Cent vingt-et-une autorités locales ont déposé des demandes exceptionnelles pour modifier leurs barèmes d’arnona en vue de 2027, au-delà du mécanisme de pilote automatique qui fixe une hausse uniforme de 3,05 % sur l’ensemble du pays. Concrètement, dans des dizaines de villes et de conseils locaux répartis dans tout le pays, les habitants et les entreprises pourraient payer bien plus que la hausse habituelle — et dans certains cas, il s’agit d’un bond représentant plusieurs fois le taux courant.
Ces demandes se répartissent en trois catégories : des hausses qui s’appliquent à l’ensemble des propriétés de la municipalité, des hausses ciblant uniquement les logements résidentiels, et des hausses destinées exclusivement aux commerces. Selon un état des lieux recensant les 31 demandes les plus significatives en nombre de contribuables concernés et en impact financier global, la majorité des municipalités se contentent d’une majoration de quelques points de pourcentage au-delà du pilote automatique — mais certains cas sortent nettement du lot.
Le président de la fédération des chambres de commerce, Shahar Turjeman, s’est élevé avec fermeté contre cette tendance. « Les chefs d’entreprise ne sont pas la caisse de secours des autorités locales, et augmenter l’arnona ne remplace pas une gestion responsable », a-t-il déclaré. Selon lui, de nombreuses municipalités préfèrent relever la taxe plutôt que de rationaliser leurs dépenses, ce qui nuit à la capacité des entreprises à se développer et à employer.
La demande la plus spectaculaire vient de Nazareth, où une hausse générale de 30 % a été demandée — un record absolu parmi toutes les autorités locales, portant la hausse totale à 33,05 % une fois le pilote automatique ajouté. À l’inverse, Ashkelon est la seule municipalité à avoir demandé une baisse généralisée, bien que cette réduction ne s’applique pas à tous les types de biens de la ville.
Dans la région de Modiin, la hausse concernant les commerces s’inscrit dans un plan pluriannuel déjà approuvé jusqu’en 2031 : celle prévue pour 2027 n’en constitue donc que la première étape d’un processus plus long. À Tamra, en revanche, le montant déposé inclut déjà une hausse exceptionnelle supplémentaire prévue pour 2028. À Ramat Gan, une demande de hausse de 10 % vise les commerces du quartier de la Bourse, dans le but, selon la municipalité, d’aligner les tarifs de ce secteur sur ceux appliqués au reste des commerces de la ville.
Un tour d’horizon des demandes
Parmi les hausses générales demandées : Ashdod réclame 7,50 %, Massguev 8,05 %, Gan Yavné 10 %, Tamra 5,05 %, Kiryat Tivon 7,17 %, Qalansawe 13,36 %, Ariel 8,20 %, Arara 9,22 %, Reineh 8,20 %, Lev HaSharon 8,05 %, la région de Lakhish 8,20 %, Kiryat Arba 10 %, Tuba-Zangariyye 10 %, Nazareth 33,05 %, Binyamina-Giv’at Ada 6,80 %, et Kadima-Zoran 4,55 %. Ashkelon et Kfar Vradim sont les deux seules municipalités à demander une baisse, de 3,05 % chacune.
Côté résidentiel, Herzliya demande 4,25 %, Rehovot 8 %, Ness Ziona 4,55 %, Taibeh 4,95 %, le Gilboa 9,80 % et Yokneam 9,80 %.
Pour les commerces spécifiquement, outre Ramat Gan, Emek Hefer réclame 10,55 %, Yokneam 7,35 %, Or Yehuda demande au contraire une baisse de 1,05 %, Azor 13,05 %, la région de Modiin 10 %, et Ramat Yishai 13,43 %.
L’ensemble de ces demandes est actuellement à l’étude au ministère de l’Intérieur, qui devra approuver ou rejeter chacune d’entre elles séparément. En attendant la décision finale, les habitants et les chefs d’entreprise des municipalités figurant sur cette liste ont intérêt à surveiller de près leur prochaine facture d’arnona : dans certaines villes, l’écart pourrait représenter plusieurs milliers de shekels par an par rapport à la hausse habituelle qui leur était initialement destinée.
Liens internes
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