Israël prépare la réouverture de son ciel — le rapatriement des citoyens commence dès la semaine prochaine

Au troisième jour de l’opération Shaagat HaAri, Israël commence à envisager l’après-urgence immédiate. La ministre des Transports Miri Regev a annoncé ce lundi qu’une réouverture progressive de l’espace aérien israélien est planifiée à partir de la semaine prochaine, conditionnée à l’évolution de la situation sécuritaire. Un signal prudent mais réel : malgré la guerre en cours, l’État hébreu organise méthodiquement le retour de ses ressortissants bloqués à l’étranger.


Un espace aérien fermé, mais un plan en place

La ministre a été claire sur l’état actuel des choses : à ce stade, aucun changement n’est intervenu dans les directives officielles. L’espace aérien reste fermé. Mais Regev a indiqué avoir demandé au directeur de l’Autorité de l’aviation civile, Shmuel Zakai, d’engager des discussions avec les compagnies aériennes israéliennes pour préparer une réouverture graduelle dès la semaine prochaine, en fonction des développements sécuritaires sur le terrain.

Cette approche par étapes reflète une logique de prudence assumée. Il ne s’agit pas d’un retour à la normale proclamé, mais d’une mise en condition opérationnelle pour que, dès que les conditions le permettront, les premiers vols puissent reprendre sans délai supplémentaire.


Première phase : 70 avions, aucune victime

Regev a tenu à souligner le bilan de la première phase du rapatriement, qu’elle a qualifiée de succès. Environ 70 avions israéliens ont été mobilisés pour ramener des milliers de compatriotes depuis l’étranger — sans qu’un seul civil ne soit blessé et sans qu’aucun appareil ne soit endommagé. En parallèle, des milliers d’autres Israéliens ont pu regagner le pays par les passages terrestres, maintenus ouverts dans le cadre d’une dérogation spéciale.

Ce bilan logistique, obtenu en pleine période d’hostilités actives, est présenté par la ministre comme la preuve que l’État a su protéger ses citoyens même dans les circonstances les plus difficiles.


Hezbollah : « l’erreur de sa vie »

Sur le front politique et militaire, Regev n’a pas mâché ses mots concernant l’entrée en guerre du Hezbollah. L’organisation, a-t-elle affirmé, « a commis l’erreur de sa vie » en rejoignant le conflit. Après une longue délibération au sein du cabinet de sécurité, une réponse militaire d’envergure contre l’organisation a été approuvée. « Il ne s’approchera pas de la frontière nord, et nous ne lui permettrons pas de frapper les civils israéliens », a-t-elle déclaré.

La ministre a également rappelé le prix humain déjà payé depuis le début de l’opération, exprimant sa compassion pour les familles des victimes tout en réaffirmant la détermination du gouvernement à poursuivre la campagne jusqu’à l’élimination de ce qu’elle décrit comme « la menace existentielle iranienne contre l’État d’Israël ».


Un message à portée historique

En clôture de sa déclaration, Regev a convoqué le principe hébraïque de Nahafokhu — terme tiré du livre d’Esther, évoquant le retournement du sort contre ceux qui cherchaient à détruire le peuple juif. Un symbole choisi avec soin, qui ancre la guerre en cours dans un récit de survie collective millénaire : « Celui qui proclame l’extermination du peuple juif découvre que ce peuple n’attend pas son destin. Nous nous défendons et garantissons notre sécurité pour les générations à venir. »

Ce type de référence biblique dans un discours officiel de temps de guerre n’est pas anodin. Il signale une volonté de donner à ce conflit une dimension qui dépasse le stratégique pour toucher à l’identitaire — un registre que les dirigeants israéliens mobilisent historiquement dans les moments qu’ils perçoivent comme existentiels.

— Rédaction internationale

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