Likud tente de retarder les Ă©lections en raison du manque de traitement du coronavirus ».
« Une pandĂ©mie est comme une guerre », a tweetĂ© Kisch plus tard. «Le risque d’infections pourrait entraĂ®ner des vies humaines. Je travaille dur avec l’ensemble du système de santĂ© et le ministre de la SantĂ© pour que nous ne nous retrouvions pas dans une telle situation », a-t-il dĂ©clarĂ©.




