Après un mois de combats, sans savoir comment se portait son frère C, qui combattait Ă Gaza, le capitaine R., pilote d’hĂ©licoptère de combat au sein de l’escadron 190, a rĂ©ussi Ă parler Ă son frère – en contact.
« Nous sommes trois frères combattants, mon frère C est un rĂ©serviste et un combattant d’infanterie qui est Ă Khan Yunis depuis un mois. J’Ă©tais dans une helicoptere et soudain, un contact nous a dirigĂ© vers un incident survenu dans son unitĂ© : des terroristes ont tirĂ© avec un RPG sur un bâtiment abritant des combattants. Je savais que mon frère Ă©tait dans le coin et mon cĹ“ur se serra. Je pensais Ă l’endroit oĂą il se trouvait, mais j’essayais de ne pas y penser pour ne pas perdre ma concentration.  »
La discussion entre les deux freres : le pilote de chasse et son frere fantassin au centre de Gaza.
« Dans ce contexte, nous parlons toujours dans la langue opĂ©rationnelle et officielle de Tsahal et tout ce que nous disons est sous forme de noms de code. Mon frère m’a entendu et m’a dit : « R*** tu entends ? C’est G ! », d’entendre soudain mon prĂ©nom au tĂ©lĂ©phone, dans la voix de mon petit frère, après un mois de silence, c’Ă©tait excitant et incroyable. J’ai l’habitude de n’entendre que du langage opĂ©rationnel depuis trois mois et du coup mon petit frère dont je m’occupais. Rien qu’en entendant sa voix, le monde entier l’a entendu, tout le bataillon l’a entendu et s’est rĂ©joui avec nous. Mes parents m’ont racontĂ© que lorsqu’ils ont entendu l’enregistrement, ils se sont mis Ă pleurer en pleine rue », raconte avec enthousiasme le pilote R.
Le capitaine N., pilote d’hĂ©licoptère de combat de l’escadron 113, a eu un incident similaire avec son frère. Le frère Y. est rĂ©serviste dans une unitĂ© d’Ă©lite, situĂ©e Ă Gaza. Le capitaine N. a Ă©galement rĂ©ussi Ă parler Ă son frère au tĂ©lĂ©phone lorsqu’il Ă©tait au-dessus de Gaza, après un mois sans parler. « Mon frère Ă©tait au sud de la bande de Gaza », se souvient le capitaine N. « J’ai dĂ©couvert quel Ă©tait son canal de contact et j’ai essayĂ© de le contacter jusqu’Ă ce qu’il rĂ©ponde. C’Ă©tait vraiment court, une minute et demie, mais c’Ă©tait quand mĂŞme excitant de lui parler après un mois sans parler. Je savais que c’Ă©tait également important que mes parents sachent qu’il allait bien et cela m’a rendu vraiment heureux qu’il me dise qu’il allait bien. Mes parents n’avaient pas eu de ses nouvelles depuis longtemps et ils Ă©taient vraiment excitĂ©s d’entendre les voix de notre relation.  »

Des dizaines d’heures par semaine dans le ciel de Gaza
Depuis le dĂ©but de la guerre, les hĂ©licoptères de combat survolent le ciel de la bande de Gaza Ă tout moment, de jour comme de nuit. Les capitaines R. et N. volent des dizaines d’heures par semaine dans le ciel de Gaza et aident les forces terrestres face aux menaces des tirs antichar et des terroristes. « Nous aidons les forces terrestres avec tout ce dont elles ont besoin » ajoute le Capitaine N. « Qu’il s’agisse d’attaque ou de dĂ©fense – S’il s’agit de nombreux incidents oĂą des canons antichar sont tirĂ©s sur les troupes, ou sur des terroristes nous identifions et menaçons les combattants. Nous prenons contact avec le MP ou le Majd qui ont besoin de nous et agissons selon leur demande. »

Les hĂ©licoptères de combat disposent de deux types d’armements : des canons, moins prĂ©cis et destinĂ©s Ă effrayer les terroristes qui ne sont pas sortis Ă dĂ©couvert, et des missiles prĂ©cis, qui servent Ă Ă©liminer les terroristes et Ă assister les forces.
Étant donnĂ© que l’armement des hĂ©licoptères de combat est plus petit que celui des avions de combat, qui sont plus puissants, les hĂ©licoptères attaquent souvent très près de nos forces – ce qui peut Ă©galement conduire Ă des tirs bilatĂ©raux. Le capitaine R. dĂ©crit la prudence et la peur d’une telle situation : « Vous devez ĂŞtre au maximum de votre concentration tout le temps, il n’y a pas de place pour l’erreur. Il vaut mieux rater les terroristes et les attraper le lendemain que de nuire Ă nos forces. Je prĂ©fĂ©rerais rater les terroristes et ne pas prendre le risque de blesser notre soldat. »

La situation se complique lorsque les forces sur le terrain signalent un contact alors qu’elles sont au milieu d’une bataille et ne donnent pas de rapport prĂ©cis. Dans un tel cas, les pilotes doivent comprendre eux-mĂŞmes la situation. « Nous sommes en contact avec le Majd ou le commandant qui nous rapportent ce qui se passe. Parfois il y a des cris dans la communication et le chaos, et nous devons automatiquement nous adapter Ă la situation mĂŞme s’il n’y a personne Ă qui parler, car les soldats sont en plein combat », explique le capitaine N., pilote d’hĂ©licoptère de combat au sein de la 113e escadrille.

« Voler au-dessus des troupes en sachant que mon frère est sur le terrain renforce encore plus la raison pour laquelle je suis là  », souligne le capitaine N. « L’inconvĂ©nient est que je sais ce qu’est le combat et que je comprends les dangers dans lesquels il se trouve parfois. Je me suis demandĂ© si j’aimerais ĂŞtre celui au-dessus de lui et l’aider lors d’une rencontre avec des terroristes et je ne sais pas si je le ferais.  » Que ce soit heureux ou pas. Ce qui est sĂ»r, c’est que je sens que toutes les annĂ©es de prĂ©paration m’ont bien prĂ©parĂ© Ă ĂŞtre vif et Ă savoir voler, attaquer et assister les troupes de la meilleure façon.  »
« J’ai commencĂ© Ă rĂ©flĂ©chir Ă sa situation par rapport Ă ce que je fais actuellement. Le fait qu’il soit lĂ m’aide Ă me connecter Ă la mission, Ă savoir que s’il avait besoin de moi, je pourrais ĂŞtre lĂ pour lui », conclut le capitaine N.





